50 ANS C'EST TROP !!! FAURE MUST GO !!!
« Il ne faut pas céder à l'intimidation»

FAURE GNASSINGBE REFUSE D'ACCEPTER LE RETOUR DE LA CONSTITUTION DE 1992 ET NE VEUT PAS LAISSER LE POUVOIR - PEUPLE TOGOLAIS, IL FAUT PRENDRE VOTRE DESTIN EN MAIN - FAURE DOIT PARTIR

FAURE DOIT PARTIR MAINTENANT - FAURE MUST GO NOW

50 ans de pouvoir ça suffit!

Mango: des manifestants blessés par balles admis à l’hôpital
21 Septembre 2017: Des affrontements à Mango entre les corps habillés,,miliciens du pouvoir et les populations se sont poursuivies toute la journée d'aujourd'hui.Des biens des dignitaires du régime ont été saccagés. Les domiciles des corps habillés ont recu la visite des manifestants qui à leur ont causé des dégâts.
Des jeunes manifestants chassés à coup de gaz lacrymogène à Dékon
21 septembre 2017: Des jeunes manifestants mécontents de la situation de leurs frères à l'intérieur du pays, ont barricadé la voix au carrefour Dékon en début de soirée après la manifestation de la Coalition de l'opposition. Ils ont été chassés à coup de gaz lacrymogènes et s'en est suivi des courses poursuites dans les quartiers.
Un Zémidjan exprime sa détermination à lutte pour le changement du régime..
20 Septembre 2017: Les Zémidjans, conducteurs de taxi-moto ne comptent pas abandonner la lutte politique pour l’avènement de la démocratie au Togo.Conscients de l'avenir de leurs enfants, ils ne comptent pas se flouer par des billets de banques pour marcher dans le rang du parti au pouvoir UNIR aujourd'hui.
Une revendeuse du grand marché de Lomé remontée contre le régime de Faure Gnassingbé.
19 Septembre 2017: Unanimement, les revendeuses et commerçantes du grand marché de Lomé sont contre la façon dont le Togo est gouverne.Chacune dans ses commentaires pense que seul le changement au sommet de l'Etat peut changer beaucoup de choses dans ce pays.
Parole de citoyenne: |dq|Seule une alternance politique peut changer le vécu des Togolais|dq|
19 Septembre 2017: Contrairement à ce que certains pouvaient penser sur la démobilisation des Togolaises et les Togolais sur la situation de leur pays, le contact est tout autre dans les marché du pays.Tous veulent le changement à la tête du pays.
Une revendeuse Bassar exprime son ras-le-bol et souhaite l'alternance politique
19 Septembre 2017: La crise socio-politique que traverse le Togo ne laisse aucun secteur d'activité.Les revendeuses, les commerçantes et commerçants rencontrés dans le marché d'Adwlato (Grand marché) de Lomé ce jour par notre équipe de reportage ont exprimé leur ras-le-bol et manifestent leur attachement au changement de ce régime cinquantenaire de dictature d'une autre époque.
Togo : Les dames de l'ANC en mobilisation pour le retour à la Constitution de 1992
Les militantes de l'Alliance Nationale pour le Changement(ANC) regroupées aux sein de la session féminine de ce parti de l'opposition ont emboîté le pas à leurs leader Jean-Pierre FABRE qui aussi était dans les rues et marchés ce jour avec les autres responsables de partis de la Coalition pour sensibiliser les populations à descendre dans les rues demain et jeudi pour exiger le retour à la Constitution de 1992. Elles aussi appellent leurs sœurs commerçantes et revendeuses à répondre massivement aux manifestations que la Coalition des partis organisent sur l’ensemble du territoire national. Ces dames de la ont sillonné les marchés périphériques Attikpodji, Abattoir et le grand marché de Lomé pour passer le même message. Selon elles, c'est l'occasion de montrer que le Togo est en crise et il n' y a pas de raison que le pouvoir joue avec le destin de tout un peuple.Elles lancent aussi un appel au marché mort demain mercredi 20 Septembre et le lendemain jeudi 21 Septembre 2017. Une manière selon elles de manifester leur désaccord au pouvoir de dictature cinquantenaire du père au fils.
togodebout La diaspora devant l'ambassade du Togo à Bruxelles
togodebout La diaspora devant l'ambassade du Togo à Bruxelles
Alphonse Kpogo: le président de l'assemblée ne veut pas prendre la mesure de la situation
14 septembre 2017 - Troisième jour consécutif de l'ouverture de la session extraordinaire à l'Assemblée nationale: Face au refus du Président de cette institution à fermer le session et ouvrir les débats sur les réformes constitutionnelle dans l'immédiat: Les députés de l'Opposition y compris ceux de l'UFC boudent la séance plénière.
Nicolas AGBO, député du CAR explique le mobile de leur boycott de la plénière.
14-09-2017: Les députés et l'opposition à l'Assemblée nationale y compris ceux de l'Union des Forces de Changement(UFC) n'attendent plus cautionner les manœuvres dilatoire du régime cinquantenaire du clan GNASSINGBE. Le député Nicolas AGBO du CAR exlipque leur position
La colère de la présidente de CAP 2015 Brigitte Kafui ADJAMAGBO-JOHNSON
Les députés togolais étaient en une cession extraordinaire ce mardi 12 septembre 2017 pour examiner le projet de budget de l’Assemblée nationale gestion 2018. Suite à une pression des députés de l’opposition avec à leurs côtés les responsables des 14 partis politiques réunis en coalition, et aussi le peuple très déterminé, le président de l’Assemblée nationale Dama DRAMANI a du suspendre les travaux et convoqué les travaux et la conférence des présidents ce mercredi 13 septembre 2017.
