Togo: Entités togolaises identifiées comme « alignée sur Faure Gnassingbé »et/ou considérée comme un agent satellite d’UNIR



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Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


Lors d’un récent séjour à Dakar (Sénégal), nous avons rencontré Alberto Olympio, ancien président du Parti des Togolais. Il nous a accordé une interview dans laquelle il revient sur sa vie d’exilé politique, la situation politique actuelle du Togo ainsi que de son schéma de sortie de crise. Lecture…

Liberté : Bonjour M. Alberto Olympio, et merci de nous recevoir ici à Dakar pour cet entretien.

Alberto Olympio : C’est plutôt moi qui vous remercie.

Pour commencer, dites-nous comment se passe votre vie d’exilé politique ?

Je ne m’étais pas préparé à vivre en exil. Au fait, quand j’ai décidé de me mettre au service de mon pays, je savais que j’allais rencontrer beaucoup d’obstacles. J’ai été l’objet de menaces physiques, de tentatives de corruption et finalement ils ont trouvé un moyen pour m’écarter de la scène politique togolaise. Ils ont cru trouver un moyen, parce que tout en étant à l’extérieur, je fais ce que je peux pour contribuer à la lutte. De toutes les façons, une chose est sûre, et ce n’est pas moi seul qui le dis. Tous les Togolais le disent : on a marre de Faure Gnassingbé et de son système. Et donc, que Alberto Olympio soit en dehors du Togo, cela ne change rien à la donne. Eux aussi seront bientôt dehors !

Vous êtes basé uniquement au Sénégal ?

Je voyage aussi dans la sous-région, en Europe et aux États-Unis. Je fais du lobbying pour la cause togolaise et je rencontre les gens de la Diaspora. Le seul endroit où je ne peux mettre pied pour le moment, c’est le Togo malheureusement ! Mais croyez-moi, j’y retournerai bientôt et ce moment est vraiment proche.

Si vous êtes aujourd’hui en exil, c’est à cause de votre condamnation par la justice togolaise à 5 ans d’emprisonnement suite à une affaire vous opposant à un de vos associés. Pouvez-vous nous parler un peu de cette affaire ?

Une affaire montée de toute pièce. Tout le monde sait que le but principal, c’est de m’éloigner du Togo. Il faut avoir le courage de ses convictions, savoir aller jusqu’au bout, avoir le courage de faire tous les sacrifices s’il le faut. Ils ont donc tout fait pour m’éloigner du pays ; c’était leur objectif. Ce n’est qu’à ça qu’a servi cette affaire judiciaire ; sinon tout le reste ce n’est que de l’habillage. Par conséquent, ce n’est plus la peine de revenir sur ce sujet pour le moment.

Depuis plusieurs mois, les Togolais sont mobilisés dans les rues pour mettre fin à la dictature. Est-ce que vous êtes surpris par cette détermination ?

Ce qui arrive au Togo était prévisible. Le seul moyen de se débarrasser d’un dictateur, c’est de le chasser. Appelons un chat un chat ; ils ne vont jamais dire : bon, j’ai compris, je pars et prenez le pouvoir, on fait les élections propres. Ils ne vont jamais faire ça, parce qu’ils savent tous les crimes aussi bien de sang qu’économiques qu’ils ont commis. Ils savent dans quel état ils ont mis le Togo, comment ils ont meurtri la jeunesse, les femmes, ils ont pillé les biens du pays. Dans certaines régions du Togo 96% de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Partir d’eux-mêmes sans être contraints, faut pas y rêver. Le peuple togolais ne peut pas indéfiniment, surtout après une cinquantaine d’années, accepter cette oppression. À un moment donné, on dit trop c’est trop, et c’est ce que le peuple togolais exprime aujourd’hui. Il a choisi le meilleur moyen, la meilleure méthode pour le faire : une lutte non violente ! D’ailleurs, c’est ce que j’ai écrit dans mon livre « Le pouvoir c’est vous » où j’explique comment faire pour se débarrasser de ce système par la non-violence et par la désobéissance civile tout en respectant la loi. L’article 150 de notre Constitution (ils ont oublié d’enlever ça quand ils ont fait le tripatouillage de la Constitution) nous donne le droit de protester, de désobéir et d’ailleurs le devoir de nous lever contre tout coup de force. Le Togo vit de coup de force en coup de force depuis 50 ans. Le moment est venu. Il est temps que cela s’arrête.

