FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


« Il arrive que les grandes décisions ne se prennent pas, mais se forment d’elles-mêmes » martelait Henri BOSCO, dans Malicroix Il faut partir de l’utopie positive du mariage selon laquelle « On se marie pour le meilleur et pour le pire » pour comprendre la portée de la réflexion de BOSCO. Le psychisme humain a naturellement une capacité de résistance et d’accumulation des chocs. L’intensité seuil passée, il n’a plus de densité. La résistance s’effiloche et disparaît. Elle cède sous la pression intenable, inacceptable, des coups fracassants, des tourbillons de déceptions, des torrents de chagrin. Ce qui signifie que personne ne supporte le pire, et il est relatif d’un individu à un autre par rapport aux valeurs qu’il intègre, aux repères de sa personnalité, aux centres d’intérêt de sa vision.

De même, sur le chapitre politique de gouvernance, l’insuffisance chronique des résultats face aux attentes populaires, les fautes éthiques et morales à foison, les tragédies lassantes, les cruautés récurrentes, le mépris du peuple, les frustrations lourdes, les privations cruelles, les crimes politiques, les crimes de masse sont des fouets à l’effervescence de la conscience populaire qui contraignent les peuples à la rupture insurrectionnelle avec l’autorité de l’Etat.

Le 05 octobre 1990 a surpris Eyadéma et le régime Rpt, parce que le « Timonier » et sa suite croyaient au prix de la terreur pour être à l’abri d’une insurrection populaire. Une fois que la liberté s’éclate dans l’âme d’un individu ou d’un peuple, il est prêt à payer le prix. Depuis ce temps-là, jusqu’à ce jour, plus rien n’étouffe la conscience de nos compatriotes, malgré l’écheveau de répressions meurtrières étalé dans la durée. Les artifices et les simulacres démocratiques, les tueries massives et les rafistolages oiseux de réconciliation ont aggravé la distance et la distanciation populaires qui mettent en minorité ceux qui font office de gouvernants. Ils sont pétris d’un anachronisme sévère. Plus jamais, l’Etat Togolais n’a confiance en lui-même face au regard répulsif de la sentence populaire

C’est ce même regard avec des proportions et motivations différentes qui se manifeste chez les Français face à la sclérose de la gouvernance dans leur pays Emmanuel MACRON a bien compris les avaries politiques de la France qui condamnent la vieille garde à la retraite forcée et la République à un renouvellement, à une transfusion « juvénile ». Quand les peuples sont pris en otage par des politiques, ils n’ont d’autres voix que la libération. La nature humaine refuse les embrigadements, les cercles et les enclos, parce que les mutations d’oxygénation participent de la survie des hommes et des peuples.

Les régimes statiques, les gouvernances en vase clos, ne sont-ils pas leurs propres fossoyeurs, des aiguillons imparables de l’insurrection patriotique ?

Les appareils répressifs de la gouvernance sectaire, les verrouillages institutionnels ont-ils longue vie pour résister au primat de régénérescence politique porté par l’exigence populaire ?

La nouvelle classe politique française n’a-t-elle pas un devoir de compréhension et de soutien aux réclamations populaires des Togolais dans leur combat âpre pour sortir de la gouvernance de la sclérose, d’un règne de père en fils ?

1) Que veulent les Français, que peuvent les Togolais ?

Seuls les résultats font des grands hommes politiques. Leurs inspirations ne s’étirent indéfiniment dans l’espace et le temps. La densité de l’imagination est dans la proportion de l’ambition que les hommes ont face aux questions vitales de leur société. Mais, elle tarit vite si ses éclairs n’illuminent pas le chemin de la réussite. Ce qui implique un renouvellement constant des hommes qui pensent les sociétés et qui assument des responsabilités en République. Il faut transfuser du sang neuf les acteurs politiques. Cette réalité démocratique est comprise par le peuple de France qui ploie sous les échecs de la vieille garde politique. De CHIRAC à HOLLANDE en passant par SARKOZY, le déficit économique, de croissance, la courbe ronflante du chômage, la crise de logement, la crise scolaire avec des effectifs pléthoriques, la question du terrorisme vont à la chaîne avec les ruminations et des lassitudes qui ont convaincu l’électorat français de déclasser toute la gamme du vieux jeu pour une aventure plus osée avec de nouvelles têtes

La France a impérativement besoin de renouvellement de sa classe politique pour se sortir de l’exaspération et de l’enlisement socio-économique, du déclin éthico-moral des politiques affairistes qui cumulent des conflits d’intérêt et des mises en examen. Elle répond au Mouvement en Marche de MACRON pour essayer de créer une espérance collective de survie qui justifie exactement ce que Jean-Paul SARTRE imaginait dans Mouches lorsqu’il écrit : « La vie humaine commence de l’autre côté du désespoir »

Autant la France veut du sang nouveau pour son mieux-être, elle doit pouvoir le vouloir pour les peuples qui se battent pour la même cause dans un monde qui dépasse les contingences, les enflures, les contusions. Les cartels politiques et vampiriques qui se sont créés pour asphyxier les peuples d’Afrique sont hors du temps, et plus particulièrement la dynastie GNASSINGBE, ravageuse, gloutonne aux répressions fauves qui vole les suffrages des Togolais correspond à une sclérose à l’état pur à qui l’Elysée rajeunie ne doit plus la moindre caution.

On ne peut pas vouloir de nouvelles têtes pensantes et d’action politique pour soi, pour la grandeur et la liberté démocratique pour son pays sans le vouloir pour d’autres pays, pour d’autres peuples plus abîmés. Ce que SARTRE nomme le « pour-autrui » est un engagement, une inclination, un militantisme qui prennent en charge les questions de privation des libertés chez les autres.