Pour le Vice-président de l’ANC Patrick LAWSON, le projet de révision constitutionnelle importe
Les députés togolais étaient en une cession extraordinaire ce mardi 12 septembre 2017 pour examiner le projet de budget de l’Assemblée nationale gestion 2018. Suite à une pression des députés de l’opposition avec à leurs côtés les responsables des 14 partis politiques réunis en coalition, et aussi le peuple très déterminé, le président de l’Assemblée nationale Dama DRAMANI a du suspendre les travaux et convoqué les travaux et la conférence des présidents ce mercredi 13 septembre 2017.
Ambiance aujourd’hui (12/08/2017) au parlement du Togo
Les députés togolais étaient en une cession extraordinaire ce mardi 12 septembre 2017 pour examiner le projet de budget de l’Assemblée nationale gestion 2018. Suite à une pression des députés de l’opposition avec à leurs côtés les responsables des 14 partis politiques réunis en coalition, et aussi le peuple très déterminé, le président de l’Assemblée nationale Dama DRAMANI a du suspendre les travaux et convoqué les travaux et la conférence des présidents ce mercredi 13 septembre 2017.
TogoDebout: Un ministre de Faure (Agadazi) chassé et hué par la population de Sokodé
Rien en sera plus comme avant. Le peuple est désormais debout
Antoine Randolph: Le Togo est devenu un point stratégique de la mafia du monde
La diaspora togolaise était devant le siège du parlement européen à Strasbourg. Antoine Randolph, président du RNDP, réagit au micro de Sylvain Amos
Les Togolais sont debout, ils ne vont plus s'asseoir jusqu'à ce que la dictature parte
09 septembre 2017 - La diaspora togolaise était devant le siège du parlement européen à Strasbourg. M. Agoro un membre du PNP, Parti National Panafricain, réagit au micro de Sylvain Amos
La grande mobilisation des Togolais à Lomé pour exiger le départ de Faure GNASSINGBE
Des centaines de Togolais sortis lors de la deuxième journée des manifestations à Lomé et à l'intérieur du pays à l'appel des forces démocratiques pour exiger le départ de Faure Gnassingbé au pouvoir il y a 12 ans après que son défunt père a passé plus de 38 ans à la tête du Togo. Le peuple togolais déterminé à aller au bout de sa victoire.'Plus de cinquante ans
Togo : Un manifestant exprime son ras-le-bol.
08-09-2017: Des échauffourées entre manifestants et corps habillés à Bè à Lomé en signe de protestation contre la répression sauvage d'hier nuit ont conduit à l'escalade de la violence policière.un manifestants exprime son ras-le-bol.
Togo : Des manifestants exigent le départ de Faure GNASSINGBE
08-09-2017: Des centaines de jeunes en mouvement contre la dictature cinquantenaire des GNASSINGBE ont pris d'assaut les principales artères dans la zone de Bè ce matin à Lomé. Des heurts ont duré des heures.Ils exigent le départ de Faure GNASSINGBE.
Paris / Faure doit partir
TOGO- Paris: Les togolais devant les Portes De PACOME..CONSEILER DE FAURE
Journal 8 sept la situation tendue au Togo
TV5
Togo; grande marche de l'opposition Acte 2
Les leaders de l'opposition togolaise continuent leur mobilisation et font un siting à Déckon et exigent la démission de Faure Gnassingbé.
Togo-TV5 monde...Tous Appel aux changement..50 ans
Togo-TV5 monde...Tous Appel aux changement..50 ans
La nuit sera longue mais le jour viendra! Tous dans la rue jusqu'au départ de Faure Gnassingbé
7 Septembre 2017 - au second jour de la manifestation les loméens ont décidé de rester dans la rue jusqu'au départ de Faure Gnassingbé
La déclaration du chef de file de l'opposition Jean-Pierre FABRE à Deckon
A Deckon, le chef de file de l’opposition Jean-Pierre FABRE a fait une déclaration pour situer l’opinion publique de la position de l’opposition togolaise.
La population était décidée à passer la nuit à Deckon
A Deckon, la population était décidée à passer la nuit à Deckon. Les mets étaient servis aux manifestants par les femmes.
Togo: Deuxième jour de manifestation massive à Lomé contre la dictature Gnassingbé
deuxième jour de manifestation massive à Lomé à l'appel des partis de l'opposition pour le retour à la constitution de 1992 ou le Depart de Faure Gnassingbe
Enorme mobilisation à Lomé contre la dictature cinquantenaire Gnassingbé
6 Septembre 2017 - les Loméens ont répondu massivement à l'appel des partis de l'opposition pour le retour à la constitution de 1992
Me Yawovi Agboyibo
"S’il y a un début de respect de la volonté du peuple, il nous revient de faire en sorte qu’on aille jusqu’au bout afin que ce que le peuple veut soit respecté"
Gerry Taama, NET
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dq|On s’attend à ce que les choses changent dès demain de façon importante|dq
Jean Pierre Fabre
"nous savons comment faire pour le faire quitter"
Tikpi Atchadam
"c’est au peuple de décider, nous sommes seulement des intermédiaires"
Nathaniel Olympio
" ce que dit le peuple, et ce qu’il demande c’est de se libérer de ce régime définitivement !"

