Togo



FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

EMMANUEL MACRON SUR LA CRISE TOGOLAISE "La conservation longue du pouvoir sans processus électoraux, sans cadre de pluralisme n'est pas une bonne chose"


Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


« L’incohérence n’est pas le monopole des fous… » (André Maurois)

Les organisations supranationales et internationales s’empêtrent dans des incohérences déroutantes qui traduisent leur malaise permanent à adopter une position commune de sortie de crise au Togo. Elles oscillent en effet entre des velléités de soutien aux revendications du peuple togolais et une volonté quasi-inextinguible de servir les intérêts de la minorité des hommes heureux. Mais elles convergent sur la nécessité de déplacer le débat des revendications politiques de la rue vers l’Assemblée nationale ou encore des cadres de dialogue. A l’épreuve de la bataille rangée entre pouvoir et opposition dans la rue, il serait très illusoire de présager une telle perspective à court et peut-être moyen termes. Tout dépendra de l’héritier de feu Gnassingbé Eyadéma. Il a toutes les cartes en mains, soit pour dénouer cette crise, soit pour la prolonger indéfiniment.

Le chef de la commission de la CEDEAO, Marcel de Souza a déjà entrepris des missions de bons offices depuis le début de cette crise, sans que les positions des protagonistes ne laissent entrevoir un dénouement imminent. Quant à Ibn Chambas, indéfectible allié de Faure Gnassingbé, il affiche de façon ostentatoire son parti pris en cautionnant le projet d’un référendum pour faire passer la révision constitutionnelle vomie par le peuple. Mais peu avant, son patron Antonio Guterres, à la faveur d’une réunion en marge de la 72è session de l’ONU à Washington avec Komi Sélom Klassou, préconisait un dialogue constructif entre tous les acteurs.

A l’aune de cette sortie médiatique du SG de l’ONU, il ne fait l’ombre d’un doute qu’Ibn Chambas se met ainsi en mode « insubordination ». Que ne fera-t-il pas pour sauver son ami Faure Gnassingbé ? Quelle couleuvre ne cherchera-t-il pas à faire avaler au peuple togolais ? Comme pour dire que le référendum est le chemin tout tracé vers les réformes. Tout ceci confirme que le business diplomatique forain auquel donne naissance la crise togolaise est bien rentable.

Les incohérences de la Communauté internationale sont d’autant plus patentes que dans un communiqué conjoint de la CEDEAO, l’Union Africaine et l’ONU, qui ne manque pas de susciter des interrogations, ces organisations, tout en recommandant aux acteurs politiques togolais de poursuivre les discussions sur le sujet des réformes en respectant la volonté du peuple, pressent le pouvoir de fixer la date du référendum controversé et botté en touche par les centaines de milliers de Togolais qui manifestent de Lomé à Cinkassé. Comment des organisations de cette envergure ont-elles pu s’autoriser et s’accommoder de telles contradictions ?  Sans doute qu’au moment de se fendre de ce communiqué dit conjoint, quelque chose n’a pas marché. Ne serait-ce pas Ibn Chambas à la manœuvre ?

En tous les cas, indifféremment de la position des Grandes Puissances, laquelle s’incarne dans celle de ces organisations communautaires ou internationales, indifféremment de son soutien, il est utile de ne pas perdre de vue ceci : le débat sur les réformes politiques au Togo a dépassé depuis le début de la crise, la sphère stricte des politiciens et s’anime davantage dans la rue. Tant que la rue n’obtiendra donc pas satisfaction, elle grondera encore et encore. Halte à la duperie manifeste de la communauté internationale.

Meursault A.



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