Le mot d'ordre de l'opposition togolaise

"MANIFESTATION DE L'OPPOSITION AU TOGO CHAQUE JOUR JUSQU'AU DEPART DE FAURE GNASSINGBE DU POUVOIR"

Faure pour ne pas mettre le Togo en feu et en sang il faut liberer l'iman

50 ANS C'EST TROP !!! FAURE MUST GO !!!

TOGOLAIS, PRENONS NOTRE DESTIN EN MAIN POUR NOTRE LIBERATION DES GNASSINGBE QUE DIEU SOIT AVEC LE PEUPLE TOGOLAIS
LA LUTTE CONTINUE ET NOUS VAINCRONS



«Peuple togolais, Il ne faut pas céder à l'intimidation»
Seulement la rue chasse les dictateurs au pouvoir , pas les urnes

"QUI EN VEUT A PIERRE LAMADOKOU ET POURQUOI ?"



Le 27 avril 2017, le Togo a commémoré le 57e anniversaire de son indépendance. Pour rappel, le pays a été colonisé dans un premier temps par l’Allemagne puis placé sous tutelle de la France. Ces nombreuses années de colonisation n’ont pas seulement laissé de tristes souvenirs aux populations mais aussi d’intéressants héritages. L’huilerie d’Alokoegbé fait sans doute partie des quelque joyaux laissés par les Français au Togo. Malheureusement, cette usine de production d’huile de palme (huile rouge) a très vite «succombé» à l’épidémie de mauvaise gouvernance qui caractérise la gestion du pays jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, les machines croulent sous le poids de la rouille. Le bâtiment risque de s’effondrer à tout moment. A côté, les populations ont toujours la nostalgie de « leur » usine.

Un héritage colonial

Alokoegbé est un village situé à une cinquantaine de kilomètres de Lomé. Il est l’un des villages les plus proches de Tsévié (environ 15 km), chef-lieu de la préfecture de Zio. Une préfecture traversée par le fleuve Zio. Elle compte plus d’un millier d’habitants qui pratiquent essentiellement l’agriculture. C’est là où le 21 mars 1950, le Gouverneur français CEDILE posa la première pierre de ce qui deviendra deux ans plus tard, une usine de production d’huile de palme (huile rouge). De cette usine, sortait une quantité impressionnante d’huile rouge appelée « Zomi » en langue locale. La qualité était tout aussi enviable. Cette huilerie qui faisait la fierté des Togolais est quelque peu méconnue des générations qui n’ont pas connu ces périodes de gloire. Les livres de l’histoire du Togo l’évoquent peu, ou n’en parlent pratiquement pas. Dans le cadre de ce reportage, nous avons approché le fils d’un ex-employé de l’huilerie qui a accepté de nous donner la version de l’histoire de cette usine, telle que vécue par son père.

« Mon papa a fait partie des tout premiers employés de l’huilerie d’Alokoegbé, localité d’où nous sommes aussi originaires. Il y a travaillé plusieurs années avant sa fermeture. Selon ce qu’il m’a dit, l’huilerie a été construite par les Français. Après leur départ à la suite de l’indépendance du Togo, le Président Sylvanus Olympio qui accordait une importance capitale à l’usine, était venu en 1961 visiter les installations. Ainsi, à partir des années 1961 et 1962, il y a eu des campagnes de plantations massives de palmiers à huile pour maximiser les productions. Les responsables de l’usine sollicitaient des terres chez les collectivités et en faisaient de gigantesques palmeraies. Une fois à maturité, les palmiers à huile appartenaient à l’usine mais la terre était toujours la propriété des propriétaires terriens. Il y a un mécanisme de rétribution qui n’arrangeait pas forcement les collectivités qui l’ont néanmoins accepté, par patriotisme », relate Nestor Kove sur les débuts de l’usine.

Les périodes de prospérité de l’huilerie d’Alokoegbé n’ont été que de courte durée. Entre temps, la gouvernance du pays avait changé de main et par ricochet de méthode. L’orthodoxie qui caractérisait la gestion de la République a viré au népotisme, à la gestion approximative des deniers publics, à la gabegie, le tout dans une culture d’impunité totale. Conséquence, les structures étatiques, en premier lieu les jeunes usines avaient commencé à s’écrouler les unes après les autres. Ce naufrage n’a pas épargné l’huilerie d’Alokoegbé.

Dans les années 1982 et 1983, une crise était survenue. L’usine était donc passée sous pavillon de la Société nationale des palmeraies et des huileries (SONAPH), une société autonome créée par l’ex-Président Eyadema. Elle gérait entre autres, l’huilerie d’Alokoegbé et celle d’Agou.

Cette crise a entraîné la faillite de l’huilerie d’Alokoegbé. Résultante, il a fallu compresser le personnel dans un premier temps puis fermer les locaux en 1983. L’huilerie a ensuite été transformée en une usine de fabrication de savons par un expatrié qui l’a rachetée. Toutefois, cette reprise n’a pas permis de redresser la situation et l’usine a définitivement fermé en 1992.

Quel sort pour les employés de cette usine ? « Certains employés ont été purement et simplement libérés alors que les plus chanceux ont été déversés à Agou et à NIOTO où mon père s’est retrouvé jusqu’à sa retraite », ajoute Nestor Kove.

L’état actuel de l’usine

L’huilerie d’Alokoegbé se trouve actuellement dans un état déplorable, à la limite insoutenable. Les installations se retrouvent au bout d’un sentier jonché d’embûches, où seuls les piétons et les vélos peuvent se frayer un passage. Quant aux motos et aux voitures, il est préférable de les garer au bord de la route principale et de s’y rendre à pied.

