C’est un feuilleton tragique qui dure depuis plusieurs années, et bien malin celui qui pourra envisager la fin. Tout a commencé dans la nuit du 12 au 13 avril, un week-end de Pâques en 2009 où le domicile de Kpatcha Gnassingbé a été pris pour cible à l’arme lourde par une unité de la FIR (Force d’intervention rapide) des FAT, avec à sa tête un certain Félix Abalo Kadanga aujourd’hui Chef d’Etat-major. C’est le début d’une fracture ouverte entre l’ancien ministre de la Défense et son frère président.

Les rumeurs évoquaient des divergences entre les deux hommes qui se sont emparés du pouvoir en 2005 dans un bain de sang en mettant au pas l’armée et ses généraux. Mais l’assaut de la nuit de Pâques marquait un point de non-retour. Kpatcha fut aux arrêts avec certains de ses complices supposés ou réels.

Après plus d’un an, de détention au secret marqué par des tortures sur certains détenus, les prévenus passent au jugement. Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés écopent de 10 à 20 ans de prison ferme à la suite d’une parodie de procès. Non satisfaits du verdict de la justice togolaise, les condamnés saisissent la Cour de justice de la CEDEAO qui, après moult tergiversations et rebondissements rend une décision dans laquelle elle affirme que les prévenus n’ont pas eu droit à un procès équitable, que leurs droits n’ont pas été respectés et condamne l’Etat togolais à leur verser des dommages.

Cette décision de la Cour de justice de la CEDEAO a été à peine respectée par le régime de Lomé. Le même sort a été réservé aux conclusions du Groupe de travail des Nations Unies de l’ONU, qui à plusieurs reprises, a exigé la libération des détenus.

Cela fait donc plus de 8 ans que Kpatcha Gnassingbé et compagnie végètent dans les prisons de Lomé, Tsévié, Atakpamé et Sokodé sans aucun espoir d’une prochaine libération. Pour eux, l’espoir est perdu tout comme pour leurs familles. C’est sans doute l’un des dossiers qui plombe l’hypothétique processus de réconciliation du HCRRUN piloté par la sulfureuse Awa Nana-Daboya celle-là même qui était présidente de la Cour de Justice de la CEDEAO qui a rendu l’arrêt que l’Etat togolais n’a pas totalement respecté.

Le reliquat des condamnés de la ténébreuse affaire d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat vont-ils purger la totalité de leurs peines ?

Il n y a que Faure Gnassingbé qui puisse décider de leur sort en usant de son droit de grâce. Visiblement, il ne semble pas pressé de le faire. Quant aux condamnés, ils n’ont d’autre choix que la patience, et elle semble bien longue.
L'ALTERNATIVE

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