Togo: Entités togolaises identifiées comme « alignée sur Faure Gnassingbé »et/ou considérée comme un agent satellite d’UNIR



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Une tribune de Dany Ayida, publiée par notre confrère Liberté dans sa livraison du 13/12/2017

Les négociations politiques que les Togolais s’apprêtent à vivre ne présentent pas les mêmes enjeux,selon que l’on soit du côté du pouvoir ou de celui de l’opposition. Le gouvernement UNIR a donné un aperçu de sa stratégie lors d’une conférence de presse organisée le 7 décembre à Lomé. Quelques mesures de décrispation et des prétentions à fort relents de grandiloquence, pour donner l’impression qu’il est le maître du jeu. L’opposition a régi le lendemain, par un point de presse également. Elle a clairement fait comprendre qu’elle a compris le jeu du pouvoir et n’entend pas se laisser faire. Ce bref échange de tirs (sans victime) n’est qu’un avant-goût du feuilleton qui risque de tenir en haleine les populations togolaises pendant quelques jours ou semaines ; et qui pourrait cependant ne pas produire le résultat que d’aucuns sont en droit d’attendre.

Au-delà de l’apparente volonté que manifeste le régime, on s’achemine vers des discussions alambiquées. Les conditions dans lesquelles elles commencent renferment les causes qui en expliqueront les complications et l’échec qui semble déjà être convenu. Les premiers faux-pas du gouvernement après ses fameuses mesures d’apaisement indiquent que rien n’est gagné !

Pour le gouvernement, formaliser les modalités pour garder le pouvoir

La chose ne fait plus l’objet d’un doute ; le gouvernement a ses ambitions pour le dialogue qu’il a conjuré et dont la tenue a été acceptée par principe par la coalition de l’opposition.  Cela fait des semaines qu’il affûte ses armes pour damer le pion à ses adversaires dans le but évident de reprendre la main. Nous avons vu le congrès de Tsévié ; le premier pour le parti de l’héritier du trône ; puis les actions de relations publiques qui font courir le président à travers le pays, dans une forme de pré-campagne qui ne dit pas son nom.

A en croire les ministres UNIR Boukpessi et Bawara, le dialogue ne serait qu’une parenthèse de formalités. Le pouvoir aurait décidé, pour les besoins de la cause, d’avoir une causerie avec les partis politiques (y compris le sien propre) dans la lancée du processus que le Chef de l’Etat a lancé il y a quelques mois. Il va pouvoir poursuivre son voyage tranquille, après quelques turbulences constatées depuis le 19 août, et dont les effets seraient déjà maitrisés. Pour les muezzins du régime Gnassingbé, la République aurait enfin l’opportunité de déployer les autres étapes de son mécanisme de consultations des acteurs pour les réformes politiques voulues et impulsées par l’homme fort du pays.

Non seulement le gouvernement s’accapare le dialogue en tant que jalon de l’équation diligentée par lui-même mais il le place sous sa propre direction. Le message est passé ; il est sans équivoque : le régime se dédouble pour imposer les règles pour les discussions politiques, dont il est partie (sans se l’admettre).

Pour qui connait ce régime, lequel n’a pas varié d’un iota dans son jeu depuis 25 ans, c’est à se demander comment il croit pouvoir l’emporter de nouveau dans ce duel. Comment Faure et ses apparatchiks comptent-ils s’y prendre pour faire abstraction de la grande mobilisation populaire qui ébranle le pays depuis quatre mois bientôt ? C’est connu que le président togolais n’était pas ouvert pour une médiation internationale dans le dialogue avec l’opposition. Il a cédé sur pression et le Ghanéen Akufo-Addo a pu commencer les consultations sur cette base.

Ce 12 décembre, la Coalition a décliné l’invitation à elle adressé par le Premier Ministre pour dit-on préparer ledit dialogue.

Faure et UNIR ont la charge des réformes consensuelles

Ce dimanche, dans un certain élan de piété, je demandais à mes amis sur les réseaux sociaux de prier « pour les méchants de la République ». Sans jeu de mots ni caricature à vil prix, j’affirmais que « de mémoire de citoyen averti, les Togolais n’ont été aussi divisés qu’entre 1991 et 1992… Mais à l’époque, il y avait quelques motifs à espérer. Aujourd’hui, il y a des marchands d’illusion, des flibustiers du grand large et un chef suprême autiste qui joue à ignorer son état.

