Etat comateux des hôpitaux, matériels désuets, plaintes incessantes des patients, déficit entre les ressources injectées et les recettes engrangées. Tel est le tableau peu reluisant que présente la majorité des structures sanitaires du Togo en manque total d’efficacité. Une délégation du ministère de la Santé et de la Protection Sociale conduite par le professeur Moustafa  MIJIYAWA était jeudi dernier à Blitta dans la région Centrale (284km au Nord de Lomé) où elle a eu à rencontrer les responsables hospitaliers avec qui elle a discuté des réformes envisagées en vue de donner une nouvelle vie aux structures sanitaires togolaises.

« L’approche contractuelle », c’est la solution magique qui a été trouvée pour résoudre le problème. La finalité de cette approche -en réalité une sorte de Partenariat Public-Privé- réside dans le souci de mettre des soins de qualité à la disposition de la population tout en permettant aux formations sanitaires de garder leur statut public, de même que les agents qui y travaillent. La mise en œuvre de cette approche a été amplement discutée entre le ministre de la Santé et les premiers responsables des structures sanitaires de Blitta et Atékpamé au cours d’une réunion élargie aux autorités politiques, administratives et religieuses.

Selon le ministre MIJIYAWA, l’Etat ne perdra aucune de ses prérogatives en mettant en œuvre cette approche. Le rôle du contractant se limitant exclusivement à une délégation de gestion. « La contractualisation n’entrainera pas d’augmentation du coût de consultation, des examens ni des hospitalisations », a-t-il laissé entendre.

Les différents acteurs et les populations ont marqué leur adhésion à ce projet porté par le Chef de l’Etat, et ont souhaité la rapide diffusion de la réforme à l’ensemble des formations sanitaire du Togo. « L’approche contractuelle permettra à l’Etat de disposer des structures et formations sanitaires de meilleures qualités à travers des sociétés spécialisées dans la gestion économique et des ressources humaines pour rationaliser la gestion afin une orthodoxie dans les finances. Il y a un fossé entre les ressources injectées et les résultats obtenus et ce fossé s’explique notamment par l’insatisfaction de  de la population,  ce que traduit notamment le faible taux de fréquentation et d’hospitalisation dans les structures publiques de soins. L’approche contractuelle est fondée sur le principe de délégation de la  gestion des structures  à une entité étrangère à l’hôpital, c’est-à-dire que l’Etat signe un contrat avec une société spécialisée dans la gestion des hôpitaux à qui, il délègue la gestion, mais la seule gestion c’est-à-dire que  la  structure reste publique, les fonctionnaires gardent leur statut de fonctionnaires et les équipements sont achetés par l’Etat, la réparation des équipements est faite par l’Etat donc le rôle de la société contractante se limite avant tout à la gestion du personnel, des équipements et des sous… », a expliqué le Professeur MIJIYAWA.

L’approche contractuelle, a dit Dr Tcheou Dadou PIKEDINAM, Directeur préfectoral de la santé de Blitta, va beaucoup apporter à l’hôpital de Blitta surtout dans la gestion de toutes les ressources humaines, matérielles, financières qui sont mises à sa disposition. « L’approche contractuelle pour nous reste un tournant décisif sinon salutaire pour l’hôpital, pour que les populations qui viennent à l’hôpital puissent donc bénéficier des services de qualité de façon durable et à moindre coût », a-t-il indiqué. La réforme est la bienvenue, a-t-il. Selon lui, l’approche contractuelle dont il est question permettra à terme de lutter contre la mauvaise gestion des structures sanitaires du pays pour le plus grand bien des usagers. Il s’agit, a dit pour sa part, Dr. Edorh Hokaméto, Directeur régional du centre hospitalier d’Atakpamé, d’une approche destinée à « lutter contre la corruption, les raquettes des patients, la vente parallèle de médicaments par les gardes malades, le retard du personnel ». « Il n’est pas surprenant de voir des matériels de l’hôpital se retrouver dans les marchés alors que les besoins sont criards dans les hôpitaux. Trop de complicités et de mauvaise foi dans le travail, il faut aller réellement à la gestion efficace et saine de l’hôpital, voilà le pourquoi l’approche contractuelle s’impose nécessairement », a-t-il défendu.

Il faut faire noter que les hôpitaux de Blitta et d’Atakpamé sont deux des trois sites retenus pour la phase pilote de la contractualisation des unités de soins du Togo dans le but d’améliorer l’accessibilité de toutes les couches sociales aux services de santé de qualité à travers une utilisation optimale des ressources disponibles.

Deux structures ayant fait leurs preuves dans le domaine ont été retenues, apprend-on de sources proches du ministère de la Santé. Ce sont notamment la structure belge « Memisa », chargée de gérer les départements du laboratoire, de la radiologie imagerie et de la morgue du CHU Sylvanus Olympio et la française « Entraide médicale internationale» qui aura entre les mains, la gestion de l’hôpital régional d’Atakpamé et de l’hôpital du district de Blitta.

Fabian A.


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