FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise

Après une pause fraicheur (sic) de deux semaines, la température va remonter sur la scène politique à partir de ce jour. Les populations se retrouveront dans les rues aujourd’hui et demain, à l’appel de la coalition de l’opposition,

pour le 3e round des manifestations conjointes sur toute l’étendue du territoire national pour la quête de l’alternance au Togo. Il s’agit d’une semaine spéciale, car coïncidant avec le 27e anniversaire du soulèvement populaire du 5 octobre 1990. Une pression de plus sur le peuple afin de faire aboutir la lutte populaire qui semble s’éterniser.

3e round des manifestations conjointes

C’est reparti pour une autre séquence de manifestations populaires, après celles des 20 et 21 septembre qui auront été des plus meurtrières, et une pause de deux semaines. Les populations se retrouveront une fois de plus dans la rue dès ce mercredi, et sur toute l’étendue du territoire national, à l’appel de la coalition CAP 2015 – Groupe des 6 – PNP – CAR – Santé du peuple et autres organisations associées de la société civile. Les revendications sont les mêmes : retour à la Constitution de 1992 – certains la caricaturent de « Constitution en aucun cas » -, vote de la diaspora, réformes électorales, libération des détenus politiques, arrêt des persécutions à l’encontre des militants de l’opposition et des populations en général…

A Lomé, après l’essai de deux points de chute différents qui a été interprété à tort ou à raison comme un effet d’essoufflement de la mobilisation, la coalition retourne à la tradition d’un site unique de chute, et ce sera la plage côté Hôtel Sancta Maria. Les villes de l’intérieur connaitront aussi des manifestations, dans une atmosphère de terreur réservée par la soldatesque aux populations pourchassées et martyrisées. Qu’à cela ne tienne, la mobilisation sera à n’en point douter encore au rendez-vous, au regard de la détermination du peuple à en finir avec la monarchie Gnassingbé et de l’intérêt accordé à la lutte. Les populations, sans distinctions de zones géographiques, se sont en effet approprié la lutte enclenchée depuis le réveil du 19 août dernier bonifiée par l’union de l’opposition. Et malgré la répression, elles n’hésitent pas à sortir exprimer leur dégoût du pouvoir Faure Gnassingbé.

Contexte spécial

Les manifestations de ces mercredi et jeudi sont motivées par les mêmes revendications que celles précédentes. Mais elles ne devraient pas ressembler à aucune autre. Ces manifestations se dérouleront dans un contexte spécial, celui du 27e anniversaire du soulèvement populaire du 5 octobre 1990. Et cela peut bien avoir un effet dopant sur la mobilisation.

En effet demain jeudi 5 octobre 2017 marquera le 27e anniversaire de la révolte du peuple togolais face à la dictature d’Eyadema. Alors qu’il s’était simplement agi du jugement des étudiants arrêtés dans le cadre de revendications estudiantines, c’est le peuple togolais tout entier qui s’est retrouvé dans la rue le 5 octobre 1990. Les populations avaient saisi l’occasion pour exprimer leurs frustrations accumulées et réclamer plus de libertés. Le pouvoir n’avait rien vu venir et cela l’avait surpris, comme les vagues de la mer au cours d’une marée haute, et il en était fortement ébranlé.

Cette révolte populaire était le déclencheur de bien de concessions de la part du pouvoir Eyadema. Le multipartisme sera pour une fois acquis, des libertés offertes, la tenue de la conférence nationale souveraine débouchera sur beaucoup d’avancées démocratiques. Même si tous ces acquis semblent remis en cause par le régime des Gnassingbé père et fils, ce soulèvement populaire est une référence et la date du 5 octobre un bon repère pour le peuple togolais. Le souvenir de cette révolte peut bien entrainer un effet dopant sur la dynamique actuelle enclenchée par le peuple.

Conclure absolument la lutte populaire

C’est le grand défi de la coalition de l’opposition, mais surtout du peuple togolais. Les manifestations d’aujourd’hui et de demain devront s’inscrire dans cette perspective. Le contexte est d’ailleurs favorable.

Le pouvoir Faure Gnassingbé use de la force brute et tue, faisant croire qu’il garde toujours le contrôle. Mais ce recours à la violence cache mal sa fragilité. Il est en effet fébrile, certains diront qu’il est agonisant et il ne reste qu’à l’achever. « L’adversaire a encaissé le coup et est déjà à terre, il ne reste qu’à l’assommer », schématise un confrère.  La grogne sociale dont les signes avant-coureurs se font jour ne devrait pas arranger les affaires de Faure Gnassingbé. Une chose est sûre, le Prince est bien isolé et manque de soutiens dans la voie suicidaire à laquelle il a opté. Pas un seul de ses pairs du continent africain ne l’adoube ou ne lui apporte un quelconque réconfort, au nom de la solidarité qui caractérise le syndicat des « gouvernailleurs » africains. Certains anciens présidents du continent n’hésitent d’ailleurs pas à lui montrer la porte de sortie. Même situation au niveau du monde civilisé (sic) où personne ne vient à son secours.

Les exigences du peuple sont bien légitimes et ne peuvent que susciter des soutiens. Les églises continuent de mettre la pression sur le pouvoir, afin qu’il retrouve la raison. Après leur déclaration d’engagement aux côtés du peuple, les évêques du Togo ne lâchent pas le morceau et continuent de faire des prêches de conscientisation. Dimanche dernier, c’est le Révérend Père Godfrey Naika de la Paroisse Saint Thérèse d’Adanmavo (Lomé) qui a mis le doigt là où ça fait mal. « N’opprimez pas le peuple », « Vous avez déjà échoué. Le reste n’est que question de temps », « Toi militaire, n’obéis pas aux ordres humains en tirant sur ton prochain, mais plutôt écoute la voix de Dieu qui enseigne à ne pas tuer », ce sont là certains de ses propos. Ce lundi, les églises évangéliques presbytériennes et méthodistes ont mis le couvert en apportant leur soutien au peuple et à la médiation proposée par le clergé catholique…

Conclure la lutte pour éviter qu’elle ne s’éternise se révèle plus qu’une obligation pour le peuple togolais. C’est une question de vie ou de mort. «Des éléments du régime s’infiltrent dans les rangs des manifestants au cours des marches et prennent des photos, font des listes» de personnes à neutraliser, si jamais la «lutte échoue», a alerté Tikpi Atchadam, dans une intervention lors d’un meeting de son parti le week-end, et d’avertir : « Si vous abandonnez, vous verrez les représailles ». A bon entendeur…

Tino Kossi

Source :  Liberté



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