décembre 17, 2018
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Révolution Togolaise / Le Tour De Garde : Rouge est le Sang de Habia Nicodème Featured

La crise togolaise perdure. Les stratégies de l’opposition se sont enlisées depuis l’entrée de la C14 en conclave illimitée avec le régime sous l’égide de la CEDEAO. Les 14 partis coalisés ont troqué l’arme de la pression populaire contre le costume-cravate et le langage policé et révérencieux pour combattre la dictature la plus féroce du continent. Il faut dès lors questionner cette stratégie, évaluer ses chances de succès et envisager d’autres moyens plus adaptés pour arracher l’alternance pour le peuple togolais.

1 – L’inexorable enlisement d’une si belle promesse

La Coalition des 14 partis de l’opposition togolaise (C14) s’est fait berner comme des « bambins » de l’avis même d’un de ses membres. Elle a été emmenée à vider sa plateforme revendicative et à adopter les éléments de langage suggérés par l’adversaire. Les armes rendues, elle revient tel un chien à son vomi : les élections comme solution au problème togolais. La C14 est-elle vraiment sérieuse ? Quelle vision ? Quel objectif ? Quel projet ? Autant de questions qu’il devient urgent de poser à la C14. Du mot d’ordre « Démission, transition, élection » elle en est réduite à se battre pour l’organisation des élections. Et Faure, emmuré dans son mutisme dédaigneux, de se frotter les mains. Un fiasco ! Le régime togolais n’inspire aucune confiance. Malheureusement la C14 non plus. Elle a échoué à attirer les membres de l’armée et, pire, se mue en repoussoir par sa nature velléitaire. L’alternance tant souhaitée est renvoyée aux calendes grecques pourvu que soient assurés aux membres de la C14 par le truchement d’élections truquées des strapontins dorés de députés. En clair, certains membres de la C14 apparaissent désormais comme des affamés se frayant un chemin vers la mangeoire. Le spectacle du dialogue et les concessions marginales de la feuille de route s’apparentent à un habile stratagème du régime et de la facilitation pour permettre in fine à Fabre, Adjamagbo, Apévon etc. de réaliser leur funeste dessein électoral. Il n’y a là aucune avancée significative pour le Togo.

2 – La perte du leader naturel de la lutte M. Tikpi Atchadam et la déréliction de la C14

L’ahurissante manipulation de la C14 laisse songeur. La C14 se laisse manipuler ou, et c’est pire encore, participe-t-elle à la manipulation du peuple ? Somme toute, la C14 a échoué. Lamentablement. Il faut apprendre à se libérer avec ou sans l’opposition visiblement la plus bête du monde. Une opposition capable de laisser un million de togolais en sit-in puis attendre l’arrivée des forces de répression pour qu’elles s’adonnent à ce qu’elles savent le mieux faire : réprimer, n’est pas crédible. Une opposition prête à se départir de la seule arme que le peuple a pu se forger pour sa liberté sous l’impulsion de M. Atchadam n’est pas crédible. Et que dire d’une opposition de notables trouvant avantageux d’abandonner la proie – la chute de la dictature- pour l’ombre feutrée des dialogues de salons ? Cette hypocrite s’évertue à sacrifier M. Atchadam le leader naturel de la lutte. Qui se croit assez habile pour le mettre sur la touche et espérer obtenir l’alternance sans lui à la table de négociation. Celle-là même qui a fait de la libération des otages du régime et de la levée du siège des villes du pays un préalable au dialogue auquel elle participe pourtant sans avoir satisfaction. Conduite par le rêve puéril de faire partir une dictature en dialoguant. Mais qu’est donc cette opposition qui perd exponentiellement de l’audience en brouillant son propre message puis va crier victoire en présentant la simple recomposition de la CENI comme une victoire ?

La C14 désarçonne par son inconstance et par la grande facilité avec laquelle elle est désaxée. Le peuple est embrouillé. Comment peut-il en être autrement devant autant de renoncements et de reculade au point de faire apparaître le tyran Faure Gnassingbé comme le seul homme politique qui sait ce qu’il veut et qui reste droit dans ses bottes ? Face à lui l’opposition « girouette » fait encore preuve d’immaturité politique et d’un manque criard de réactivité pour faire de la grève de la faim d’un de ses membres une arme réellement efficace contre le régime. Las ! Cette occasion aussi est lamentablement ratée. La C14 est comme frappée d’hébétude. Cependant que le pouvoir persiste dans son être en accentuant par sa barbarie la substance fondamentale de sa survie : la peur et l’intimidation du peuple.