La vétusté du bâtiment transparaît à vue d’œil. Il est en partie décoiffé et les quelque tôles qui s’accrochent n’y sont que pour la forme. Les murs totalement lézardés avec des fissures impressionnantes et des fenêtres introuvables.

A l’intérieur, on retrouve de vielles écailles de noix de palme qui résistent à l’usure du temps. Les machines sont toujours à leur place. Les dispositifs se retrouvent dans un état de délabrement avancé. La rouille a « attaqué » l’essentiel. Seulement, certaines machines ont l’air solides, à l’instar de quelques tonneaux en aluminium et bien d’autres.

L’abandon de l’usine fait le bonheur de certaines volailles et quelques animaux sauvages qui y ont élu domicile. Ils y laissent « à merveille » leurs détritus qui donnent une odeur nauséeuse à l’enceinte.

L’usine n’est pas aussi abandonnée que ça, puisqu’elle est sous le contrôle d’un gardien, qui ne garde malheureusement que la ferraille. Il y est là depuis des années et y fait sa vie, sans salaire bien sûr.

En dehors du complexe où se trouvent les machines, l’usine dispose d’une cité où étaient logés ses responsables qui venaient majoritairement d’autres régions du Togo mais aussi de l’extérieur. Après que l’usine a mis la clé sous la porte, ces résidences dénommées « camps », sont restées en l’état. Pas d’entretien, encore moins de rénovation. Présentement, ce sont les enseignants affectés dans le village qui squattent les lieux.

Nostalgie d’un passé glorieux

Les populations du village d’Alokoegbé, surtout celles qui ont connu l’usine, n’arrivent pas à oublier cette glorieuse épopée. Tout d’abord l’huilerie a permis de sortir ce village de son « enclavement ». Alokoegbé, grâce à cette usine n’était plus un village ordinaire. Seulement, sa fermeture a été un coup de massue sur cette population qui fournissait la grande partie de la main d’œuvre.

« Dire que la fermeture de cette usine est sans conséquence pour nous, c’est méconnaître l’histoire d’amour qui existait entre cette structure économique et notre village. C’est vrai qu’à l’implantation de l’usine, il n’y avait qu’un accord tacite entre les colons et les propriétaires terriens. Mais, au fur et à mesure, les relations entre ces responsables et la population se sont améliorées car la main d’œuvre locale était amplement sollicitée. Les palmeraies rapportaient plus ou moins quelque chose à ceux à qui appartenaient les terres », raconte un habitant du milieu.

Lorsque l’usine a été fermée, les palmeraies étaient revenues aux propriétaires terriens qui les exploitaient à leur guise. Mais quelques années plus tard, ces hectares de palmeraies, ont disparu. « Surtout, avec l’avènement de la démocratie, les gens avec leur compréhension erronée, ont tout abattu. Il se disait d’ailleurs qu’Agboyibo avait libéralisé à l’époque le Sodabi (alcool local fait à partir du vin de palme), raison pour laquelle les gens ont détruit les palmeraies pour en préparer », ironise Junior, un jeune du milieu.

Les réminiscences de ce passé plus ou moins glorieux de cette localité font que certains ont vite trouvé les boucs-émissaires de la faillite de l’usine. « Le camp était habité par les étrangers qui bénéficiaient des privilèges dans le temps. Ces derniers se sont rendus coupables de gaspillage des ressources mises à leur disposition. Au-delà de l’eau, ils avaient l’électricité et autres qu’ils utilisaient selon leur bon vouloir. Il faut reconnaitre également que le marché togolais fut entre temps envahi par d’autres huiles produites dans d’autres pays », souligne un vieux de la localité.

Au temps fort de l’usine, il y avait une ligne téléphonique qui reliait directement le village à Tsévié et qui faisait la fierté des populations.

Alokoegbé aujourd’hui

Alokoegbé présente aujourd’hui l’image d’un village sans histoire. Tout d’abord pour s’y rendre, c’est un véritable calvaire, surtout en saison de pluie. La route qui le relie à Tsévié est dans un état piteux et impraticable. Les infrastructures sont presque inexistantes. Le « petit » dispensaire du milieu manque un peu de tout. Les populations continuent de « s’abreuver » avec l’eau du fleuve Zio alors que l’énergie électrique y est introuvable.

Le marché public de la localité n’est pas digne de ce nom. Il est constitué de quelques hangars qui remontent à Mathusalem. Comme la plupart des localités au Togo, Alokoegbé subit une misère aiguë. Un sentiment de laissé-pour-compte règne parmi les populations. « On a fait une adduction d’eau qui irrigue les rizières de Kovié et de Mission Tové. C’est une canalisation qu’on a faite mais, rien de tout cela ne profite à la population. C’est la misère dans tous les ménages. Les gens n’ont aucune activité », évoque Nestor Kove. A part les travaux champêtres pour une agriculture de subsistance, la seule activité pour les jeunes reste le Zémidjan (taxi-moto). L’alcool et la drogue sont devenus des exutoires pour la plupart d’entre eux.

Le retard de développement de la localité est également lié à des superstitions qui freinent le retour des cadres du milieu à même d’investir dans le milieu. «Ce n’est pas qu’il n’y a pas de volontés qui veulent investir dans le village. Mais, une fois que tu mûris un projet et que tu en parles aux parents au village, ils te dissuadent automatiquement. Ils te rappellent des exemples de ceux qui ont tenté d’entreprendre dans la zone et qui ont perdu facilement leur vie sans être parvenus à concrétiser leurs initiatives. Et c’est comme cela, on noie les initiatives, et c’est dommage », explique tout triste, sous le sceau de l’anonymat, un cadre ressortissant du village. Plusieurs autres personnes ont confirmé l’existence de cette mentalité qui continue de retarder Alokoegbé, pourtant un village au passé glorieux.

Shalom Ametokpo


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