FAURE GNASSINGBE REFUSE D'ACCEPTER LE RETOUR DE LA CONSTITUTION DE 1992 ET NE VEUT PAS LAISSER LE POUVOIR - PEUPLE TOGOLAIS, IL FAUT PRENDRE VOTRE DESTIN EN MAIN - FAURE DOIT PARTIR

Grandes manifestations nationales des mercredi 20 et jeudi 21 Septembre 2017:
Ça suffit, rendez nous notre constitution.

FAURE DOIT PARTIR MAINTENANT - FAURE MUST GO NOW

50 ans de pouvoir ça suffit!


Les soldats au front subissent une coupe salariale annuelle de presque 50%
-La somme allouée pour chaque Casque bleu va connaître une nouvelle hausse à partir du 1er juillet prochain
Les opérations de maintien de paix de l’Organisation des Nations Unies (ONU) se multiplient de par le monde et semblent bien payées. A partir du 1er juillet prochain, la somme allouée pour chaque Casque bleu aux pays participant à ces opérations de maintien de la paix va connaître une nouvelle hausse. De 1.332 dollars (780.000 FCA) en 2014 et 2015, 1.365 (798.525 FCFA) depuis le 1er juillet 2016, elle passera à 1.410 (825.000 FCFA) à compter du 1er juillet prochain. Une bonne nouvelle pour tous ces soldats qui offrent leur chair pour protéger des personnes et des biens. Mais comment ces opérations sont-elles organisées ? Comment sont-elles financées ? Combien gagnent les soldats togolais envoyés en missions ? Immersion dans un univers où l’omerta semble faire les affaires des uns et perpétuer l’injustice envers les autres.

Des langues se délient
Les opérations de maintien de la paix seraient devenues un business très lucratif pour des officiers supérieurs de l’armée togolaise. Et à moins que les premiers concernés que sont les soldats qui partent au front et constituent parfois de la chair à canon pour des terroristes sans foi ni loi le veuillent, ce n’est pas demain que la situation prendra fin.

Pour connaître les émoluments des soldats togolais envoyés en missions de maintien de la paix, nous avons joint certains actuellement au front. Douze mois à chercher à rester en vie tout en s’acquittant de la mission principale pour laquelle ils sont partis. Mais contre combien au final ? « Actuellement, il me reste encore quelques semaines à vivre ici, et si je réussis à rester en vie, je reverrai ma famille. Pour votre question sur nos salaires, je peux vous dire que nous percevons mensuellement 100.000 FCFA, ce qui fait 1.200.000 FCFA à la fin de la mission. Cette somme est déduite de ce qu’on a promis nous payer, soit 4.800.000 FCFA. Au final, il nous restera 3.600.000 FCFA à percevoir à notre retour au pays. Mais je dois préciser que normalement, c’est 6.000.000 FCFA qui nous avait été promis », nous raconte un militaire. Qu’a-t-on fait des 1.200.000 FCFA ? Et ce n’est pas fini.

Des désabusés qui regrettent d’avoir fait partie des convois de maintien de la paix, le Togo en compte. Comme celui qui a accepté nous rapporter ce par quoi ils sont passés. « Lorsqu’on nous avait sélectionnés pour rejoindre le Centre d’Entraînement aux Opérations de Maintien de la Paix (CEOMP), c’était contre la promesse de « faire des enveloppes » à notre retour à ceux qui nous avaient choisis, sinon, il faut oublier la sélection. C’est souvent le cas pour certains qui suivent toute la formation, y compris les visites médicales, mais qui se voient dribbler par des anonymes au dernier moment et à qui on établit à la va-vite des documents et qui prennent les airs, au nez et à la barbe de ceux initialement choisis », confie-t-il.