Vous allez le remarquer, cette lutte n’est pas du tout celle des forces politiques ; c’est le peuple dans son ensemble, ce sont les Togolais eux-mêmes qui se sont levés. Les leaders politiques ont le devoir maintenant d’écouter le peuple, de faire ce qu’il dit et de ne pas du tout s’engager dans des luttes de personnes, d’égo personnel et de profits personnels. Ce qui est important aujourd’hui, notre but à tous, c’est qu’on arrive à faire partir ce régime. Une fois que le régime sera parti, le jeu sera ouvert. C’est ce qui est important. Pour le moment, nous n’en sommes pas encore là. Mais quoi qu’il arrive, on finira par faire une transition. C’est pourquoi j’ai dit qu’en fait la solution pour la crise togolaise, passe par la démission de Faure Gnassingbé.

Alors quel schéma proposez-vous ?

Le schéma est hyper simple. Je l’ai dit plusieurs fois. Même si c’est difficile à mettre en œuvre, il est tout à fait logique : la démission de ce système. On peut négocier les conditions de départ ; la seule chose pour laquelle on peut faire un dialogue. Donc après leur démission, on devra installer une transition dont le but sera de mettre en place des institutions fortes, de remettre les choses à zéro et de rétablir la Constitution de 1992, quitte à la moderniser par rapport aux réalités actuelles sans jamais perdre les acquis sociaux et démocratiques qui sont intouchables. A l’issue de cette transition, on fera des élections libres et transparentes et le jeu sera ouvert à tout Togolais qui veut s’engager pour le bien de son pays. C’est aussi simple que ça (démission-transition-élection). Voilà le schéma.

Mais récemment, vous avez affiché votre réticence au dialogue ? Pourquoi ce revirement ?

Si le dialogue était une solution, cela fait 20 ou 30 ans qu’on le saurait. Depuis octobre 1990 que nous sommes en train de nous battre, combien de dialogues avons-nous faits ? J’en ai compté une trentaine, et à chaque fois on s’engage à faire des choses, mais rien ne se fait. On a signé l’APG ça fait plus de 11 ans. Ce n’est que du dilatoire. […] D’ailleurs moi je le dis clairement, n’importe quel homme politique qui accepte de faire les dialogues, rien que pour signer encore un accord qui va maintenir ce régime en place, trahit le peuple. Maintenir ce régime en place, on verra qu’ils vont encore nous berner, ils ne respecteront pas leur propre parole. Donc la seule solution aujourd’hui c’est ou, ils partent ou, on les fait partir. Pour qu’ils partent, on peut négocier leur condition de départ, nous sommes prêts à tout négocier là-dessus. Je l’ai toujours dit depuis le premier jour que suis entré en politique au Togo pour changer les choses et non faire une chasse aux sorcières. Il n’y aura pas de chasse aux sorcières s’ils décident de partir. Ils pourront rester au pays, réinvestir tout l’argent qu’ils ont pillé au Togo, au moins ça nous servira à quelque chose et ils ne seront pas obligés d’aller en exil comme moi je le suis aujourd’hui. C’est ça qu’il faut qu’on négocie. Pour ça je suis d’accord qu’on aille au dialogue. Mais ça, c’est notre dialogue à nous, c’est-à-dire qu’il est prêt à partir, lui et son système

Nous sommes même prêts à faire faire une loi d’amnistie générale comme ça, ils seront sûrs que ceci ne va pas se retourner contre eux après. C’est aussi simple que ça. Mais s’ils ne veulent pas partir, nous nous allons continuer la lutte non violente. Tous les morts que nous déplorons, paix à leur âme, j’en profite pour avoir une pensée pieuse à l’endroit de leur famille, ils seront tributaires de cela parce que ce sont eux qui sont à l’origine de la violence. Comment pouvez-vous expliquer qu’aujourd’hui en 2018 le gouvernement aille chercher des miliciens pour venir attaquer les citoyens et aussi aller sur la télévision publique pour « s’en réjouir » ? C’est incroyable, ce n’est qu’au Togo qu’on voit ça. Le chef de l’Etat lui-même va dire cela dans Jeune-Afrique, c’est incroyable. Nous n’allons pas oublier tout ça, sauf s’ils acceptent de partir maintenant et qu’on négocie leur départ et fasse une loi d’amnistie pour ça. Si finalement ils sont contraints par la force des mains nues, par la force de la non-violence parce que les Togolais ont décidé de marcher et d’aller les chercher là où ils sont, comme eux ils rentrent dans nos maisons et nous massacrent, en ce moment-là ils verront qu’il n’y a plus besoin de négocier quoi que ce soit. On va les contraindre à fuir comme d’autres présidents l’ont fait dans d’autres pays.

