Togo: Entités togolaises identifiées comme « alignée sur Faure Gnassingbé »et/ou considérée comme un agent satellite d’UNIR



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Le regroupement des 14 partis de l’opposition politique au Togo, mobilisé contre le régime Gnassingbé depuis Août 2017 est en atelier à partir de ce jeudi 21 décembre à Lomé. Le but de cette séance technique est de faire le bilan des actions menées par cette coalition pendant les 4 derniers mois. Mais au-delà d’un atelier de routine, c’est l’avenir de la coalition qui se joue.

Un des dirigeants de la coalition qui s’est confié au Temps a déclaré que « cet atelier est important non seulement pour jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et évaluer les actions réalisées par le groupe, mais aussi définir la marche à suivre pour les étapes à venir« .

L’atelier se tient après une série de 18 marches « pacifiques » organisées à Lomé et dans d’autres villes du Togo. Il y a eu plus de 16 morts. Le bras de fer commencé le 19 août, porte sur la mise en œuvre des réformes politiques. L’opposition réclame notamment le retour à la Constitution adoptée en 1992 et le vote de la diaspora. Face au succès populaire connu par les manifestations, la Coalition a commencé à réclamer à partir d’Octobre le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir. Cette revendication est reprise en chœur par les partisans de l’opposition qui manifestent dans le pays, tout comme par des groupes de Togolais qui se sont organisés et manifestent dans leurs pays de résidence à l’étranger.

Le dialogue politique en toile de fond

Au-delà d’un simple bilan d’activités, le grand défi qui attend l’opposition togolaise pro-démocratique concerne sa participation au dialogue initié par le gouvernement. Les 14 ont une position unanime sur la démarche de consultations entamée par le Premier Ministre Klassou à l’endroit des partis politiques. Ils ont rejeté l’invitation du chef du gouvernement en accusant le pouvoir togolais de se comporter en juge et partie. Par ailleurs, les responsables de la coalition auraient soumis aux présidents Condé et Akufo-Addo impliqués dans la phase préparatoire du dialogue, un mémorandum. Selon nos informations, ce document rappelle les principales revendications de l’opposition et les modalités de tenue d’une négociation entre le pouvoir et la coalition.

Manifestement, Faure Gnassingbé et son gouvernement n’entendent pas solliciter une médiation extérieure dans la crise. Ils en minimisent même l’ampleur et rassurent la communauté internationale qu’ils contrôlent la situation. L’opposition qui se réunit aujourd’hui devra analyser l’interview accordée cette semaine à Jeune Afrique par le Chef de l’Etat, en vue d’en cerner les prétentions et se déterminer en conséquence.

Quels sont les objectifs stratégiques?

Qu’on ne se leurre, cette coalition de l’opposition traîne de nombreuses difficultés. Elles sont essentiellement d’ordre stratégique. Les partis politiques qui composent la coalition s’entendent pour manifester ensemble contre le pouvoir mais ils n’ont pas les mêmes objectifs.Alors que certains veulent faire tomber le régime en recourant aux masses populaires, d’autres ne jurent que par les élections. Ainsi les marches récurrentes ne servent qu’à faire des démonstrations de forces.

Il faut craindre que l’atelier-bilan ne toucherait pas la réalité des faiblesses pourtant évidentes et qui inhibent dangereusement le positionnement de ce conglomérat par rapport aux enjeux politiques réels. Les marches hebdomadaires n’ont plus d’impact sur la crise politique. Utilisées comme seule recours par l’opposition, elles ont fini par rassurer le pouvoir et lui donner la possibilité de se réorganiser.Les opposants qui se veulent républicains sont confinés dans le respect des dates et des  itinéraires. Toutes les initiatives et tous les plans sont connus par le gouvernement avant même qu’ils commencent à être exécutés. C’est un constat qu’il faut faire et espérer changer de cap.

Au-delà des manifestations, conquérir le pouvoir d’Etat

Le dialogue proposé n’aurait rien de substantiel, puisque l’agenda du gouvernement vise uniquement à amener ses adversaires à prendre acte des réformes qu’il a entamées, par l’adoption par l’exécutif du projet de constitution préparé par les experts mandatés par le pouvoir et qui a été voté par les députés UNIR de l’Assemblée nationale. Il ne resterait dès lors qu’à définir les modalités du référendum. L’opposition ne s’est guère prononcée sur le fond de ces questions. Elle tient à sa revendication du retour à la constitution de 92, comme aux prunelles de ses yeux, au risque de passer à côtés d’autres aspects essentiels du rapport de forces, qui commence à s’inverser.

Innover ou imploser

L’autre insuffisance que la coalition devra finir par adresser concerne le positionnement de ses membres (partis politiques) par rapport au processus électoral. Pour le moment, les opposants coalisés n’ont que les manifestations pour le retour à la constitution de 92 en commun. Or, le pouvoir sait qu’une composante importante de cette opposition prépare (activement) sa participation aux législatives prévues en 2018 et aux élections locales non encore programmées. Personne n’aurait-il pas le courage au sein de la coalition de poser le problème du passage à une véritable alliance politique axée sur les élections? Pour beaucoup d’observateurs avertis, ce manquement serait la cause principale de la fébrilité de ce regroupement. Il faut s’attendre à voir le pouvoir exploiter cette division et œuvrer à l’implosion de la coalition, dès qu’il en aura l’occasion.

La grande mobilisation des Togolais du pays et de la diaspora pour le changement démocratique, en soutien aux revendications de l’opposition constitue une pression sur la coalition. Cette pression est plus forte que celle exercée sur le régime Gnassingbé par les marches pacifiques périodiques. Si l’opposition vise à conquérir le pouvoir d’Etat au Togo, elle va devoir changer de fusil d’épaule et adapter sa stratégie aux enjeux du moment. Ces enjeux, contrairement à ce qu’on croit ne sont pas statiques.

K. Agboglati



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