octobre 21, 2018
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Togo : Reckya Madougou, Dévouée à la cause de la démocratie dans son Bénin natal, cautionne la tyrannie de son employeur Faure au Togo voisin ! Featured

L’arrestation du jeune Sabi Sira Korogoné suite à des propos tenus sur les réseaux sociaux cristallise l’actualité chez nos voisins de l’Est, le Bénin. A la suite des assises du mouvement de jeunes du septentrion, dénommé « Initiative de Nikki », le porte-parole du mouvement, Sabi Sira Korogoné a été arrêté le 28 septembre 2018 par la police béninoise et poursuivi pour «des faits d’incitation à la haine et à la violence, incitation à la rébellion, injures avec une motivation raciste diffusés sur les réseaux sociaux suite à une initiative dite « Initiative de Nikki »». Sabi Sira Korogoné a été condamné à 12 mois de prison et à une amende de 3 millions de FCFA, à l’issue du procès qui s’est tenu le 02 octobre dernier.

Le confrère béninois, « L’Evènement Précis » rappelle les faits. « Un mouvement de jeunes du septentrion regroupant les 5 départements à savoir, l’Alibori, l’Atacora, le Borgou, les Collines et la Donga, soit 33 communes, s’est réuni le 8 septembre dernier pour examiner la situation sociopolitique du Bénin. Il ressort de leur analyse que la gouvernance actuelle privilégie une partie du pays au détriment d’une autre. Au cours de cette sortie, c’est Sabi Korogoné, le porte-parole du mouvement, qui a lu la déclaration dans laquelle ils dénoncent la gouvernance sous le régime Talon », rapporte le site d’informations.

« Nous dénonçons avec véhémence les cas d’acharnement orchestré contre Idrissou Bako, contre Komi Koutché, pour ne citer que ces deux cas qui crèvent l’œil : nous sommes là à la limite du tolérable : la jeunesse du nord répliquera à toute tentative d’arrestation de ces dignes fils par tous les moyens dans un Etat où la justice prend désormais le manteau d’un fauve qui ne dévore que les ressortissants d’une région. […] Nous avons choisi de prendre nos responsabilités pour arrêter la saignée : la jeunesse militante du nord dit non à l’imposture. […] parce que nous sommes entraînés sur un terrain qui n’a jamais été notre choix, nous sommes venus à Nikki et avons pris une décision unique, mais avant, allez aussi lui dire que la jeunesse du septentrion n’a plus peur de lui […] on ne peut plus attendre : place à l’action après la réflexion. Écrivons une nouvelle page de lutte comme nous l’ont déjà prouvé nos aînés héros des luttes passées ». Voilà les déclarations qui ont provoqué l’ire des autorités béninoises.

Ange au Bénin, démon au Togo

L’ancienne ministre, ex-porte-parole de Thomas Boni Yayi et actuelle conseillère de Faure Gnassingbé, Reckya Madougou a réagi à cette affaire dans une tribune intitulée « #LiberezLaParole » où elle s’est vertement insurgée contre le musellement de la liberté d’expression dans son Bénin natal. « Exprimer le malaise d’une région et faire remonter les souffrances d’une population aux autorités de son pays ne peuvent constituer un délit au point de conduire son auteur à la prison. C’est un précédent grave, une atteinte sans commune mesure à la liberté d’expression », écrit l’influente dame au Palais de Lomé II.

«Dans ce même Bénin, sous l’ancien régime, nous avons tous entendu mes amis Joseph Djogbenou, Oswald Homeky, Orden Alladatin et bien d’autres tenir des propos graves et tendancieux, dans le même registre que l’opinion exprimée par notre frère Sabi, sans jamais être inquiétés. Et d’ailleurs quiconque les aurait inquiétés, en son temps, nous aurait tous trouvé sur son chemin. Sachons donc raison garder », poursuit-elle.

Sa colère va grandissante contre les nouvelles autorités béninoises face à ce qu’elle considère comme une injustice. « Devons-nous observer le silence, faire œuvre de lâcheté et détaler comme de petits lapins face à la condamnation prononcée ce 2 octobre 2018 par le tribunal de première instance de Cotonou contre Sabi Sira KOROGONÉ dont le seul péché aura été de s’être exprimé d’une voix discordante? Non. En présence d’une menace aussi grave sur notre héritage démocratique, je ne peux faire économie de mon émoi. J’élève ma voix contre cette tentative de réduire les jeunes au musellement et de les contraindre à se résigner et à vivre leur chômage, leur misère et leur dénuement social en silence », s’est emportée Reckya Madougou.

La réaction de la nouvelle égérie de Faure Gnassingbé a fait réagir des citoyens béninois comme togolais qui fustigent une femme aux deux visages si dévouée à la cause de la démocratie dans Bénin natal et au même moment qui sert de caution à la tyrannie au Togo. Ils sont nombreux à ne pas comprendre Reckya Madougou qui apporte son soutien sans faille à un régime despotique qui fait pire que ce qu’elle dénonce dans son pays. « Si vous pouvez également sensibiliser le régime togolais qui fait pire que ce que nous observons ici, ce serait vraiment bien », s’est exclamé un internaute béninois.

« On vous connait au Togo comme un soutien indéfectible de la dictature qui elle, n’inquiète pas seulement ses opposants, mais les tue, tue des enfants et tout ce qu’elle trouve sur le chemin de son pouvoir absolu », embraye un autre.

Il nous souvient, lors des vagues de manifestations qui avaient ébranlé, il y a un an, le pouvoir de Faure Gnassingbé, Reckya Madougou a fait venir en renfort de Cotonou, une équipe de web-activistes et de journalistes pour ripoliner l’image de son champion et contrecarrer l’opposition.

Mais pour avoir été très actifs sur des réseaux sociaux lors de la crise politique, certains responsables du mouvement NUBUEKE, à l’instar de Joseph Eza, ont été embastillés et croupissent depuis plusieurs mois dans les geôles de la dictature. Toutes les démarches entreprises autant par les avocats, les organisations de la société civile et plusieurs personnalités parmi lesquelles les médiateurs dans la crise pour obtenir la libération des personnes arrêtées lors des manifestations, se sont heurtées à un refus catégorique de Faure Gnassingbé dont Reckya Madougou est pourtant conseillère.

L’ex-porte-parole du gouvernement de Boni Yayi est dans tous ses états, parce que l’un de ses compatriotes est arrêté pour sa liberté de ton, mais Faure Gnassingbé fait pire, mais elle semble s’en accommoder. De plus, dans certains milieux, on craint que sa sortie ne crée des problèmes entre les deux chefs d’Etat, Faure Gnassingbé et Patrice Talon.

M.A.

Source : Liberté

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