décembre 12, 2018
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Togo Syndicalisme et politique au Togo / Des responsables syndicaux en parlent (Interviewes) ""Lorsque j’ai faim, je n’ai pas besoin d’être manipulé par un parti de l’opposition avant de dire que j’ai faim"" Featured

Il est souvent le procès que les gouvernants togolais formulent très souvent contre les leaders et organisations syndicales. C’est le glissement des revendications syndicales sur le terrain politique. Le sujet est revenu dans l’une des interpellations des participants au Forum Solidarités sociales du Togo (FSSTT) dont les travaux ont lieu depuis mercredi à Kpalimé. Se soumettant à l’exercice des interviewes, en marge de ces travaux, des responsables de certains syndicats et centrales syndicales très actifs sur le terrain au Togo ont donné leur avis sur le sujet.

Voici leurs avis....


Ayao Gbandou, SG FTBC (Fédération des Travailleurs du Bois et de la Construction) : ""Lorsque j’ai faim, je n’ai pas besoin d’être manipulé par un parti de l’opposition avant de dire que j’ai faim""

Ce sujet de temps en temps apparait dans des débats publics concernant le rôle de l’organisation syndicale vis-à-vis du contexte national ou régional dans le cadre de certaines décisions politiques. Au fait, il faut être conscient de ce que chacun joue son rôle. Que ce soit le gouvernement ou les organisations syndicales, ou leurs leaders, mais lors qu’il y a un débat public, un débat national, un sujet qui touche les intérêts des travailleurs, aucun gouvernement n’a le pouvoir d’interdire aux travailleurs de prendre position par rapport à ce sujet. Lors qu’un pays est en crise et qu’on constate que ça a des conséquences sur les entreprises, les travailleurs et leurs familles, nous ne voyons pas pourquoi les travailleurs ne pouvaient pas prendre position pour dire, écouter, si vous ne faites pas attention, vous allez mettre tout le pays en péril. Et si c’est ça qui est faire de la politique, alors, nous certains, nous disons, que, alors, nous faisons de la politique. Mais, l’organisation syndicale par rapport à son rôle dans la cité, ses fonctions fondamentales, dans la cité, tout sujet qui touche l’économie, le social et dont le gouvernement est comptable doit rencontrer sur son chemin les organisations syndicales vis-à-vis de leurs points de vue.

Si je suis leader syndical, je constate que les travailleurs n’ont pas un bon pouvoir d’achat, n’ont pas une meilleure protection sociale, que les droits syndicaux et les droits de l’homme sont violés, alors, en tant qu’organisation syndicale, je dois forcément prendre position. Donc l’organisation syndicale, dans sa quintescence, et dans sa fonction logique de fonctionnement lutte pour la justice sociale et tout ce qui est contre la justice sociale doit être considéré comme une action syndicale, une action pour les travailleurs qui sont leurs propres représentants mais aussi les représentants de leurs familles. Et par ricochet, tous ces éléments sont en lien avec ce que cherche les peuples de tout les temps.

Alors, la responsabilité des organisations syndicales dans tout le processus de lutte pour l’instauration de l’État de droit, de la démocratie, et tius ceux qui sont à l’encontre de ces principes fonndamentaux doivent trouver les travailleurs et les organisations syndicales sur leur route. Et si c’est ça qui est, faire de la politique, nous acceptons aisément que nous sommes en train de faire la politique. Pour nous en tant que leader et organisation syndicale, ce n’est pas la politique que nous sommes en train de faire mais nous sommes en train de voir comment on peut gouverner le pays dans une logique de paix sociale, pour que tout le monde puissse trouver compte et que le pays puisse connaitre un développement durable. Si le gouvernement est en face et il sait qu’il y a des défis à relever, si l’organisation syndicale est en face et elle sait qu’il y a des défis â relever, pourquoi ne pas s’entendre autour d’une table pour définir la ligne de conduite à tenir. Si l’autorité considère qu’on est en train de faire de la politique, ou qu’on est manipulé par les partis de l’opposition, nous sommes au regret, parce que, lorsque j’ai faim, je n’ai pas besoin d’être manipulé par un parti de l’opposition avant de dire que j’ai faim.

Au même moment, lorsqu’on est syndicaliste, la ligne de démarcation àne pas franchir, il faut être conscient de la responsabilité syndicale basée sur les 5 fonctions d’une organisation syndicale et aussi la 6ème qui est celle de proposition. Ainsi, il faut le respect de de la ligne de conduite des mandats qui est la représentativité, celle de l’éducation ouvrière (formation), celle des normes (pour faire appliquer les normes internationales), la ligne de conduite qui est la revendication, celle sociale, le tout conjugué vers des propositions par rapport aux employeurs, par rapport aux gouvernants. Enfin, savoir qu’un syndicaliste ne lutte pas pour aller au pouvoir mais lutte pour les meilleures conditions de vie et de travail de ses collègues, de ses mandants. Comme quoi, un syndicaliste ne doit pas cautionner l’injustice.