On voit donc que le psychisme humain est partout identique et l’exaspération ne peut être une résidence commode des peuples qui souffrent de la mal gouvernance. Les togolais continuent de payer massivement de leurs vies de soupir d’un changement, d’un renouvellement de la classe politique .Ils appellent une fois encore la France avec qui ils ont des liens historiques, culturels, économiques et linguistiques à un accompagnement pointilleux de l’Accord Politique Global(APG) dont les termes mis à exécution serviraient à arrêter le cycle épouvantable des violences qui endeuille ce pays. La France politiquement recomposée et socialement dressée contre les errances politiques a une éthique politique à afficher pour être au service des togolais. Ces eux qui ont bâti des empires et des fortunes sur le sang du peuple togolais sont dans un cramponnement morbide à leur oasis. Ils affichent un primat sur des nécessités matérielles au point qu’ils refusent toutes évolutions démocratiques. Comme le dit Honoré de BALZAC, dans Cesar Birotteau : « La prospérité porte avec elle, une ivresse à laquelle les hommes inferieurs ne résistent pas ».

A l’instar d’un « dégagement » de Yaya Jammeh, nous voulons que la France soit aux cotés de la CEDEAO, aujourd’hui renouvelée et plus crédible pour assister les togolais dans l’exécution des réformes électorales institutionnelles, constitutionnelles de l’APG, dans le jeu électoral, dans la souveraineté et dans l’audit du fichier, dans l’observation des votes. Nous avons trop longtemps aligné des tombes après les urnes que nous n’avons aucune raison d’accepter mécaniquement la tragédie électorale au Togo avec ses menaces et ses victoires arrosées de sang. Les togolais acceptent la transmission pacifique du pouvoir à travers le consensus nationale qui est le vrai manifeste démocratique écrit par la société civile et les parties politiques. Nous voulons partout des soutiens pour remettre ce manifeste au goût du jour. La nouvelle France « machronniste », déclarée a la transparence totale dans ses relations avec l’Afrique est appelée à un devoir de transparence électorale au Togo et a une vérité des urnes. Dans la lutte pour le changement et l’alternance politique, les togolais n’ont plus besoin des mots de duplicité, moins des actes forts de sincérité.

2) Action populaire et devoir d’ingérence humanitaire

Face aux excentricités de la dynastie Gnassingbé qui ne respecte ni les engagements pris envers le peuple, ni les accords politiques du consensus national, ni la constitution togolaise, ni la loi électoral, ni les clauses démocratiques de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa), ni les volontés d’évolution démocratique des pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). On se souvient du refus de l’élection à deux tours et d’un règne de deux mandats par Faure Gnassingbé et Yaya Jammeh à Accra. Il faut que les sociétés civiles et les partis politiques forgent une nouvelle âme de résistance nationale.

Ce travail d’information sur la sclérose économique, politique, sur les ordures d’une gérance de la question social, d’un mandat faussement proclamé social, sur l’hypothermie économique d’un règne phagocyté par la dette et d’un avenir guillotiné sur des générations entières, doit être amplifié. Nous savons tous que nous sommes assis sur des ruines socio-économiques, éthico civiques, juridico-morales dont l’ampleur n’est pas souvent bien détaillée par les leaders d’opinions. Nous voulons ici saluer particulièrement « Veille économique » pour ses clarifications citoyennes sur l’état de notre économie embourbée. Tout le travail de conscientisation ne peut être du ressort d’un poignet de citoyens libres. Il doit être éclaté sur tous les fronts de la résistance nationale par la société civile, les groupes de pression, la Conférence des Evêques du Togo, les syndicats et les Partis Politiques. Il faut redonner au peuple le pouvoir de l’action par la connaissance. Abraham LINCOLN disait à juste titre : « La connaissance est un pouvoir, l’ignorance est une vermine ».

Nous souhaitons vivement que l’information sur l’état du pays soit amplement diffusée par nos leaders, plus en langues locales que dans la langue de Voltaire au regard de l’étendue d’analphabétisme qui engloutit encore dramatiquement nos masses populaires. Elles ont le sens profond du jugement quand elles sont bien éclairées. Avec des termes simples d’explication sur le déroulement de la vie en souffrance indicible et généralisée qui étrangle le vivre ensemble, l’accès à l’information juste est garanti.

Il y a une diversion sur la Réconciliation qui se révèle en une cathédrale de la farce perceptible partout. Le peuple à la chance d’en saisir des illustrations édifiantes d’une agitation stérile du pouvoir à ce sujet. Avec la décoration d’un Bagossora togolais, planificateur à Atakpamé des crimes de masse d’avril 2005, cité dans les enquêtes onusiennes, Faure Gnassingbé montre à la nation ce 26 avril ce qui adviendra dans les échéances électorales futures et en particulier lors de la présidentielle de 2020. Quand les maîtres des crimes de masse sont célébrés au podium de la commémoration de l’indépendance, des ascenseurs sont prêtés à tous ceux qui peuvent en faire autant pour protéger et assurer la pérennité d’un régime dynastique.

Dans ces conditions de défiance du peuple Togolais par la décoration du Major Kouloum, les crimes électoraux du hold up permanent sont fortement encouragés. Une exigence d’appel à la communauté internationale, à la Cedeao, à l’Uemoa, à l’Union Africaine, à la France de Macron pour une vigilance implacable sur la cours électoral au Togo résonne dans la conscience nationale. Le rôle de la France recomposée dans la « transparence totale » comme le souligne Emmanuel MACRON, espérons-le, doit avoir une incidence sur la question électorale dans nos pays francophones, notamment au Togo.

Didier Amah DOSSAVI

L'ALTERNATIVE


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