FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


Le troisième jour d’affilée que l’opposition togolaise était dans la rue. Sans devancer, comme le dit l’adage, l’iguane dans l’eau, Jean Pierre Fabre et ses compagnons de lutte peuvent déjà se satisfaire du bilan de ces journées. Primo, la mobilisation contre les prédictions des oiseaux de mauvais augure qui annonçaient l’essoufflement du mouvement sous l’action du temps, ne faiblit pas. Mieux, elle s’est métastasée, touchant des villes comme Aného ou Tchamba qui, jusque-là, n’étaient pas encore entrées dans la danse. Ensuite, l’opposition achève de convaincre de sa maturité, en organisant des manifestations pacifiques. Seul le Nord avec les villes de Sokodé et Bafilo, a été le théâtre d’échauffourées et là, la pierre est plus à jeter aux forces de l’ordre qui se sont comportées en desperados. En effet, lourdement armées, elles ont quadrillé très tôt les villes et ont empêché les manifestants de rallier les lieux de rassemblement, donnant lieu à des courses-poursuites dans les artères des villes. Enfin, l’opposition peut s’en féliciter, étant donné que l’annonce même des manifestations des 7, 8 et 9 novembre a contraint le pouvoir à faire des concessions dont la levée de l’interdiction de manifestations en pleine semaine, l’élargissement des militants de l’opposition arrêtés lors des précédentes marches et la levée du contrôle judiciaire dont le leader de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, faisait l’objet. Le plus grand acquis aura été surtout l’offre de dialogue faite par le gouvernement. En acceptant d’ailleurs cette main tendue du pouvoir, l’opposition togolaise a évité soigneusement de se mettre à dos la communauté internationale qui, à travers un communiqué conjoint de l’Union européenne, des Nations Unies et des ambassades de la France, des Etats-Unis et d’Allemagne, a encouragé toutes les parties à aller au dialogue pour désamorcer la crise.

On devine aisément un jeu de dupes

Quant à l’impact de ces manifs, l’on peut facilement imaginer les graves conséquences sur la cohésion sociale et l’unité nationale, et le sérieux coup que prend le tissu économique national et même sous-régional, le Togo étant l’une des principales portes d’entrée du Sahel à partir de l’Océan atlantique. Si le bras de fer devrait se poursuivre entre le pouvoir et l’opposition, nul n’est besoin d’être un expert des Institutions de Bretton Woods pour prédire le marasme économique qui guette le Togo. Reste maintenant à savoir si ce spectre de l’apocalypse qui plane sur le Togo, peut ramener Faure Gnassingbé à de meilleurs sentiments et le décider à lâcher enfin les rênes du pouvoir comme le souhaite son peuple. Rien n’est moins sûr! Certes, pour desserrer l’étau, le pouvoir a tendu la main à l’opposition, mais à voir la manière dont il continue de bander les muscles à Sokodé, épicentre de la contestation et fief de l’opposant Tikpi Atchadam, l’on devine aisément que c’est à un jeu de dupes qu’il se livre. Mais, le président Faure doit se le tenir pour dit, contrairement à ce que disait l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, « devant, ce n’est pas du maïs ». Car, s’il n’y prend garde, il aura toutes les difficultés à trouver un abri sûr dans cette maison togolaise qui, désormais, fuite de partout.

SAHO


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