Togo : Les évenements de la répression barbare sur le Campus de Lomé

FAURE GNASSINGBE , IL FAUT LAISSER LES ETUDIANTS TOGOLAIS EN PAIX


Constamment vanté comme la panacée pour le développement du Togo, le programme d’Urgence pour le Développement Communautaire (PUDC) commence à prendre l’eau. Ce gouffre financier dans lequel le Chef de l’Etat a été entrainé souffre aujourd’hui d’une véritable structuration, d’organisation et voire de gestion. Nous avons à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme sur ce gouffre financier qui vient s’ajouter à la multitude, tout comme dans le cas de l’OTR de Gapéri, nous avons été traités des oiseaux de mauvais augure. De la même façon que l’OTR subi des désaveux du gouvernement avant que Gapéri ne soit évincé, le PUDC nourrit déjà des inquiétudes. C’est la Ministre du Développement à la base, la superstar du PUDC qui est mise en cause.

C’est avéré, Victoire Dogbé, Directrice de cabinet de la Présidence, Ministre de Développement à la Base, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, marraine attitrée de PROVONAT qui s’est mué en ANVT, FNFI, ANADEB, AJSEC et du PUDC, est la superstar du Togo. Deux à trois apparitions au journal télévisé presque tous les soirs pour vanter l’un au l’autre produit, dame Sidémého commence à mal étreindre. Elle trop embrasse. C’est donc le fameux Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) qui risque de l’éclabousser, tant les failles dans la gestion de ce projet sont grandes.

En témoigne les décrets portant organisation du PUDC qui remontent les bretelles aux soutiens gorge de la Ministre à tout faire : « Le quatrième décret adopté par le conseil porte modification du décret N° 2016- 003/PR du 03 janvier 2016 portant création du programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). Nous rappelons que le PUDC qui est dans sa première phase, est un programme prioritaire dont la mission est d’améliorer sensiblement l’accès des populations aux services sociaux et économiques de base, dans les zones peu ou mal desservies et ainsi d’accélérer la réduction de la pauvreté et des inégalités. »

Le conseil des ministres a défini le cadre originel d’organisation du Programme qui est biaisé aujourd’hui et qui fait du projet une vache à lait. Le cadre stratégique n’était sûrement pas respecté puisque rattaché à la Présidence de la République où donc trône la Directrice de cabinet qui trouve le raccourci pour passer à la tronçonneuse les 155 milliards de l’Etat togolais. Ce conflit d’intérêt est vite corrigé même si les dégâts occasionnés après cette brève gestion sont énormes : « Pour la mise en œuvre du PUDC, il est prévu un cadre organisationnel de coordination et de supervision. A la mise en place effective du comité de pilotage tel que prévu par le précédent décret, il s’est avéré nécessaire de placer ledit cadre organisationnel et de supervision à un niveau stratégique, Présidence de la  République, pour assurer un suivi des actions. Ce comité est désormais présidé par le Premier ministre et composé des ministères techniques concernés par le programme. »

Les dégâts pourraient être limités si le Premier ministre prend de la hauteur et la responsabilité dans la rigueur que le Chef de l’Etat lui demande. Puisque le conseil des ministres a donné les raisons qui expliquent cette affectation qui n’honore pas une gestion saine des deniers publics : «  Le présent décret vise à corriger les faiblesses organisationnelles et structurelles constatées et à favoriser une implémentation plus rapide et plus efficiente du programme pour le plus grand bien des populations. »

Cette motivation qui est d’une extrême gravité devrait susciter des remous. Mais cela n’a point préoccupé la plupart des acteurs de développement qui sans doute n’ont pas été sensibilisés à comprendre les contours du PUDC, à plus forte raison sa gestion. Les réalisations du PUDC souffrent de beaucoup de tares. Les projets ne sont pas sociologiquement bien conçus, des études adéquates ne sont pas faites. C’est donc pourquoi les pistes sont tracées là où il n’en faut pas en priorité, les marchés construits ou en chantier ne répondant pas à la volonté des populations alors que d’autres localités souffrent de ces infrastructures qui ne sont pas au rendez-vous.

D’après les informations, les réalisations se font selon l’humeur et la présence des militants du parti au pouvoir UNIR. C’est donc un programme politicien. C’est pourquoi, alors que des marchés célèbres d’Asrama, de Tététou, de Tohoun, de Gléi végètent sous les branchages de palmiers, le gouvernement togolais sous la houlette de Victoire Dogbé préfère aller jeter un marché à Akparè, une localité enclavée qui a plus besoin de piste que de marché, et ailleurs à Gamé Séva ou des hangars s’ennuient à se voir abriter par les commerçants. C’est ça la gestion du PUDC.

Les entreprises qui avaient déjà obtenu des marchés et qui ne l’ont pas exécutées en raison du non paiement par le gouvernement des fonds se voient dédoublés par le projet PUDC. Pour des intérêts cachés, on préfère créer de nouvelles offres et de la attribuer dans la corruption aux proches. Vive donc le népotisme à la tête de l’Etat !

Contrairement au Sénégal où l’on a connu un certain succès du PUDC pour le bien-être des populations, au Togo c’est dans la pure gabegie que cela se fait.

Le Chef de l’Etat a compris, certes tard qu’il fallait mettre fin à la récréation. C’est pourquoi le pilotage du PUDC quitte la Présidence pour la Primature. Une bonne nouvelle pour les acteurs de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite.

L’Assemblée nationale devrait avoir la présence d’esprit de comprendre cette affectation, mais ce n’est pas commun au Togo.

Le coup d’envoi de la mise en œuvre du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC) a été donné le 30 juin 2016 à Mandouri (650 km à l’extrême nord de Lomé) par le Chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé.

Ce programme doté de plus 155 milliards de francs CFA (environ 258 millions de dollars US) et piloté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), devrait viser  à améliorer de façon significative les conditions de vie des populations vivant dans les zones peu ou mal desservies par les infrastructures et services sociaux et économiques de base et la réduction des inégalités sociales au Togo.

Mais contrairement à cet objectif, il creuse encore plus l’écart et de disparités entre les couches avec la gestion hasardeuse assignée par Victoire Dogbé.

Carlos KETOHOU
independantexpress



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