Togo: Entités togolaises identifiées comme « alignée sur Faure Gnassingbé »et/ou considérée comme un agent satellite d’UNIR



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Manifestations des 25, 26 et 28 avril 2018 au Togo



« La dictature, c’est « ferme ta gueule » », (Jean-Louis Barrault)

C’était suffisamment prévisible. La montée de la tension consécutive à l’interdiction des manifestations annoncées pacifiques les 11, 12 et 14 avril 2018 n’était que le présage des scènes d’affrontements et de violences dont nous avons eu la démonstration hier à Lomé et dans les villes de l’intérieur.

Du côté du parti à l’emblème de l’oiseau dépourvu de ses ailes (RPT/UNIR), on justifie le déploiement des forces de défense et de sécurité par la mesure d’interdiction desdites manifestations et par l’impérieuse nécessité de rétablir l’autorité de l’Etat. Autorité de l’Etat ? Au nom de l’Etat de droit, oui, l’autorité de l’Etat doit s’exercer. Sinon, nous serions tous dans un Etat où régnerait l’anarchie …même si dans un certain nombre de secteurs, notamment économiques, nous ne sommes pas si loin de ce schéma. La force matérielle, dernier recours, est censée se mettre au service de la justice. Et la justice devrait demeurer le substrat de notre société et de notre bon vivre. L’autorité de l’Etat devrait-elle signifier pour autant soumission inconditionnelle aux décisions arbitraires des autorités, sur fond de violation des libertés individuelles et collectives ? Suffit-il qu’un seul décide pour que son diktat vaille loi ?

Dans ce cas, notre pays est véritablement une dictature, un régime despotique où un seul, par sa volonté, peut violer en toute impunité les lois que toute la communauté s’est prescrites. En réalité, l’autorité de l’Etat ne peut s’exercer en dehors du cadre légal. Or, les agissements de nos gouvernants depuis quelque temps illustrent à loisir une volonté irrévocable de faire entorse aux lois de la République. Dans aucun pays au monde, l’on ne peut brandir un compromis politique que l’on viole allègrement pour justifier des dérives autoritaires. L’autorité de l’Etat s’exerce dans le respect, disons plutôt dans la soumission de « l’autorité » à la légalité.

Mais, comme ici, les Gnassingbé ne connaissent que le langage de la force brute, ils ont frappé sans discernement, à l’aveuglette. Ceux qui tentent de résister à l’anormal et à l’illégal sont considérés comme des truands et des gangsters ne cherchant qu’à se mettre en marge de la « légalité » réécrite, selon les circonstances et au gré de leurs intérêts par les tenants de l’ordre ancien. Ainsi inversent-ils les rôles en traquant tous ceux qui se dressent en travers de leur chemin. La loi, c’est Faure Gnassingbé. La justice, c’est encore lui. Et ce qu’il a décidé, c’est l’organisation d’un référendum envers et contre tout. C’est également l’organisation des locales et législatives sur la base d’un fichier qui inspire tout sauf la confiance. Avec des institutions aussi controversées que les hommes qui les animent.

Avec cette nouvelle épreuve de force, il va sans dire que le dialogue amorcé est voué à un échec programmé, s’il n’a déjà échoué. Le drame, c’est que rien n’augure d’une issue heureuse ni des perspectives rassurantes pour notre pays.
Meursault A.
LIBERTE TOGO


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