FAURE GNASSINGBE REFUSE D'ACCEPTER LE RETOUR DE LA CONSTITUTION DE 1992 ET NE VEUT PAS LAISSER LE POUVOIR - PEUPLE TOGOLAIS, IL FAUT PRENDRE VOTRE DESTIN EN MAIN - FAURE DOIT PARTIR

Grandes manifestations nationales des mercredi 20 et jeudi 21 Septembre 2017:
Ça suffit, rendez nous notre constitution.

FAURE DOIT PARTIR MAINTENANT - FAURE MUST GO NOW

50 ans de pouvoir ça suffit!


Le Togo a amorcé depuis plusieurs jours un virage dangereux, avec une résurgence de la tension politique. Le peuple se mobilise et exige l’alternance. Mais à ses aspirations légitimes, le pouvoir Faure Gnassingbé répond par la violence qui a déjà fait deux morts et des dizaines de blessés.

L’horizon s’obscurcit de jour en jour, et avec les grandes manœuvres qui s’annoncent dans les deux camps politiques. C’est une sorte d’apocalypse qui se prépare. Lorsqu’on se rappelle 2005, il faut craindre le pire. Mais tout se passe dans l’indifférence de la communauté internationale. Et pourtant il n’a pas fallu autant pour qu’elle intervienne dans d’autres pays…

Un « plan de l’Apocalypse » préparé par le régime

Le pire est à venir, et c’est un euphémisme de le dire ainsi. Il y a un fait qui relève aujourd’hui de l’évidence, l’horizon politique s’obscurcit au Togo. Depuis la marche réussie du Parti national panafricain (PNP) le samedi 19 août 2017 dans cinq villes du Togo et dans la diaspora, mais soldée par une répression bien organisée, la donne politique semble avoir changé. Cette manifestation a l’effet de réveiller toute l’opposition et les Togolais qui étaient dans un sommeil profond. Depuis lors, le peuple a décidé de prendre son destin en main et se tient prêt aux côtés des leaders et partis de l’opposition qui se rassemblent dans une large coalition. Le parti de Tikpi Atchadam s’est allié au Combat pour l’alternance politique au Togo (CAP 2015) et au Groupe des 6, et bien d’autres formations et organisations de la société civile devraient rejoindre  la coalition pour l’assaut final (sic).  Au-delà des requêtes minimales de retour à la Constitution adoubée du 14 octobre 1992 et d’effectivité du vote de la diaspora, le peuple réclame tout simplement l’alternance au pouvoir.

Les Togolais qui exigent une alternance, personne ne saurait les blâmer. C’est depuis un demi-siècle qu’ils ont supporté une seule famille au pouvoir. Après le père qui a passé trente-huit (38) ans au trône et ne l’a quitté que par la mort le 5 février 2005, le fils que l’on dit instruit dans de grandes écoles occidentales n’a eu aucune honte à briguer un 3e mandat et manœuvre même pour se cimenter au pouvoir. Le Togo reste en Afrique de l’ouest la seule île de monarchie dans un océan de démocratie, et cela fait honte à ses citoyens. Mais en réponse aux aspirations légitimes du peuple, Faure Gnassingbé et son RPT/UNIR ne leur réservent que la violence. Après la répression des samedi 19 et dimanche 20 août qui a fait deux morts et des dizaines de blessés, le régime veut passer à une étape supérieure.

Une marche des militants du parti au pouvoir est organisée dès ce mardi 29 août, dit-on, pour soutenir les institutions de la République. Et pour cette manifestation, c’est une opération de recrutement général des marcheurs qui est enclenchée. 5000 F, un tricot, un sac de riz, un pagne, voilà ce qui est promis aux candidats. C’est suffisamment clair que le régime ne compte pas répondre aux requêtes du peuple. Personne n’est dupe, cette marche de la honte organisée par le RPT/UNIR sur les mêmes dates que l’opposition est une manœuvre sordide pour créer une situation d’affrontement entre les deux cortèges.

