Togo : Manifestations de l'opposition les 13, 14 et 16 décembre 2017



FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

EMMANUEL MACRON SUR LA CRISE TOGOLAISE "La conservation longue du pouvoir sans processus électoraux, sans cadre de pluralisme n'est pas une bonne chose"


Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


L’artiste humoriste N’tsuley Komi Mawuliplimi Emmanuel alias «Gogoligo» a essuyé, le samedi 25 novembre 2017, un revers des plus pathétiques de sa carrière. Très attendu au stade municipal de Lomé pour l’apothéose de la 5ème édition de son festival dénommé «Thérapie du rire», le public a brillé par son absence, entraînant, de facto, l’annulation de ce spectacle grand public.

On l’a pourtant prévenu, mais il n’a pas voulu entendre raison. Aujourd’hui, les faits parlent d’eux-mêmes et donnent raison à l’opinion. L’artiste humoriste togolais N’tsuley Komi Mawulipl imi, connu sous le nom de «Gogoligo» semble désormais tronquer sa veste d’artiste contre celle d’un griot au service du pouvoir de Lomé. Une prise de position que
n’a guère digérée le public togolais, décidé à sanctionner l’ex membre du Groupe Gbadagog.

La métamorphose d’un homme

Aussi bien sur les réseaux sociaux que dans la vie classique, les signaux étaient déjà au rouge. Le public togolais n’est plus en odeur de sainteté avec l’artiste comédien Gogoligo. Ce public reproche au natif d’Agome Kpodji de servir, corps et âme, le pouvoir de Faure Gnassingbé. Et cela n’est pas faux. Façonné puis révélé par le public togolais, Gogoligo a rapidement et merveilleusement gravi les échelons. Ceci, au grand bonheur de ses milliers de fanatiques. Mais à peine au sommet de son art qu’il a été politiquement récupéré.

Aujourd’hui, le constat est clair, Gogoligo est dans les bonnes grâces du pouvoir.

Omniprésent sur tous les évènements organisés par le gouvernement togolais depuis quelques années déjà, l’ancien élève du Lycée de Kpodji à Kpalime détient également le monopole du marché publicitaire de la majorité des sociétés de la place. Bref, le concepteur du festival international «Thérapie du rire» est devenu la caisse à résonance du régime de Faure.

Et à chaque occasion, ce dernier ne cache pas sa «fierté» d’appartenir à la minorité décriée autant par Faure Gnassingbé que le peuple togolais. Ceci, par son accoutrement et gadgets souvent aux couleurs bleu ciel à l’effigie du parti présidentiel, Union pour la République (Unir). Et ce soutien affiché de Gogoligo au pouvoir de Lomé est désormais une pilule amère à avaler par le public qui a décidé de prendre ses responsabilités.

Le début d’une descente aux enfers

A la suite de sa métamorphose mal digérée, ce jeune comédien pourtant très talentueux n’est plus aimé des togolais. Sur sa page Facebook, les commentaires sur chacune de ses publications sont loin d’être courtois. Mais cela n’émeut guère Gogoligo. Resté confortablement perché dans sa tour d’Ivoire, ce dernier n’hésite pas à narguer ou alors bloquer ses fans et abonnés les plus insistants. C’est dans ce contexte surchauffé par la crise sociopolitique qui secoue actuellement le Togo depuis le 19 août dernier que celui qui se surnomme #Arthemeter500mg a lancé son festival international. «Ils te d iront que c’est IMPOSSIBLE pour te DECOURAGER...Mais souvient toi que les abeilles ne piquent que les fleurs les plus belles ! », écrit-il sur sa page Facebook pour s’armer de courage face au désaveu du public qui se profilait à l’horizon. Et d’ajouter par le hashtag #GOGOLIGONaPeurDeRien.

Le festival pouvait donc commencer en toute sérénité. Malheureusement, ce que l’on craignait s’était bien produit, sinon au-delà des prévisions. Après le show VIP qui s’est déroulé le vendredi 24 novembre dans un hôtel de la place dont l’assistance était composée majoritairement de ses collègues comédiens, amis et proches de la famille, le reste n’a été qu’un fiasco. Le grand show public prévu pour le lendemain samedi au stade municipal de Lomé n’a pu avoir lieu.

Les organisateurs ont vainement attendu le public qui a ainsi mis en exécution, ses menaces. Gogoligo et son spectacle ont été boudés. L’humiliation était à son comble. Et la suite a été sans équivoque. Le spectacle a été tout simplement annulé. Les installations démontées par après. C’est donc la fin d’un rêve. «Merci est un vain mot. Mais le nier vient du coeur... [On n’apprend pas à nager au milieu de l’eau...] Alors, sachions que Dieu fait toute chose bonne en son temps et que toute épreuve renforce la course. Dieu veille et comblera tous les vides » . écrit-il à propos sur sa page Facebook. Des mots de remerciements teintés de peine, d’alanguissement, d’amertume et d’angoisse.

Quelle leçon à retenir ?

Loin de se réjouir de la mésaventure de Gogoligo, elle devra plutôt envoyer des signaux forts à tous les autres artistes qui continuent par jouer avec le destin du peuple togolais. Si un artiste est libre de choisir son camp, il doit néanmoins le faire avec tact et intelligence. Un artiste est avant tout, le porte-parole de la couche défavorisée. Donc proche du peuple, sinon du peuple. Fort de ce statut, il sait mieux porter haut la voix de ce dernier auprès des autorités. Mais dans le cas d’espèce, cet artiste humoriste s’est tout simplement mué en militant du parti présidentiel, tout en ignorant ses fans et admirateurs qui sont des deux bords politiques.

Voilà une erreur d’appréciation qui a suscité le courroux de la population contre son artiste qu’il a pourtant façonnée, d’une manière ou d’une autre. Rien n’est encore tard pour Gogoligo de rectifier le tir. Il doit si possible s’excuser auprès de son public qu’il a si méprisé et humilié, à des fins pécuniaires. Il saura peut-être lui pardonner. Au contraire, le natif d’Agome Kpodji, malgré tout le confort tant matériel que financier dont il jouit actuellement, végétera dans la solitude. Et par conséquent, il risque de faire de son rendez-vous humoristique annuel de décembre dénommé , la «Thérapie du rire», un camouflet retentissant pire que le fiasco de samedi.


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