Si la sélection pour partir au front est synonyme de népotisme, comment les soldats qui ont accepté contre « conditions » pourraient-ils revendiquer ce qui devrait être leurs droits ? « Au cours de notre formation, les officiers et autres cadres qui encadrent les futurs candidats prennent leur petit déjeuner sur le dos des maigres pécules des candidats au départ. Ce qui est une anomalie, puisque nous avons appris que même les frais des formateurs sont incorporés dans ce que l’ONU verse aux Etats participants. Même chose lorsque nous allons au champ de tir au camp FIR au quartier Agoè. Nous devrions acheter des boissons en guise de cadeaux pour le chef corps avant d’accéder au champ de tir. Sans oublier que parfois, le chef corps peut vous demander autre chose en plus. Bref, que ce soit au camp abritant les candidats, ou au champ de tir, il existe une forme de racket non dit et ce sont nos supérieurs qui le cultivent malheureusement ». Ces témoignages seraient connus de tous ceux qui ont le « malheur d’être sélectionnés » ; mais par crainte de représailles, la mutité au sein de la grande muette semble être le mot d’ordre.

Quid du statut particulier et de la rémunération des soldats togolais au front?

Saviez-vous que les pays qui envoient leurs hommes au front devraient disposer d’un statut particulier pour leurs soldats ? Un ancien soldat ayant participé à une mission et requis l’anonymat nous a confié que contrairement à leurs collègues d’autres pays, les soldats togolais au front ne disposeraient pas de statut particulier, une situation qui les placeraient dans une dépendance vis-à-vis de leurs voisins béninois. « Le problème des soldats togolais est qu’ils ne disposent pas de statut particulier pour les missions onusiennes et c’est sur le statut particulier de leurs collègues béninois qu’ils se calquent. Ce qui les oblige à verser une certaine somme au gouvernement béninois pour cela. Ceci revient à reconnaître que sans le Bénin, les militaires et policiers du Togo ne prendraient pas part aux missions de maintien de la paix de l’ONU. C’est en somme une redevance que le Togo paye au Bénin », explique-t-il.

Une autre situation qui découle de l’absence de statut particulier est que normalement, tout soldat a droit à un fonds pour faire la valise de départ. « Mais au Togo, poursuit-il, c’est sous forme de prêt que le gouvernement remet cette somme qui, au final, est déduite du solde au retour. Et c’est aussi dans le solde perçu au retour que les « enveloppes » sont prélevées pour gratifier les officiers grâce à qui ils ont pu prendre part à la mission. Conclusion, il n’est pas étonnant qu’un soldat ayant passé un an sur le front, rentre au pays et se retrouve dans la même situation que ceux qui n’y sont pas allés. Et pourtant, ils auront risqué leurs vies à tout instant sur le front ».


Des magouilles monstres sont organisées au niveau de la rémunération des soldats togolais. En supposant que le dollar soit échangé contre 585 FCFA, un soldat engagé sur le front, du 1er juillet au 30 juin 2017 (1.365 dollars), devrait percevoir annuellement 9.582.300 FCFA. Au cas où le dollar vaudrait 500 FCFA, il devrait percevoir 8.190.000 FCFA. Mais malheureusement, ils ne reçoivent au total que 4.800.000 FCFA brut, sans compter ce qu’ils devront reverser à leurs « protecteurs haut placés ». Et quand, le 1er juillet prochain, le solde sera porté à 1.410 dollars, chaque soldat devra prétendre initialement à 9.898.200 FCFA au cas où le dollar vaudrait 585 FCFA, ou à 8.460.000 FCFA pour un dollar valant 500 FCFA. Mais la question est de savoir à combien la hiérarchie portera le traitement de ceux qui se sacrifient pour que règne la paix dans les régions les plus dangereuses du monde. Entre ce que les soldats devraient prendre en temps normal en acceptant de partir au front, et ce qu’ils perçoivent réellement à ce jour, le gap est au minimum de 3.660.000 FCFA par soldat et par an ! Soit une coupe salariale de 44,68%, presque la moitié. Et quand on se rappelle que près de 1700 soldats togolais sont engagés sur divers fronts, une petite opération arithmétique permet de réaliser que cet effectif totalise annuellement un moins perçu de 6.222.000.000 FCFA ! POURQUOI ET A QUELLE FIN?

