La CSET entamera une énième grève de trois jours à compter de lundi 6 mars, en plein durcissement des tensions avec le ministre Gilbert Bawara Pression.  « La Coordination des syndicats de l’éducation du Togo appelle tous les enseignants à observer une grève de trois jours pour le lundi 6 marsn mardi 7 mars, et mercredi 8 mars reconductible si aucune solution n’est trouvée », indique la CSET dans un communiqué.

La CSET met la gomme et demande au gourvenement le remboursement « [immédiat] des précomptes abusivement et arbitrairement effectués sur les salaires, ce qui ne respecte aucun principe à la matière« , ajoute le communiqué.

La CSET, visiblement remontée contre le gouvernement, intime aux enseignants de « cesser immédiatement [la correction] des copies des devoirs surveillés,  des compostions et de remplir les bulletins« .
L’école publique togolaise repartira donc  lundi dans une semaine de grève alors que la précédénte a été émaillée de grèves et de manifestations d’élèves dans la rue dans plusieurs villes de l’intérieur.
La CSET manifeste son désaccord de l’accueil par le  gouvernement des conclusions des travaux du Groupe de travail, surtout le refus de considérer la plate-forme de revendication des primes.
Le ministre Bawara a expliqué que face à l’ampleur des défis et des besoins auxquels le secteur éducatif est confronté, il est nécessaire d’évaluer leurs impacts financiers et budgétaires avant de se déterminer.

Les syndicats s’insurgent contre cette saillie du ministre et accuse le gouvernement  de dialatoire pour gagner du temps. « Un dilatoire pour piéger les syndicats et noyer leurs revendications« , déclare un enseignant du Lycée de Dapaong au Temps. Qui sème le désordre  à Siou ?

Au même moment, des incidents sur le terrain exacerbe le mécontentement des syndicats. A Siou (préfecture de Doufelgou), des enseignants sont expulsés des salles de classe par des parents d’élèves. Les parents d’élèves affirment agir sur « ordre de la diaspora« .
De quoi se mêle la dispora, s’indigne un enseignant ? « C’est le ministère de l’Enseignement qui nous a envoyés ici et non une nébuleuse diapora ! », ajoute un  autre enseignant contacté sur le terrain.

« Que de tels agissements se produisent dans la ville d’origine du ministre de la Fonction publique, est incompréhensible et proprement scandaleux. Certaines hautes autorités du pays  pour sauver leur poste attisent les braises de l’ethnocentrisme. Le ministre aurait  rencontré les enseignants de Siou et leur a dit qu’ils n’auront rien, qu’il est maitre de son ministère et en fait de ce qu’il veut », a déclaré ce syndicaliste.

A Dapaong (600 kms de Lomé), ce 4 mars, des enseignants et une partie de la population ont manifesté pour appeller à la démission du ministre Gilbert Bawara. Une marche gigantesque comparable à la taille de cette ville.

Les solutions de Gilbert Bawara
Quiproquo. Le vendredi 3 mars, à la télévision nationale, le ministre de la Fonction publique, Gilbert Bawara, avait pourtant brandi les travaux du Groupe de Travail comme un trophée de guerre, rassurant les parents d’élèves quant à la fin des problèmes de l’école.

Les travaux se sont déroulés dans une ambiace de « fraternité, de compréhension mutuelle et de responsabilité« , a -t-il affirmé.
Il a décliné les avancées du gouvernement en matière d’emploi dans le domaine éducatif: 13.000 enseignants auxiliaires intrégrés, 1045 enseignants de l’enseignement confessionnel récemment pris en charge à travers une subvention de l’Etat.
De même des mesures seront prises en vue de la cessation des affectations punitives, et le règlement de certaines questions liées à la sécurité sociale. Et une décision concernant le statut particulier de l’enseignant sera prise avant la rentrée académique 2017-2018.
Cependant ces « avancées » sont loin de satisfaire les enseignants car elles sont éloignées de la plate-forme de revendication soumise au gouvernement depuis le 22 août 2016. En réalité, le statut particulier devrait être appliqué depuis 2014.

Contrairement aux déclarations du ministre, le groupe de travail recommande aux autorités gouvernementales de communiquer aux enseignants dans les meilleurs délais, la suite à réserver à la demande de revalorisation de la prime de la fonction enseignante. En clair de communiquer un calendrier cohérent aux parties.
LE TEMPS

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