À voir de près, nous avons l’une des classes politiques les plus inaptes sur le continent. Elle excelle dans l’amplification des antagonismes et montre peu de capacité à s’élever au niveau de l’intérêt général…Pour autant les responsabilités sont ne sont pas équitables entre les (pauvres) opposants et les détenteurs du pouvoir (et de la richesse nationale).

Le pouvoir UNIR a toutes les cartes en main, pour sortir le pays du chaos général dans lequel il s’enfonce. Mais il fait exactement ce qu’il faut pour aggraver les choses. Il semble que c’est une malédiction! Je n’y crois rien! On ne voit que des signes d’un autoritarisme bien assumé. Eyadema et le RPT n’avaient pas fait pire… »

Ce qui va perdre le pouvoir Gnassingbé, c’est le fait de persister à croire que ses adversaires sont des imbéciles.

Pour l’opposition C14, tester la volonté de réforme du régime

Ils ne sont plus dupes du jeu du pouvoir : la coalition de l’opposition l’a expliqué lors de la rencontre avec la presse nationale le 8 décembre. Cela fait bientôt quatre mois que ces opposants taclent le régime pour l’obliger à faire droit au changement démocratique réclamé par la population. Les répercussions de cette crise sur le pays sont graves, même si le gouvernement (par élégance ou dédain ?) choisit de ne pas communiquer sur ces effets.

Mais comment condamner des partis politiques mille fois ridiculisés par un régime ‘’surpuissant’’ et nuisible, d’utiliser la seule arme qui leur reste ? L’opposition C14 est républicaine : elle manifeste à Lomé et dans des villes du pays profond, en observant des prescrits légaux. Elle réclame des réformes politiques qui vont transformer la République tout en crédibilisant les élections.

L’opposition a accepté de dialoguer parce que la communauté internationale s’implique et pourrait offrir quelques gages. Ces derniers se rapportent aux conditions de déroulement des discussions et aux garanties d’application des décisions qui en découleraient. Les présidents de la Guinée et du Ghana sont les leaders régionaux dont les initiatives avaient commencé à rassurer. Le Guinéen a évalué les prétentions des opposants après avoir discuté avec Faure Gnassingbé, alors que le Ghanéen a commencé un travail méthodique d’évaluation des acteurs et des enjeux du prochain dialogue. Leur engagement devrait rapprocher les deux parties, pour s’accorder sur les mesures de confiance préalables à la tenue des négociations.

Même s’il devient difficile de présager de l’issue d’un tel dialogue politique, c’est un passage obligatoire pour la classe politique. Au regard du contexte, les discussions en elles-mêmes ne constituent pas le problème.  Ce sont les prétentions des deux parties qui risquent de créer des remous dans leurs camps respectifs. Une partie de l’opposition continue à exiger le départ de Faure Gnassingbé (même si ce point ne figure pas dans la plateforme de revendication).

De l’autre côté, UNIR engage toute sa force sur le terrain pour que son champion Faure Gnassingbé soit dans la course en 2020. Les deux positions sont inconciliables et il va falloir cavaler dur pour trouver des points de convergence. On ne perd pas de vue non plus l’appât du gouvernement d’union nationale. Quelques-uns des meneurs de la coalition darderaient sur le partage du pouvoir comme une mesure de garantie pour la mise en œuvre des réformes.

Le dialogue politique n’est pas le but de la mobilisation des populations qui manifestent à travers le pays et au-delà. Le pouvoir a l’obligation d’écouter les réclamations sans faire de surenchères ni de ruse. Puisque le Président de la République n’a manifesté aucun signe de volonté pour montrer sa vision quant à la portée des discussions et à l’esprit qui doit guider ces négociations, on ne peut s’attendre qu’à un enlisement de la situation. Il est quand même regrettable de voir que le pouvoir mise sur le pourrissement au lieu de travailler à sortir le pays des troubles qu’il connait depuis bientôt 4 mois.

Dany Ayida
LE TEMPS



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