50 ANS C'EST TROP !!! FAURE MUST GO !!!
« Il ne faut pas céder à l'intimidation»

FAURE GNASSINGBE REFUSE D'ACCEPTER LE RETOUR DE LA CONSTITUTION DE 1992 ET NE VEUT PAS LAISSER LE POUVOIR - PEUPLE TOGOLAIS, IL FAUT PRENDRE VOTRE DESTIN EN MAIN - FAURE DOIT PARTIR

FAURE DOIT PARTIR MAINTENANT - FAURE MUST GO NOW

50 ans de pouvoir ça suffit!


Deux morts (?), des dizaines de manifestants blessés, une cinquantaine de personnes arrêtées et déférées en prison…c’est le bilan du week-end mouvementé au Togo. A l’appel du Parti national panafricain (PNP), des milliers de militants et sympathisants, bref de Togolais se sont mobilisés pour réclamer le retour à la Constitution de 1992 et le vote de la diaspora. Bien plus que ces deux revendications, c’est le peuple togolais qui est sorti pour exprimer sa lassitude du régime maléfique en place depuis un demi-siècle. Et, visiblement, ce n’est que le « début du commencement »…

Ils étaient des milliers de manifestants à se retrouver dans les rues à Lomé, de même que dans les quatre autres villes de l’intérieur indiquées, à savoir Kara, Sokodé, Bafilo et Anié, et dans des pays à l’étranger, à l’appel de Tikpi Atchadam et du PNP, pour réclamer le retour à la Constitution de 1992 adoubée par le peuple, ainsi que l’effectivité du vote à la diaspora togolaise disséminée un peu partout à travers le monde. Les compatriotes vivant à l’étranger ne sont pas restés en marge de cet appel, ils sont aussi sortis massivement pour crier haro sur le pouvoir Faure Gnassingbé. Seul bémol, la lourdeur du bilan : deux morts enregistrés, des dizaines de blessés, énormément d’arrestations, des transfèrements en prison…

Il y a un petit débat qui entoure la mobilisation et la suite des événements du samedi.  Pour certains, Tikpi Atchadam a raté le coche de montrer au pouvoir toute l’étendue de la mobilisation populaire derrière lui. « Le monde que j’ai vu samedi était grand (…) Seulement je regrette que les responsables du PNP n’aient pas été plus alertes. Je comprends la légitimité de son refus, mais Tikpi Atchadam aurait pu accepter les itinéraires imposés par Boukpessi et Yark. Ce sont les menaces ouvertes des deux ministres qui ont découragé beaucoup de Togolais de sortir. Vous imaginez un seul instant que les dirigeants du PNP aient accepté, et qu’il n’y ait pas eu de menaces et d’intimidations des deux ministres ? C’est un monde fou qui devrait sortir dans les rues ce samedi, et je parie que la masse qu’on a vue dans les rues pourrait même se multiplier par deux, trois, quatre et plus », a réagi un confrère. Au-delà de la légitimité ou non de ce reproche, le grand mérite de Tikpi Atchadam aura été qu’il a fait bouger le pays et surtout ressuscité chez les Togolais l’envie de la lutte pour l’alternance.

Les messages envoyés par les manifestants

Les marches synchronisées du samedi 19 août sont sorties des cadres rigides de réclamation du retour de la Constitution de 1992, en lieu et place des simulacres de réformes constitutionnelles envisagées par le pouvoir RPT/UNIR, et du vote des Togolais de la diaspora. Ce sont simplement la lassitude du régime Faure Gnassingbé et la soif d’alternance au pouvoir que les populations sont sorties exprimer.

En effet, dans les rues ce samedi, les manifestants ont carrément oublié les deux réclamations officielles mises en avant pour justifier l’organisation de la marche. Ils étaient là pour crier haro sur Faure Gnassingbé, mais aussi exprimer leur désir de voir autre chose. Et ce ne sont pas seulement les militants du PNP qui sont sortis. Il y avait des militants et sympathisants d’autres partis, des Togolais tout court. « 50 ans pour la seule famille Gnassingbé, c’est trop », « Nous en avons assez de ce régime », « Nous allons rester dans les rues jusqu’au départ de Faure Gnassingbé »…les messages scandés étaient assez parlants.

