FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


Pendant trois jours, du 7 au 9 novembre, des milliers de manifestants ont marché dans un relatif calme pour réclamer le départ du président Faure Gnassingbé. Lancée par les principaux partis de l’opposition réunis dans un « front démocratique », cette mobilisation ne retombe pas depuis le mois d’août. Elle touche la capitale Lomé mais aussi les principales villes du pays, en particulier dans les régions du nord connues pour être acquises au pouvoir.

Que demande l’opposition ?
Elle réclame le retour à la Constitution de 1992 qui prévoit une limitation du nombre de mandats présidentiels à deux. Et elle veut le départ de Faure Gnassingbé, qui a succédé à son père décédé en 2005 avec le soutien de l’armée, avant d’être réélu en 2010 et en 2015 au terme de scrutins très contestés par l’opposition.

Le gouvernement a promis d’organiser un référendum pour faire adopter une réforme prévoyant notamment cette limitation des mandats présidentiels, mais la mesure n’est pas rétroactive, permettant au président Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et de 2025.

Que se passe-t-il dans le Nord ?
La situation est plus précaire dans cette partie du pays où les militaires sont accusés par l’opposition d’exactions, en particulier à Sokodé et Bafilo : deux villes acquises à l’un des leaders de l’opposition, Tikpi Atchadam.

« Le 16 octobre, les manifestants ont lynché deux militaires à Sokodé. L’armée a des comptes à régler dans cette région », explique à La Croix, un observateur togolais souhaitant garder l’anonymat.

Que va-t-il se passer ?
Le gouvernement en appelle à un dialogue national. Le départ de Faure Gnassingbé n’est plus tabou, même dans le camp du parti au pouvoir. Mais toute la question est de savoir quand il aura lieu. « L’opposition la souhaite au plus vite. Le parti au pouvoir s’y résout mais il n’y a pas encore unanimité sur la date départ », explique cet observateur.

De son côté, Faure Gnassingbé n’est pas près de lâcher les règnes du pouvoir. D’autant que l’armée le soutient sans fléchir et que les pays de la sous-région sont derrière lui : il préside la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et le président de la Commission de la Cedeao, Marcel de Souza, est son beau-frère.

Sur le plan international, l’ONU, l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’Organisation internationale de la Francophonie, la France et les États-Unis observent avec retenue la crise politique togolaise.

Laurent Larcher


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