Donc, à tout prendre, c’est un faux alibi qui ne tient pas que de dire que ce sont les partis politiques qui poussent les travailleurs, les organisations syndicales à aller à des revendications.

Poro Egbowou, S.G SYNAMITO (Syndicat National des Mineurs du Togo : ""C’est un faux problème... Les revendications syndicales ne sont nullement liées aux revendications politiques""

Je ne vois pas une corelation entre le syndicalisme et la politique. En réalité, c’est un faux problème. Ce problème n’existe pas, c’est la politique qui essaie d’instrumentaliser les syndicaliste afin de pouvoir les affaiblir. Les revendications syndicales ne sont nullement liées aux revendications politiques. Quand vous voyez nos plateformes, il y a aucune question liée à la politique, Elles sont toujours liées aux revendications des travailleurs pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, et de séurité. Et donc, je ne trouve pas de corelation entre les deux.

La ligne rouge à ne pas franchir par un syndicaliste est celle du respect des textes en vigueur. Les revendications doivent concerner les travailleurs dans le secteur dans lequel vous exercer sur le plan syndical de manière que dans l’exécution de votre plateforme, qu’aucune question politique n’y figure. Il faudra aussi respecter les procédures prévues par les textes afin de pouvoir être très distant des questions politiques.

Atintoh Mathurin, Conseiller STT : "" C’est un raccourci de dire que les partis politiques nous manipulent ou nous poussent à des revendications""

C’est une vieille réthorique que notre gouvernement utilise à chaque fois que notre gouvernement se trouve en difficulté, par les organisations de la société civile et plus spécifiquement la STT. Quand vous posez les revendications, ils jugent que c’est légitime mais que quelque part vous êtes en intelligence avec les forces politiques qui sont en lutte pour une alternance et que c’est elles qui vous poussent tout comme si nous ne savons pas ce que nous faisons, ou à quoi nous servons. Nous n’avons pas pour vocation de conquérir le pouvoir politique. C’est les partis politiques et notamment les partis de l’opposition qui luttent pour une alternance pour conquérir le pouvoir politique et l’exercer.

Justement, toute entité politique qui se respecte et qui veut conquérir le pouvoir a un projet de société. Et ce projet de société est porteur dess aspirations des couches les plus défavorisées des travailleurs. Donc, nous, si un projet politique prend en compte nos préoccupations, et bien on peut dire que nous sommes en intelligence avec ceux là. Si vous ne vous occupez pas de nos problèmes et que quelqu’un d’autre dise que, quand je vais arriver au pouvoir, je vais m’occuper de votre cas, alors, pourquoi ne pas les épauler.

C’est un raccourci de dire que les partis politiques nous manipulent ou nous poussent à des revendications. La ligne rouge à ne pas franchir en tant que syndicaliste, c’est que quand vous piétinez nos intérêts, vous nous trouverez sur votre chemin. Si un parti politique a un projet qui prend en compte nos préoccupations et quand il arrive au pouvoir, il nous trahit, nous exerçons notre rôle de veille sociale et d’éveil des conscience. Et donc nous serons là en face pour dire que nous ne sommes pas d’accord.

Babaï Abdou-Laminou, Chargé des Normes à la CGCT ( Confédération Générale des Cadres du Togo) : ""La position du syndicaliste doit être strictement celle qui défend les droits et les intérêts des travailleurs""

A la CGCT, notre position, elle n’est pas différente, parce que lors que vous prenez la ligne conductrice des syndicats, il est bien écrit que le syndicat est apolitique. C’est sur cette ligne que nous sommes. Vous n’êtes pas sans savoir que récemment avec les évènements qu’il y a eu au Togo, la Confédération a organisé un atelier auquel un Commissaire du BIT a pris part et a expliqué la ligne de démarcation entre la politique et le syndicalisme. Il est bien vrai que des fois, il y a certains sujets d’ordre politiques mais qui ont des effets sur les travailleurs, mais que le syndicat n’a pas une position à prendre tout en défendant le droit des travailleurs. Il a été dit au cours de cet atelier que, les protagonistes de la crise du Togo mettent l’intérêt des travailleurs devant, parce que, que ce soit celui qui est au pouvoir ou celui qui viendra, il est appelé à travailler avec les syndicats. Et donc, en prenant position, c’est une chose qui n’arrangera pas les travailleurs. Quoi qu’il en soit, le syndicat travaille toujours avec l’employeur quel qu’il soit ou le gouvernement quel qu’il soit.

Mais alors, entre syndicalisme et politique, la ligne de démarcation à ne pas franchir, c’est celle de ne prendre position quelque soit le sujet, une position qui peut amener à vous coller l’étiquette que vous êtes de tel ou tel autre bord. La position du syndicaliste doit être strictement celle qui défend les droits et les intérêts des travailleurs.

Réalisées par G.A.K / T228

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