Comment expliquez-vous cette prise de conscience générale des Togolais ?

Les gens ont toujours dit que les togolais sont des peureux, ils se trompent. Nous sommes des pacifistes, nous aimons la paix et nous donnons toujours la chance au vivre ensemble. La preuve, on a fait un certain nombre de dialogues, mais en contrepartie, au lieu de nous donner un petit peu de pouvoir économique et de liberté, ils continuent à nous maintenir dans l’oppression. Comment est-ce qu’on peut aller brutaliser les jeunes étudiants qui sont l’avenir du pays et qui demandent des meilleures conditions d’études ? On nous maintient dans l’ignorance exprès, on tue l’éducation, la santé, ils s’en foutent. Regardez le CHU de Lomé, c’est plus qu’un mouroir. La seule chose qui marche, c’est la morgue. Il n’y a aucun avenir pour nous, et à un moment donné quand tu n’as plus rien à perdre, tu te lèves. Ils ont créé eux-mêmes les conditions de ce mouvement-là. C’était prévisible. La dernière chance qu’on avait d’avoir une solution pacifique à la crise togolaise qui n’était qu’une cocotte-minute qui bouillait, c’était d’organiser des élections propres en 2015. Ils ne l’ont pas fait. Voici les conséquences de cela. Ceci dit, de toute façon les Togolais ont compris que c’est à eux-mêmes de se prendre en main ; c’est pour ça que je disais tantôt que cette lutte n’est plus une lutte des forces politiques mais une lutte de la population togolaise. Ce sont des Togolais et des Togolaises qui se lèvent maintenant pour dire voilà ce que moi je veux, je veux le départ immédiat de Faure Gnassingbé et de sa clique. Tous ceux qui vont essayer de se mettre au travers de cela, que ce soient les gens de l’opposition, les leaders ou n’importe qui, ils en payeront le prix. Aujourd’hui le peuple togolais est déterminé, et moi je suis avec ce peuple.

N’étant plus sur le terrain, quelle contribution concrète apportez-vous à la lutte ?

Je suis en contact avec certains leaders de l’opposition, je leur dis ce que je pense ; évidemment c’est eux qui sont sur le terrain, ils font de leur mieux. Je ne suis pas là pour leur dicter mon opinion. Je leur donne seulement mon opinion ; mais à la fin de la journée, je suis absolument convaincu que c’est le peuple togolais qui aura le dernier mot. Je suis de la diaspora, et la diaspora fait beaucoup. Donc nous avons tous intérêt, nous hommes politiques, nous qui aspirons à devenir des hommes d’Etat, à écouter le peuple qui est le seul souverain. Aujourd’hui le peuple dit : je ne veux plus de Faure Gnassingbé point final ! Nous nous ne pouvons pas négocier pour dire qu’il n’a qu’à finir son mandat. Regardez ce qui se passe en RDC. Kabila devrait partir depuis 2016 et à chaque fois il dit encore 1 an, il va finir par faire 50 ans sans partir. Et qu’est-ce qu’il fait aujourd’hui ? Il massacre son peuple pour se maintenir. C’est exactement ce qui se passe chez nous. On n’accepterait aucune solution d’ailleurs. C’est le peuple qui le demande. Donc aujourd’hui que plusieurs centaines de milliers de Togolais sont dans les rues hebdomadairement, nous devons encore maintenir la pression, même si ça doit prendre encore 1 ou 2 mois, voire 5 mois. On doit y arriver ! Ne baissons surtout pas les bras, parce que si on le fait, ça veut dire qu’on courbe l’échine pour encore au moins 50 ans.

Êtes-vous confiants pour la suite ?