Des soldats qui tombent au front, le Togo en connaît désormais. Afin de ne pas démotiver les troupes à défendre les couleurs de l’ONU, des dispositions ont été prises par l’instance mondiale pour indemniser les familles des soldats tombés, les armes à la main. Et il urge que toutes les familles dont un parent est engagé dans ces forces de maintien de la paix, en apprennent davantage sur les indemnités auxquelles elles auraient droit en cas de décès de leur fils ou fille sous le drapeau onusien.

Opérations de maintien de la paix : ce qu’il y a lieu de connaître

Les opérations de maintien de paix de l’ONU ont pour objectif d’aider un pays ravagé par des conflits à créer les conditions d’un retour à une paix durable. Selon le site Internet de l’organisation, ces opérations « ne sont que l’un des nombreux outils à la disposition de l’ONU pour garantir la paix et la sécurité ». Mais depuis plus de deux décennies, le maintien de la paix est devenu l’affaire des pays pauvres qui envoient leurs soldats sur les champs de bataille, pendant que les pays développés se chargent de mettre la main à la poche. Un business de chair contre argent, au nom de la paix chère à tous !

Il y a actuellement 16 opérations de maintien de la paix dirigées par le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP). Comme toujours, l’Afrique est en tête avec neuf foyers (Abiyé - Soudan, Darfour, Liberia, Sahara occidental, Mali, Centrafrique, RD Congo, Soudan du Sud et Côte d’Ivoire). A en croire le Français Alain Le Roy, ancien responsable du maintien de la paix à l’ONU, les plus importantes missions fin 2011 concernent la République Démocratique du Congo, le Soudan, la Côte d’Ivoire, le Liberia et le Liban. « 120 000 hommes sont impliqués dont 82 000 militaires, 15 000 policiers et 20 000 civils. « Le budget pour 2011-2012 est de 7,1 milliards de dollars. Il est financé par des contributions obligatoires réparties entre les Etats membres des Nations-Unies. Les trois premiers contributeurs en hommes sont le Bangladesh, le Pakistan et l’Inde, le sous-continent indien. Viennent ensuite le Nigeria, l’Egypte, le Rwanda. En tout, une centaine de pays participent », a-t-il expliqué dans une interview accordée à Atlantico.fr.

Le budget approuvé des opérations de maintien de la paix de l’ONU pour l’exercice allant du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017 est d’environ 7,87 milliards de dollars contre 7,1 milliards de dollars pour 2011-2012. Les 10 principaux pays contributeurs au budget des opérations de maintien de la paix des Nations Unies en 2016 sont : États-Unis d’Amérique (28,57%), Chine (10,29%), Japon (9,68%), Allemagne (6,39%), France (6,31%), Royaume-Uni de Grande-Bretagne (5,80%), Fédération de Russie (4,01%), Italie (3,75%), Canada (2,92%) et Espagne (2,44%). Le Togo est dans la catégorie J, c’est-à-dire la dernière avec 0,0001 dollar.

D’après toujours le site de l’ONU, « chaque opération de maintien de la paix a son propre budget et son propre compte, auquel sont imputées les dépenses opérationnelles, comme les frais de transport, les dépenses afférentes aux services logistiques et les dépenses de personnel - comme, par exemple, les salaires. Le cycle budgétaire des opérations de maintien de la paix va du 1er juillet au 30 juin et correspond rarement au mandat confié à l’opération par le Conseil de sécurité. Les budgets sont cependant établis pour une période de 12 mois, pour les mandats les plus récents de l’opération ».


