Depuis l’adoption du statut de l’opposition en juin 2013, l’ANC, parti dissident de l’UFC, a toujours du mal à accepter ce parti comme membre de l’opposition ; la seule raison est que l’Union des Forces de Changement est membre du gouvernement et soutient le plus souvent les actions de la majorité parlementaire. Le Parti de Jean-Pierre aurait-elle oublié que, la loi sur laquelle il se base pour se réclamer chef de file de l’opposition, est la même qui reconnait l’UFC comme parti de l’opposition parlementaire ?

Jusqu’à quand les oppositions togolaises vont se rassembler pour constituer une opposition contre le parti au pouvoir ? Sinon, à l’allure actuelle, cela n’arrange que le pouvoir d’avoir des opposants non encore mâtures et militant seulement pour leurs intérêts faisant croire qu’ils luttent pour la cause nationale. Après 22 ans de marche vers la démocratie au Togo, c’est triste que la problématique de tel est de l’opposition et tel autre n’en est pas, n’est pas encore révolue. Le nouvel appât qui a ressuscité ce débat est le Conseil National de Suivi de la Décentralisation (CNSD) ; cadre au sein duquel huit places ont été octroyées à l’opposition parlementaire.

Me Isabelle Améganvi, à qui on a confié de droit les huit places entre les députés de l’opposition parlementaires, a consulté tous les autres groupes de députés, sauf ceux de l’UFC ; et c’est une décision justifiée selon elle. « Un parti politique qui participe à l’action gouvernementale, qui soutient l’action du gouvernement, qui a des ministres au gouvernement, qui au parlement vote et réagit de la même manière comme la majorité parlementaire, n’a rien à faire au sein de l’opposition », a-t-elle indiqué ce lundi sur la radio Nana Fm.

Cependant, la loi portant statut de l’opposition est claire : d’abord, « l’opposition s’entend de l’opposition parlementaire. Elle comprend le ou les partis et regroupements de partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale, ainsi que les députés qui y siègent, et qui ont remis au bureau de celle-ci une déclaration indiquant leur appartenance à l’opposition », souligne l’article 2 de ladite loi. Ensuite, être au gouvernement n’efface pas son appartenance à l’opposition parlementaire. L’article 3 poursuit l’article que, « toute personne appartenant à un parti ou à un regroupement de partis politiques de l’opposition peut, à titre individuel, accepter de participer au gouvernement ».

L’ANC ne reconnait-elle pas les dispositions de ce statut de l’opposition ? Ou bien, elle joue sur les dispositions selon qu’elles lui conviennent ?

Pour le premier cas, le parti présidé par Jean-Pierre Fabre reconnait bel et bien le statut de l’opposition qui a conféré à son mentor, le titre de « Chef de file de l’opposition » ; un titre que l’intéressé et son parti brandissent toujours comme un trophée de guerre.

Même dans cette affaire de composition du CNSD, le parti orange a adressé un courrier au ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des Collectivités locales. Lettre dans laquelle l’ANC fait savoir au ministre Boukpessi que c’est bien que Jean-Pierre Fabre fasse partie de ce Conseil, puisque c’est son droit institutionnel. « La place spécifique du chef de fil de l’opposition dans le CNSD répond au caractère institutionnel, conformément à la loi », peut-on lire dans le courrier.

Il apparait alors que l’ANC est à classer dans le second cas, vu que le parti ne fait usage de ce statut que lorsque cela l’arrange. L’ANC est réconforté dans cette manière par le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Le parti présidé par Me Yawovi Agboyibo, préconise carrément « l’abrogation d’un tel statut qui laisse la latitude à un parti qui siège au gouvernement de s’accaparer des places qui reviennent à l’opposition dans les institutions ».


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