Ce n’est qu’une question de jours, de semaines, maximum de mois. De toute façon, on ne va plus rentrer chez nous tant qu’ils ne sont pas partis. Nous qui sommes dans la diaspora ou en exil aujourd’hui, on fait ce qu’on peut pour aider, parce que sur le plan économique, les gens n’ont pas de quoi manger, de quoi se déplacer. On fait ce qu’on peut, mais sur le terrain les Togolais savent qu’ils doivent manifester pour chasser ce régime. Les élèves sont tous les jours dans les rues ; les médecins, les femmes (ça me rappelle la révolte des Loméennes pendant la période de la lutte pour l’indépendance), tous les syndicats vont s’y mettre aussi. A part cette minorité qui pille le pays depuis des années, tout le monde se met en grève contre eux et ils ne comprennent même pas ce qui se passe. Le chef de l’Etat se balade de droite à gauche comme si de rien n’était. C’est un sens profond de mépris qu’il montre aux Togolais, mais ça ne va pas durer très longtemps. Les jours de ce régime sont comptés. Il va partir de toute façon. C’est le peuple togolais qui va le faire partir. Ce n’est pas moi Alberto qui vais le faire partir.

Comment réglez-vous le problème de l’armée ?

L’armée sait prendre ses responsabilités. On ne va pas parler de l’armée en général, parce que ce ne sont que quelques militaires. Pourquoi vous avez vu qu’aujourd’hui ils sont obligés d’appeler des miliciens pour venir les soutenir ? Parce que l’armée républicaine ne veut pas faire ce travail et ils sont obligés d’aller payer des gens pour nous massacrer, donc je ne parle pas de l’armée en général. Ces quelques militaires qui continuent à maintenir l’oppression finiront aussi par fuir à un moment donné. Nous sommes 7 millions de Togolais et ils ne peuvent pas nous tuer tous. Donc l’armée pour moi n’est pas un problème mais évidemment ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui dans l’armée et qui sont des patriotes, il faut qu’ils aient eux aussi le courage de prendre leurs responsabilités comme le peuple togolais a pris son courage à deux mains. On a vu ce qui s’est passé au Zimbabwe avec Mugabe ; l’armée a dit bon ça suffit ! On négocie tes conditions de départ et on met en place une transition. L’armée peut jouer ce rôle, d’ailleurs l’armée doit jouer ce rôle. Elle est républicaine, elle peut dire aujourd’hui : bon, vous avez 72 heures pour plier bagage ou allez négocier vos conditions de départ et c’est fini, la transition commence. Moi je ne peux pas imposer une solution mais les solutions sont là, on les connait tous. On choisit les meilleurs fils et filles du pays qui savent qu’ils viennent pour mettre en place la chose la plus fondamentale pour une Nation. Nos institutions ! C’est une mission quasiment sacerdotale. Ils font ça sans aucune intention de parti pris personnel puisqu’ils vont tous prêter le serment de ne pas se présenter aux élections suivantes. Ils auront pour mission de mettre en place les fondamentaux de notre pays. Evidemment, ça peut durer 1 an ou 1 an et demi ; mais pendant ce temps, le pays ne va pas s’arrêter. Ils auront aussi le rôle de commencer à donner quelques bénéfices au peuple togolais donc parer à l’urgence dans les secteurs de l’économie, de l’éducation, de la santé. C’est une mission importante donc il faut qu’on choisisse les meilleurs pour diriger cette transition ; et pendant ce temps les autres qui ne sont pas dans la transition pourraient contribuer s’ils veulent. Donc voilà la solution, le schéma qui va se passer de toute façon, c’est inéluctable.

Un mot à l’endroit du peuple, de vos camarades de l’opposition et au régime en place.

D’abord je vais m’adresser au peuple togolais. Vous ne savez pas à quel point je suis fier de vous, à quel point j’ai envie d’être parmi vous, d’être sur le terrain à Déckon, à GTA et Atikoumé. J’ai envie de recevoir les gaz lacrymogènes comme vous. Je félicite votre courage et je sais aussi que vous êtes déterminés. Je ne peux même plus vous encourager à le faire parce que vous avez déjà ce courage. Sachez que je suis avec vous et je fais aussi tout ce que je peux pour contribuer. Je vais voir toutes les chancelleries pour plaider la cause togolaise, j’envoie aussi quelques petits moyens pour soutenir la lutte. Mais vous fêtes beaucoup plus que moi, vous risquez tous les jours votre vie sur le terrain. La victoire est entre vos mains, c’est à vous le pouvoir : prenez-le !

