Le rallongement du congé de Pâques du 27 mars  au 3 mai 2015 décidé  par le gouvernement le vendredi dernier pour des raisons de sécurité, fait déjà grincer des dents au sein de la société civile.



Invités ce dimanche dans l’émission « 12-13 » de la radio Nana FM, Magloire Kuakuvi (photo),  responsable de la Plateforme citoyenne, justice et vérité (PCJV) et Tchacondo Ouro-Bossi, président du Centre d’observation et de promotion de l’Etat de droit au Togo (COPED-Togo) ont unanimement condamné cette mesure prise par le gouvernement.

 

« Nous sommes en plein au XXIème siècle et l’idéologie qui consiste à dire aux pauvres Africains, vous serez un pays émergent  avec la sécurité et l’armée comme priorité, ça fait sourire au XXIème siècle, un pays qui n’a pas pour priorité au XXIème  siècle la santé et l’éducation ne se développera pas. Vous notez la date et l’heure et on en parlera à l’horizon 2030 si nous sommes en vie », c’est en ces termes que l’enseignant des Universités du Togo a exprimé son amertume.

 

Il n’a pas manqué d’enfoncer le clou en disant que  c’est avec grande tristesse qu’il voit se dérouler le rouleau social de son pays en plein XXIème siècle, « surtout quand on constate que dans la sous-région tout le monde avance, sauf le Togo qui a la tête dans le 3ème millénaire et les pieds au Moyen âge », a-t-il ajouté.

 

Pour son confrère, l’ancien ministre Tchacondo Ouro-Bossi, ce report est  l’expression d’une société profondément divisée où  les composantes ne sont  pas capables de s’asseoir et de discuter.

 

« Dès l’annonce de ce report, je me suis demandé si c’est la meilleure solution, le mieux ce n’est pas de chercher à régler le problème ? S’ils veulent reporter la rentrée et mettre le temps à profit pour discuter avec les enseignants, je dirai pourquoi pas mais seulement ce n’est pas le temps qui manque, c’est la volonté de part et d’autre. Ceux qui ont la charge de nous gouverner ont la charge peut-être d’être transparents, le pouvoir n’est pas transparent », a-t-il regretté.

 

Pour justifier ce report de la rentrée des élèves, les autorités togolaises disent ne pas être en mesure de sécuriser les mouvements sociaux qui secouent l’administration publique, avec en toile de fond les grèves à répétition de la Synergie des travailleurs du Togo (STT) et la sortie des élèves dans les rues, et le processus électoral.

 

« Parce que nous sommes en période électorale et que les forces de sécurité qui doivent garantir la paix et la sécurité de tous seront dirigés vers la protection du scrutin et de tout le processus électoral, nous ne pourrions pas laisser nos enfants rentrer dans des conditions qui sont telles que s'il y a  des situations de violence, nous ne pourrions intervenir avec efficacité », a laissé entendre le premier ministre, Arthème Séléagodji Ahoomey-Zunu, à l’annonce de la mesure.

 

Telli K.
Afreepress


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