3– De la nécessité de changer de stratégie

L’honorable Habia Nicodème montre la voie. Sa grève de la faim est tout sauf anecdotique. Loin d’être la « comédie » son impact est réel sur la dictature. Nul doute que M. Habia vient de faire, au même titre que M. Atchadam le 19 août 2017, une trouée significative dans la cuirasse du régime assiégé de Lomé 2. La preuve est ainsi administrée qu’une révolution se fait rarement en costume-cravate dans les salons feutrés ; dans le cadre d’une organisation maîtrisée de bout en bout par l’adversaire. Tout au plus, dans ce schéma, Monsieur Fabre et consorts obtiendront-ils pour eux-mêmes des mandats électifs « octroyés » et quelques sinécures. On semble ne lutter que pour demeurer chef de file de l’opposition (CFO), la laisse institutionnelle de la servitude volontaire imaginée par la dictature. Le peuple est encore sacrifié sur l’autel des ambitions personnelles et du renoncement coupable de ceux qui se sont arrogés le droit de le représenter. L’image choquante de l’éclat de rire de M. Apévon au sortir de la réunion du 23 septembre 2018 avec la facilitation en dit long sur la déréliction de la C14. Ce leader politique réagissait ainsi à l’interpellation d’un journaliste préoccupé de savoir si la grève de la faim de M. Habia, membre de la C 14, a été évoquée lors de leurs discussions. Non ! osa-t-il préciser hilare. Cela n’a pas fait l’objet de leurs échanges. Ahurissant ! Quel crédit accorder à de tels opposants ? Quels respects accorder à des interlocuteurs qui font aussi peu cas des membres exilés, emprisonnés et en grève de la faim de leur coalition ? Comment comprendre la non exigence de la présence de M. Atchadam à leurs côtés lors des discussions et la poursuite des discussions sans évoquer les affres de M. Habia devant l’ambassade des USA puis du Ghana ? De tels opposants ne remporteront jamais la moindre victoire pour le peuple togolais. À croire que tout concurrent éliminé constitue pour ces coalisés un obstacle en moins sur le chemin de la réalisation de leurs ambitions mal réglées. Messieurs Bawara et Yark ont beau jeu de qualifier l’action héroïque de M. Habia de « comédie ». Comment leur en vouloir ? C’est de bonne guerre.

4 – Pour un retour rapide de M. Atchadam et de la pression populaire

Il est clair à présent que la révolution togolaise telle qu’elle a été impulsée le 19 août 2017 a vécu. Elle a été dévoyée. Ses répliques électoralistes ne servent qu’à masquer l’ampleur de la Bérézina. Une fois encore, la désinvolture coupable de ceux qui ne voient l’avenir du Togo qu’à travers le philtre de leurs intérêts personnels et partisans a eu raison des espoirs de tout un peuple dont les aspirations sont foulées aux pieds. La révolution au Togo est à reprendre de fond en comble. Elle ne ferait des progrès significatifs qu’en mettant d’abord sur la touche ceux qui s’arrogent le droit de le représenter et qui ne sont en définitive que le rempart de protection le plus sûr de la dictature de Lomé 2. Il faut maintenant la réorienter avec des acteurs plus consistants et plus sûrs. L’espoir renaît de la société civile qui commence à se densifier avec des apports nouveaux comme le mouvement Espérance Togo sous la coordination du révérend Père Affognon. Il faut reprendre les marches parce que la CEDEAO ne semble pas en mesure d’arrêter la fuite en avant de M. Gnassingbé et de ses nervis. Il ne faut plus attendre le seul appel de la C14. Il faut à présent la doubler et prendre son destin en main. La victoire est au bout de la résolution unanime des fils du Togo. Aucune force humainement constituée ne peut y résister. Parallèlement M. Atchadam doit revenir reprendre sa place aux côtés du peuple que son exil forcé a rendu orphelin. Sa sécurité doit faire l’objet d’une négociation plus âpre de la part de la C14 et/ou de la société civile lors des consultations avec la facilitation. Au demeurant, le peuple debout doit se porter garant de sa sécurité.

Les faits nous parlent, l’histoire nous enseigne, l’expérience nous édifie depuis 53 ans. On ne s’en trouve grandi et victorieusement renforcé qu’en se laissant apprendre avec humilité et abnégation. La C14 a péché par orgueil. De ce péché contre l’esprit de tout un peuple, on guérit difficilement.

Jean-Baptiste K.

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Last modified on lundi, 08 octobre 2018 09:14

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