La rémunération des militaires est prise en charge par les gouvernements dont ils relèvent selon leur grade dans les forces nationales et selon le barème de rémunération applicable. Les pays qui fournissent volontairement des contingents aux opérations de maintien de la paix sont remboursés des coûts par l'ONU sur la base d’un taux standard approuvé par l’Assemblée générale d’un peu plus de 1.332 dollars par soldat et par mois, nous apprend-on. Les membres du personnel de police et du personnel civil sont rémunérés au titre du budget approuvé pour chaque opération. L’ONU rembourse également aux Etats membres le coût du matériel, des services de personnel et des services d’appui fournis aux contingents militaires et aux forces de police.


Fin juin 2014, la somme allouée pour chaque Casque bleu a été augmentée de 17%, passant de 1.140 à 1.332 dollars par mois. C’était suite à de laborieuses négociations entre pays contributeurs de troupes et bailleurs de fonds. Aux termes de cet accord, la somme passe à 1.332 dollars à compter du 1er juillet 2014 et pour deux ans, à 1.365 la troisième année (au 1er juillet 2016) et à 1.410 à partir du 1er juillet prochain. Les frais supplémentaires (entraînement, équipement, transport, primes d’expatriation) occasionnés par le déploiement sont également versés aux pays contributeurs. Chaque pays paie ensuite ses troupes à sa guise.
Et c’est là où commencent les magouilles. Soit des retenues sont effectuées sur les rétributions des soldats par leurs supérieurs hiérarchiques, soit elles sont payées avec beaucoup de retard et à la suite de bruyantes réclamations. Tout le monde a en mémoire les mouvements d’humeur des soldats tchadiens de la Mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali (MINUSMA) qui avaient quitté leurs positions à Tessalit pour protester contre le non-paiement de leurs primes.

Voilà à quoi se résume la situation des soldats togolais envoyés pour des opérations de maintien de la paix, toujours au péril de leur vie. Mais si malgré le risque quotidien, ils doivent en plus ruminer une sourde colère face à une injustice diffuse pendant que leurs homologues des autres pays jouissent de leurs pleins droits, bien malin qui pourra prédire de la suite de ces opérations.

En rappel, un général qui a dirigé des troupes onusiennes par le passé, a laissé entendre dans ses confidences que s’il est aisé aujourd’hui, c’est parce qu’il a bénéficié des missions de l’ONU qui sont grassement rétribuées et il se sent libre de dépenser son argent comme il l’entend, sans crainte aucune. Parce que, soutient-il, « j’ai gagné mon aisance financière d’aujourd’hui au péril de ma vie durant toutes les missions auxquelles j’ai participé ». Certainement qu’avec son titre de général, la hiérarchie n’aurait pas osé procéder à des coupes sur ses émoluments.

Mardi soir, nous bouclions quand nous avions contacté le Colonel Djibril Inoussa du service de communication à l’Etat-major pour avoir la version des faits des Forces armées togolaises (FAT). Il nous a demandé de passer le lendemain pour des échanges. Ce que nous avons fait en sursoyant à la parution. Hier donc, nous sommes allé à l’Etat-major. Le Colonel Djibril Inoussa et le Commandant Sossou, tous du service de communication des FAT, nous ont donné leur version. A les en croire, les candidats aux missions sont regroupés, habillés, nourris, soignés et équipés durant leur formation adaptée au terrain pendant 6 mois avant leur déploiement. L’ONU verse l’argent à l’Etat qui « retient une partie » qui servira à couvrir de menus frais.


Par ailleurs, ils ne nous ont pas communiqué l’effectif officiel des soldats déployés, mais ont cité les pays dans lesquels leurs éléments interviennent : Mali, Darfour et Soudan du Sud. Selon eux, les critères de sélection sont clairs et aucun formateur ne reçoit quelque enveloppe d’aucun soldat. De plus, « aucun soldat ne s’en plaint », nous ont-ils assuré et aucune enveloppe n’est tendue à qui que ce soit au retour des soldats en guise de remerciement. Pour les décès, le Colonel nous a assuré, sans donner le montant, que « dans le contrat, l’ONU dédommage les familles ». Affaire à suivre.

Abbé Faria


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