Les indiscrétions font d’ailleurs état de scénarii lugubres élaborés dans le sérail pour faire encore couler du sang. On parle de miliciens qui devraient être mis à contribution pour les traditionnelles basses besognes. 2005 est encore vivace dans les mémoires. En clair, le régime prépare en silence un autre massacre. Et c’est à raison que le Mouvement Génération Togo parle d’un « plan de l’Apocalypse » proposé par le RPT/UNIR aux Togolais à travers « sa marche programmée à dessein et à la même période » et demande son annulation pure et simple. C’est aussi flairant le danger, et pour éviter des morts de plus, que les responsables de la coalition de l’opposition ont décidé de surseoir à leur marche préalablement annoncée sur les mercredi 30 et jeudi 31 août.

La Communauté internationale dans un attentisme suicidaire

C’est une tragicomédie qui se joue au Togo, et elle devrait interpeller la communauté internationale, en premier lieu la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), car elle remet en question l’avancée démocratique enregistrée depuis un moment au sein de l’espace. Avec la  Gambie qui a pris le train de la démocratie, la communauté a fait un pas de géant en avant et se pose en regroupement plus fertile à l’alternance politique au pouvoir en Afrique. En plus, cette tragicomédie se joue au pays du président en exercice de la CEDEAO. Faure Gnassingbé avait été élu le 5 juin 2017 à Monrovia au Liberia à la tête de conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’institution et devrait être un modèle et booster les valeurs de démocratie, d’alternance et de bonne gouvernance qui font la fierté de la CEDEAO. Mais c’est lui-même qui conduit son pays au bord du précipice, dans l’indifférence suicidaire de ses pairs…

Tout le monde savait que son choix pour régir l’institution répondait juste au principe de la présidence tournante. Mais son ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration était monté au créneau pour vanter de prétendues qualités qui auraient convaincu ses pairs de le désigner. « Le choix porté sur le Président Faure Essozimna Gnassingbé en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO est d’abord lié à ses qualités personnelles, notamment celle d’écoute, son sens du consensus, du compromis et du pragmatisme politique », avait dardé Robert Dussey, dans une interview à un confrère de la place. Dans l’hypothèse que ce soient ces vertus qui aient vraiment séduit les présidents des pays de la sous-région, c’est une responsabilité pour ces derniers d’interpeller leur frère et ami qui, malheureusement, amène le Togo vers des lendemains incertains. Mais comme pour démentir Dussey et aussi les dirigeants de la CEDEAO, c’est un dirigeant résolument fermé au dialogue, à l’écoute, au compromis, bref à toutes ces qualités chantées de lui et prêt à faire massacrer son peuple, que l’on voit.

L’exigence du retour à la Constitution de 1992 formulée par le peuple togolais aujourd’hui et de l’alternance tout court n’est que la résultante du refus de Faure Gnassingbé de mettre en œuvre les réformes constitutionnelles, institutionnelles et autres recommandées par l’Accord politique global (APG) du 20 août 2006. Et c’est la communauté internationale dans son ensemble qui était sa caution morale dans l’organisation des pourparlers de l’époque, et il va falloir qu’elle prenne ses responsabilités. C’est un droit pour le peuple togolais de réclamer ces réformes devant tracer les sillons de l’alternance, de vouloir un changement à la tête du pays. Mais c’est un massacre des populations que le régime Faure Gnassingbé prépare. Lorsqu’on se rappelle le scénario et le nombre de victimes en 2005, il y a des raisons de se faire du mauvais sang. C’est le calme avant la tempête, et l’idéal voudrait que tous ceux qui peuvent encore ramener le Prince à la raison interviennent en ce moment pour éviter le pire. Au cas échéant, ce serait trop tard, et la communauté internationale ne viendrait une fois encore que compter les morts. Comme en 2005 il y a douze (12) ans…

Tino Kossi



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