Ils doivent partir de toute façon. Vous voulez qu’ils partent, mais chassez-les ! N’acceptez pas que nous politiciens, nous vous emmenions dans un endroit qui n’est pas bon pour votre intérêt. L’intérêt immédiat du peuple togolais c’est le départ immédiat de ce régime. Donc si nous allons à un quelconque dialogue pour dire qu’on va maintenir le pouvoir, n’acceptez pas ! Si un homme ou une femme de l’opposition vous dit cela, balayez-le aussi. Il n’est pas pour vous. C’est moi Alberto qui le dis et je le dis en face de tous les gens de l’opposition que j’ai rencontrés lors de leur déplacement. Vous connaissez vos objectifs, la victoire est proche. Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu le peuple togolais en ébullition comme ça et que ça dure depuis plusieurs mois, presque 6 mois et plus et personne n’avait parié que vous en seriez capable. Vous y êtes encore. Même si on ne parle plus du Togo tous les jours dans les grands médias internationaux, les togolais qui vivent sur le territoire et ceux de la diaspora savent ce qui se passe, donc nous sommes avec vous, continuez la lutte.

A mes frères de l’opposition quel est réellement notre objectif ? Si nous sommes membres de l’opposition c’est qu’on s’oppose à ce régime alors nous ne devons rien faire pour les aider à se maintenir. C’est vrai que nous avons plusieurs partis, 14 membres de la Coalition. Quand on crée un parti politique c’est qu’on veut diriger le pays, mais l’heure n’est pas à cela aujourd’hui. L’heure n’est pas aux bisbilles entre nous. Ne perdons pas de vue notre vrai adversaire. Notre adversaire ce n’est pas nous-mêmes, c’est le régime que nous devons balayer. Donc oublions les luttes partisanes et nos intérêts personnels parce que de toute façon le peuple nous regarde et moi Alberto Olympio je n’hésiterai pas une seule seconde à dire au peuple ce que font les uns et les autres. Si l’un d’entre nous y compris moi-même fait quelque chose qui puisse trahir le pays pour des intérêts personnels, moi je le dénoncerai publiquement. J’observe tout le monde. C’est pas du tout une menace, je dis juste que cette fois-ci nous devons écouter le peuple et mobiliser les ressources pour arriver à notre objectif

Ce dialogue tel que le régime voulait l’organiser ne nous intéresse pas. La seule chose que nous devons négocier ce sont les conditions de leur départ. Si nous acceptons la pression des Chefs d’Etat des autres pays qui disent qu’il faut qu’on garde Faure Gnassingbé et sa clique au pouvoir encore pendant quelques années, ce n’est pas l’intérêt du peuple togolais. C’est hors de question, ce n’est pas dans l’intérêt du peuple togolais. Nous devons savoir qu’on négocie que l’intérêt du peuple togolais.

Mais quant au régime, vous avez encore l’opportunité de sortir par la grande porte. Le peuple togolais a déjà montré plusieurs fois qu’il n’est pas va-t-en-guerre. En 2006 malgré la tuerie que vous avez perpétrée, on a dit d’accord, on vous donne la solution à condition que vous nous donniez la liberté (APG). Malgré cela, vous n’avez respecté aucun mot de votre parole donc aujourd’hui, c’est la dernière chance qu’on vous donne. Il n’y aura plus d’autres APG. Maintenant vous partez et on vous donne l’amnistie. C’est ça la seule chose qu’on va négocier. Vous acceptez de partir et on négocie vos conditions de départ. Vous acceptez et on met fin à cette tragédie. Vous n’acceptez pas, eh bien vous assumerez les conséquences parce que le peuple togolais sera implacable. Nous sommes prêts à faire des sacrifices et ces sacrifices doivent aboutir à une meilleure vie pour l’avenir de nos enfants. Et moi en tant que papa, je peux mettre ma vie en jeu pour que mes enfants vivent un meilleur avenir au Togo.

Sortez par la grande porte, c’est tout ce que je vous souhaite. Réfléchissez bien !

Source :  Liberté



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