FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


Au lendemain des manifestations du Parti national panafricain (PNP) réprimées et suite à l’appel de son leader Tikpi Atchadam à ses collègues de l’opposition, les forces démocratiques semblent amorcer une nouvelle dynamique d’unicité d’action.

Cette union, longtemps souhaitée par les Togolais, annonce une nouvelle  ère dans la lutte démocratique pour l’alternance et l’instauration d’un véritable Etat de droit au Togo. Mais pour que cette  flamme ne s’étiole pas avant l’aboutissement de la lutte, les leaders des partis politiques qui se retrouvent dans ce mouvement, ont l’impérieuse obligation d’instaurer une discipline interne et d’établir certaines règles de fonctionnement. Nous énumérons ici une dizaine de commandements qui pourront leur permettre de vite et mieux avancer.

1- Tirer les leçons du passé

Depuis l’amorce du processus démocratique en 1990 et l’avènement du multipartisme, les forces démocratiques ont initié plusieurs regroupements pour arriver à bout de la dictature « gnassingbéenne». Que ce soient le FAR, le COD I,  le COD II,   le «Groupe des 8 » (1997-1998), la Coalition des Forces Démocratiques (CFD- 2002-2003), la coalition de l’opposition (2005), ou plus récemment le FRAC (2010), le CST (2012), le CAP 2015, le « Groupe des six », aucun d’eux n’est parvenu à un résultat probant. Ces échecs répétés sont non seulement dus au fait que le système RPT-Unir est réfractaire à tout changement, mais aussi à certaines erreurs commises par les forces démocratiques. Il urge dès maintenant pour ces dernières, qui se retrouvent dans ce nouveau mouvement, de poser un  diagnostic sérieux et sincère des précédents trébuchements pour donner une chance à cette nouvelle dynamique dont le peuple togolais attend beaucoup.

2- Avoir de l’humilité

Le diagnostic, une fois posé, va permettre de trouver les maux qui « détruisent » les regroupements de partis politiques depuis les années 1990 au Togo. De là, les leaders des différents partis politiques vont devoir se faire violence et faire siennes certaines  valeurs dont l’« HUMILITE ». Il va de soi qu’avec ce principe, tous les partis verront leurs collègues comme étant égaux et  naturellement, si  on considère quelqu’un comme son égal,  on peut facilement respecter ses  propositions et les prendre en compte.

3- Taire les ego

Tout être humain a en lui un ego, parfois surdimensionné. C’est une lapalissade. Seulement, force est de constater qu’à chaque fois que les forces démocratiques se mettent ensemble pour faire triompher des aspirations profondes du peuple togolais, les ego des uns et des autres finissent par plomber la dynamique. Conséquence,  la lutte pour l’avènement de la démocratie au Togo n’aboutit guère. Il est donc nécessaire que chacun d’eux travaille son ego car, en toute évidence, nul n’a la science infuse, et si une entité avance une idée, c’est parce qu’elle pense que c’est la meilleure option et c’est difficile de faire triompher dans cette circonstance ce que l’autre propose. Mais, la lutte devrait-elle, continuellement, être victime des ego  des leaders de l’opposition ?

4- Faire passer l’intérêt du peuple avant tout

Lorsqu’on est seul, il est normal de faire passer en toute circonstance ses intérêts personnels. Mais travailler en groupe demande forcément des sacrifices.  Chaque formation politique a son agenda, ses intérêts certes !  Mais, jusqu’à quand devraient-elles continuer à avancer, avec des calculettes en main ? Aujourd’hui, le peuple togolais a démontré avec à suffisance sa soif de changement. Pourquoi ne pas laisser ses agendas cachés et œuvrer ensemble pour que l’intérêt du peuple puisse triompher sur ses petits calculs ? Par exemple, pour les manifestations de rues, les différentes formations politiques peuvent décider d’appeler leurs militants à se mettre dans des couleurs autres que celles de leur parti de base. La lutte ne doit plus être une lutte de partis politiques mais une lutte du peuple.

5- Avoir de la patience

« L’union fait la force », dit-on. Mais l’union a également ses revers. Et pour accoucher des bonnes décisions, les leaders de chaque formation politique doivent faire preuve de patience. C’est vrai, le temps est compté. Mais il va falloir que les décisions soient mûries plusieurs fois. Bref ces derniers doivent comprendre que lorsqu’on est seul, on avance seul, et quand on est en groupe, on a l’obligation d’avancer en groupe. Or, travailler en groupe demande de la patience. Une décision qui doit recueillir l’unanimité, prend  toujours du temps.

6-  Être vigilant

Depuis la nuit des temps, la dictature cinquantenaire des Gnassingbé joue sur les infiltrations pour mettre en déroute les stratégies concoctées par les coalitions de l’opposition.  La vigilance devrait être de mise. Savoir avec qui l’on compose.  C’est aussi une des garanties pour la réussite de la lutte. Nous assistons ces derniers temps à des ralliements  qui ont l’air « suspects ». C’est vrai qu’il faille faire avec toutes les forces démocratiques, mais  …

7- Avoir le goût du sacrifice

Pour libérer un peuple du joug d’une dictature vieille de plus de 50 ans, aucun sacrifice ne serait de trop. C’est le maître-mot de la lutte. Il faut que les leaders se rendent comptent que le lutte a trop duré. Le patriotisme doit les pousser à consentir aux sacrifices qui peuvent faire libérer le peuple. Que les leaders donnent les exemples à suivre.

8- Contribuer à l’effort de guerre

L’argent est le nerf de la guerre et la lutte démocratique, les mobilisations, entre autres, demandent des moyens colossaux. Bien souvent, certaines formations politiques hésitent à mettre la main à la poche pour financer des initiatives collectives. Maintenant que la mobilisation sera d’envergure nationale, il est primordial que les uns et les autres parviennent à mobiliser le maximum de fonds pour permettre à la lutte d’aboutir.

9– Avoir la maîtrise de la communication

La guerre de la communication est capitale dans la lutte politique. Il faut aussi la gagner. Et à l’ère de l’internet et des réseaux sociaux, les leaders de l’opposition doivent définir une stratégie de communication efficiente. Il va falloir mettre à profit les médias sociaux, notamment Twitter pour communiquer avec la grande masse et toucher le maximum de cibles. Nous constatons un début d’intérêt chez certains leaders, les autres doivent s’imprégner et rentrer dans la dynamique. Il est aussi nécessaire d’avoir un porte-parole unique qui fera part des décisions du groupe. Il va falloir mettre les garde-fous pour éviter au maximum les fuites d’informations.

10- Avoir l’intelligence de la lutte

Ce « commandement »  résume à lui tout seul, les neuf autres.  Il suppose que les  leaders doivent prendre des décisions uniquement nécessaires à la lutte (pas de passion, ni de précipitation inutile), bien les mûrir, (afin de ne pas laisser des failles à l’adversaire), faire preuve de prudence et de  vigilance pour ne pas crier  très tôt  victoire car, « le serpent n’est pas encore mort »…

Shalom A.

Source : Liberté



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