Parallèlement à cet objectif, le peuple togolais a exprimé aussi toute sa détermination à arracher sa libération du joug du régime RPT/UNIR. Malgré les menaces ouvertes de Yark Damehame, les Togolais ont bien répondu à l’appel. Cette détermination était aussi manifeste dans le courage dont les manifestants ont fait preuve, en bravant les jets d’eau pour les repousser, les tirs de grenade lacrymogène, de balles en caoutchouc, de balles réelles ; les arrestations, les blessés et les morts. Certains étaient même prêts à y laisser leur vie. Les représailles de la veille ne les ont pas dissuadés de descendre de nouveau sur le terrain le lendemain, avant de se faire disperser par la soldatesque au rendez-vous.

Autre message, la globalisation ou plutôt l’unicité de la soif d’alternance. C’est une constance, le pouvoir a toujours tiré sur la fibre ethnique et régionaliste, dressé les natifs du Nord contre leurs frères du Sud, présentés naturellement comme opposants, au contraire des populations du Nord peintes comme acquises à sa cause. Mais les militants et sympathisants du PNP, il faut l’avouer, majoritairement Tem, ont détruit ce cliché. La grande conclusion à faire est que l’aspiration à l’alternance n’a pas de frontière ethnique ou régionaliste.

En attendant la prochaine étape

Le commun des observateurs ou citoyens assoiffés d’alternance s’attendait à ce que les manifestants redescendent dans les rues le dimanche et qu’il n’y ait pas de répit, que les populations y restent de façon non stop. Dans cette perspective, des initiatives étaient même envisagées à l’endroit de la diaspora en termes de participation à l’« effort de guerre », entendu leurs apports en nature ou en argent. C’est avec un petit regret que certains ont appris qu’il n’y a plus rien eu dimanche. Mais c’est une évidence que plus rien ne sera comme avant.

Tout le monde sait qu’au Togo, les élections, le dialogue et autres méthodes conventionnelles ne feront pas partir le RPT/UNIR, au vu du sort qu’il leur a toujours réservé. Les élections sont d’habitude fraudées, les résultats détournés, la force brute opposée aux contestataires, les accords issus des dialogues jamais respectés. On est conscient que seule une levée de boucliers comme au Burkina Faso, ou ce qu’on appelle dans le jargon une thérapie de choc pourraient permettre de changer la donne. Et aujourd’hui, même les acteurs politiques qui avaient proclamé leur allergie aux manifestations de rue, ont toujours donné l’impression de manger leur totem en descendant dans les rues et tiré sur l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et Jean-Pierre Fabre qui en ont fait leur cheval de bataille, se sont rendus à l’évidence de son importance et c’est à un concert de communiqués et autres déclarations de condamnation de la barbarie que l’on assiste. Certains font déjà des yeux doux à Tikpi Atchadam pour une éventuelle alliance.

Visiblement, la manifestation de samedi n’est qu’un avant-goût, un apéritif. A en croire les indiscrétions, des tractations sont en cours entre le PNP et d’autres formations de l’opposition, notamment ceux du Combat pour l’alternance politique en 2015 (CAP 2015), pour une synergie d’actions dans les semaines et mois à venir. Une alliance PNP-CAP 2015, un appel commun à manifestation des responsables des deux entités, Tikpi Atchadam et Jean-Pierre Fabre notamment, les militants des deux entités ensemble dans les rues sur toute l’étendue du territoire et au sein de la diaspora…c’est le rêve du peuple togolais assoiffé d’alternance. Les informations obtenues  hier dans la soirée annoncent, dans cette dynamique, une conférence de presse conjointe du PNP et du CAP 2015 cette matinée, pour sceller une dynamique d’actions entre les deux entités. On parle d’une journée ville morte prévue sur le vendredi prochain, en vue réclamer la libération des personnes arrêtées lors des manifestations de samedi.

Il faut le dire, le PNP et Tikpi Atchadam viennent de poser les bases d’un grand édifice. C’est la première fois que des manifestations de rues sont organisées à l’intérieur du pays, mais aussi au sein de la diaspora. Et cette réussite risque de créer un effet dopant. Le Togo est la seule exception de l’Afrique de l’ouest en termes de démocratie et d’alternance au pouvoir, et cette triste réalité ne fait pas honneur aux populations qui, avec le changement en Gambie, ont compris l’urgence d’une lutte populaire pour changer leur destin. L’avenir politique risque d’être mouvementé, très mouvementé au Togo…

Tino Kossi

Source : Liberté



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