FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


Ce qui dans un premier était pris pour une bonne blague du sieur Ibn Chambas, est en train de prendre une tournure qui nous oblige à nous y arrêter. Mercredi, les Togolais ont appris l’injonction faite à leur gouvernement par quelques pseudo-diplomates de fixer une date pour un référendum voulu par le pouvoir seul. La provocation de trop !

Ibn Chambas, Aïchatou Mindaoudou Souleymane, Marcel de Souza, ces noms sont bien connus des Togolais. Tous sont habitués au salon d’un Faure Gnassingbé contesté et vomi par les Togolais. Mais pas seulement. A l’exception de Marcel de Souza, les deux premiers ont été des acteurs d’un jeu trouble contre les Togolais en 2005. Ibn Chambas, à l’époque au secrétariat de la piteuse CEDEAO et dame Mindaoudou, ministre des Affaire étrangères du Niger qui présidait la Communauté. Le jeu que les deux personnes ont joué dans la crise en 2005 qui s’est soldée par la mort d’au moins 500 Togolais, n’est désormais plus un secret pour personne. Depuis, ces carriéristes d’ambassadeurs, prototypes parfaits de la diplomatie sous les tropiques, ont changé de maison. Tout en restant aussi nuisibles, sinon pires.

Aïchatou Mindaoudou, qui n’était que simple ministre d’un pays comme le Niger, a pu s’octroyer le droit de faire des commentaires désobligeants sur les Togolais, menaçant même de soulever la Cedeao et l’Union Africaine contre les opposants. Elle a eu le culot de traiter François Boko, ministre de l’Intérieur et chargé de l’organisation de l’élection, qui avertissait des risques, d’ « irresponsable ». Ce que voulait prévenir François Boko est arrivé, malheureusement. Jamais, elle n’est revenue présenter une quelconque excuse au peuple togolais, ni regretter ce qui a coûté la vie à 500 Togolais. Au contraire, pendant qu’on trucidait les Togolais en violation de toute règle éthique et morale, elle s’offrait une partie de bon temps et de plaisir avec un des acteurs majeurs de la crise dans un hôtel à Abuja-suivez nos regards-.

Le fameux Chambas était aussi au cœur du jeu. Lui est déjà revenu plusieurs fois sur leur « lieu de forfaiture ». Il osait, lui aussi, dire à Jean-Pierre Fabre en 2014, d’attendre encore que Faure aille jusqu’en 2020 pour prétendre devenir président. Devenu le véritable diplomate du Palais de Lomé qui mobilise le monde diplomatique africain en soutien au régime, il a retrouvé de l’activité depuis août. Sur une radio ghanéenne, il racontait il y a quelques jours que rien ne se passe au Togo, qu’il s’agit d’un groupuscule qui s’agite mais que Faure Gnassingbé travaillait à mettre en œuvre les réformes voulues. Un quidam comme lui se présente comme un diplomate, et non porte-parole du régime.

Ces deux individus sinistres sont de retour au Togo, 12 ans après leur forfait. Cette fois ils ont un autre colistier, Marcel de Souza, gendre de la famille Gnassingbé. Ensemble, ils ont fait appel à une certaine Union Africaine, disons plutôt à un autre assoiffé de pouvoir qui a réussi à se hisser à la tête de l’institution continentale. Ce dernier, Alpha Condé, manigance de son côté aussi pour rester au pouvoir en Guinée au-delà de son deuxième mandat. Il pense d’ailleurs que la limitation de mandat est une « truc de blanc » qu’on cherche à imposer à l’Afrique. Parlant de la même Union Africaine, le président de sa commission est un Tchadien, c’est-à-dire d’un pays dont les ressortissants sont interdits au pays de Donald Trump. Une illustre dictature sous les tropiques.

Le communiqué sorti mercredi soir ne vaut pas plus que ce que vaut chacune des personnes. Les Togolais n’ont pas à rougir des jérémiades de cinq personnes dont les voix ne portent pas au-delà de leur cercle. Leur communiqué peut à la rigueur induire certains naïfs en erreur, mais heureusement le peuple n’est pas dupe. Et celui qu’ils prétendent servir sait aussi qu’il ne suffira pas d’un simple communiqué de cinq individus qui ne cherchent que son argent, pour calmer le peuple. Et nous avons un bel exemple dans l’histoire récente du continent. Au Burkina, le peuple n’a pas attendu une quelconque résolution du sommet de la Cedeao pour faire le boulot. Les Burkinabé ont même eu le culot de récuser Faure Gnassingbé et renvoyer deux autres Chefs d’Etat bien plus crédibles que le Togolais. Conséquence, ils ne se sont pas encombrés de protocole pour assainir la tête de leur pays et la débarrasser de ceux qui la tiennent en otage depuis 27 ans.

Les Togolais savent ce qui leur reste à faire. Et ils n’attendent pas grand-chose de ceux dont les réactions ne sont dictées que par leur ventre ou plus bas que leur ventre. En Afrique, les organisations communautaires font d’ailleurs partie intégrante du malheur des peuples. Au Burundi, l’UA a laissé Pierre Nkurunziza massacrer les Burundais pour son pouvoir. Conséquences, aujourd’hui des milliers de Burundais se retrouvent soit en exil, soit en prison. Les moins chanceux sont déjà plus bas que terre. Et dans ce dossier aussi, le Togo a fait partie des alliés du régime de Bujumbura qui se sont opposés à une intervention africaine dans ce pays. En RDC, pendant que les massacres sont quotidiens, les gouvernants africains, les mêmes qui décident dans les fameuses organisations africaines, ont quand même trouvé le génie de s’opposer à une simple enquête internationale pour situer les responsabilités. A ce jour, le massacre se poursuit et fait des dizaines de milliers de victimes, sans que cela n’émeuve le leadership du continent. Les Togolais doivent garder à l’esprit qu’ils sont les victimes des exactions du régime et sont ceux qui doivent y mettre fin.

Revenant à Ibn Chambas, il faut d’ailleurs noter que son implication dans ce communiqué n’engage que lui, et éventuellement ses agents du bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Ce n’est donc pas une position officielle des Nations Unies. Et même si elle l’était, les peuples commencent par comprendre que ces fameuses institutions n’ont pas grande chose à leur offrir dans leur quête contre les régimes dictatoriaux. Et qu’ils tiennent la principale clé dans leur main.

Dans ses agitations, Ibn Chambas se prend même les pieds dans le tapis. « La coalition souligne l’incohérence de ce communiqué qui demande d’une part au gouvernement de fixer une date pour l’organisation du référendum, approuvant ainsi l’approche d’une solution aux conséquences chaotiques pour le Togo, d’autre part à tous les acteurs politiques togolais de poursuivre le dialogue sur cette question importante de manière pacifique conformément aux aspirations légitimes du peuple togolais, restant ainsi dans la ligne de l’appel du Secrétaire général des Nations Unies et de la position de l’Union Européenne, de la France, des USA et de l’Allemagne à travers leur représentation au Togo », ont relevé les partis membres de la coalition de l’opposition qui mène les contestations. « La coalition et les forces démocratiques réaffirment leur détermination à poursuivre la lutte de libération aux côtés du peuple togolais », ajoutent-ils.

On dira, au demeurant, que le chien aboie, les Togolais avancent sereinement vers leur destin !


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