FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


Au Togo, l’exécution des travaux publics se révèle à chaque fois comme un canal rempli d’anomalies de toutes sortes. Que ce soit les édifices publics au sens propre du terme ou les projets financés par l’Etat ou les partenaires, l’opacité qui entoure le financement et l’exécution desdits travaux finit à chaque fois par révéler que des comportements qui fossoient l’économie nationale et la viabilité du patrimoine national sont toujours d’actualité.

Outre le scandale de la route Lomé-Vogan-Anfoin sur lequel des soupçons de détournement de plus de 10 milliards pèsent, un autre chantier retient l’attention depuis quelque temps. Il s’agit du Projet de Réhabilitation et de Renforcement de la route Atakpamé-Blitta.

Distant de 102 km, la réhabilitation du tronçon Atakpamé-Blitta est confiée à l’entreprise israélienne SBI International Holdings AG (SBI) pour un coût total de 49 milliards FCFA. Une fois les travaux commencés, des découpages ont été imposés : 88 km d’abord, 9km après puis 5 km enfin. A ce jour, d’une manière générale près de 88% de l’ensemble des travaux est terminé et c’est à ce niveau que les difficultés commencent par se faire sentir en ce qui concerne l’exécution du reste. Un premier constat est frappant dans le cas d’espèce, c’est le rétrécissement de la chaussée au niveau des ponts et ponceaux, ce qui est un vrai danger pour les usagers. Sur le fond, 88 km ont déjà été bouclés. Les 14 km restants qui vont des environs du parking pour gros porteurs de Djerehougnè jusqu’à l’entrée de la ville d’Atakpamé sont encore impraticables, ce qui est la cause des déviations. Selon les riverains, cette portion connaît des difficultés dans l’avancement des travaux. Les investigations révèlent en effet que les 49 milliards déboursés pour tout le projet sont presque épuisés.

A ce jour, la SBI se débrouille avec les 9 km de la deuxième portion alors que la troisième longue de 5 km et qui doit déboucher sur la ville d’Atakpamé n’est pas encore entamée. D’autres révélations font état de l’exécution de certains travaux qui n’étaient pas prévus dans le cahier de charges de la SBI au moment de la signature du contrat de financement avec l’Etat togolais. Il s’agit notamment de la construction d’une route bitumée de 3 km qui va de la Nationale 1 au domicile de Faure Gnassingbé situé à l’ouest de Blitta. Cette voie qu’on a fini par dénommer « rue connexe » va du côté sud de la Station Total de Blitta-Gare jusqu’à l’intersection de la rue qui longe le CEG Blitta-Gare-1. Pour pouvoir l’ériger, la SBI a été obligée de dédommager les propriétaires des terres traversée par la voie, ce qui n’était pas prévu. Par ailleurs, la convention de financement signée entre l’Etat togolais et la SBI disposerait que des doubles voies devraient être érigées dans certaines agglomérations comme Anié, Nyamassila, Langabou, Agbandi, Yaloumbé et Blitta. Mais au finish, c’est uniquement à Blitta que l’on peut constater cette particularité de la route pourtant inscrite dans les attributions de la SBI.

Qu’est-ce qui a empêché son exécution dans les autres agglomérations ? S’agit-il d’une insuffisance des ressources financières ou les termes du contrats ont-ils été modifiés pendant son exécution ? Eu égard à cette situation, l’on peut facilement prévoir que le démarrage des travaux sur la troisième portion, longue de 5km n’est pas pour aujourd’hui. L’architecture de cette partie exige la construction d’un grand pont et plusieurs ouvrages annexes. Les ressources financières conséquentes seraient donc loin d’être réunies, ce qui selon des sources introduites à la SBI pousserait le gouvernement à faire un appel d’offre pour son financement.

Eu égard à cette situation, ne serait-il pas aisé de conclure que la construction sur fonds publics d’une route pour desservir une résidence de Faure Gnassingbé serait la cause de la paralysie des travaux de réhabilitation de la Nationale 1 ? A cette question, le Directeur du Projet Marc Komlagan apporte des réponses. Selon lui, les rues connexes sont au nombre de deux et seraient définies par une commission mixte comprenant la Mairie, la Direction des Travaux Publics et le ministère. Outre celle de Blitta qui va de la Nationale n°1 à la Résidence de Faure Gnassingbé, il y a une autre à Atakpamé et qui va de Gbekon à l’Ecole Normale Supérieure. Selon ses propos, ces deux voies sont prises en compte par le financement conjoint de la Banque Africaine de Développement (88%) et de l’Etat togolais (12%).

Abordant la lenteur des travaux, il a relevé que la SBI n’est pas la seule à entreprendre toutes les tâches qui entrent dans la réalisation du projet. La destruction des maisons et l’indemnisation des propriétaires se feraient par une commission et la SBI se doit d’espérer que celle-ci finisse dans un endroit donné avant d’y poser son matériel de travail. Par ailleurs, les 88 premiers kilomètres auraient été dénommés « tranche ferme » et ce sont les économies réalisées lors de son exécution qui ont servi à financer la « tranche conditionnelle » que constitue le tronçon Djerehougne-Atakpamé. Les doubles voies ne seraient pas programmées dans le cahier de charge de la SBI mais un élargissement de la chaussée dans certaines agglomérations à hauteur de 13 mètres.

Ce qu’il faut cependant retenir, c’est que la rue connexe de Blitta soit définie et tracée en direction d’une Résidence inhabitée de Faure Gnassingbé alors que les rues de Blitta-Gare et de ses villages voisins continuent par être couvertes de poussière et de latérite. En quoi consiste le rôle social des entreprises qui en dehors de la main-d’œuvre locale devraient poser des actes en faveur des habitants des localités où elles sont en chantier ?

Source : Kossi Ekpé, Le Correcteur



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