Blaise Compaoré, le président burkinabè. REUTERS

Blaise Compaoré, le président burkinabè.

Alors que son pays se remet lentement des journées de braise de fin octobre/début novembre, l’ancien président burkinabè a posé ses valises à Yamoussoukro. Retour sur quelques-unes des facettes méconnues du dernier « baobab » d’Afrique de l’Ouest.

 

De Yamoussoukro, où il a trouvé refuge après son départ précipité de Ouagadougou, Blaise Compaoré doit se mordre les doigts ! Faute d’avoir écouté ceux qui, comme certains de ses proches et même son épouse ivoirienne, Chantal Terrasson de Fougères, lui conseillaient d’abandonner son projet fou de révision constitutionnelle, il est tombé, comme une mangue mûre. Avec une foule en colère massée aux abords de son palais, il a préféré fuir avant d’être exfiltré en Côte d’Ivoire – suprême injure pour un ex-officier révolutionnaire au nationalisme chevillé au corps – à bord d’aéronefs français. Pitoyable sortie de scène d’un homme naguère sûr de son fait, calculateur et cynique, que rien, ni les tentatives de putsch, ni les mutineries, encore moins les manifestations de rue, ne semblait jusque-là pouvoir ébranler.

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Tout à ses rêves d’omnipotence régionale et à sa quête frénétique du prix Nobel de la paix, il en a oublié ses propres ouailles, l’usure du temps, le ras-le-bol grandissant tout comme l’aspiration irrépressible des nouvelles générations à davantage de liberté. Tel un bateau ivre, le règne de celui qui était encore, il y a peu, le champion toutes catégories des chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest pour le nombre d’années passées au pouvoir, a sombré.

Défait par la génération internet et les rastas

Vingt-sept ans de pouvoir, c’est, après tout, un bail ! Lorsqu’il accéda de manière tonitruante à la tête de son pays, le 15 octobre 1987, Ronald Reagan était encore aux affaires. Depuis, George H. Bush, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama se sont succédé à la Maison Blanche. Comme si le temps s’était figé au « pays des hommes intègres », le locataire du palais de Kosyam est resté le même. Il a fallu la détermination de la jeunesse urbaine précédée d’un travail de fourmi de l’opposition pour abattre le dernier baobab ouest-africain et mettre un terme à son entêtement de réviser la Constitution pour s’installer durablement au pouvoir. La génération internet, les geeks, les rappeurs et autres rastas, notamment du « Balai citoyen », ont réussi là où bien des politiques et des mutins ont échoué ces dernières années.

Curieux destin que celui de ce sexagénaire ayant subtilement troqué le treillis contre un costume européen, au point de faire oublier son corps d’origine. Si l’essentiel de sa carrière militaire et politique et les règlements de comptes sanglants et autres assassinats qui ont accompagné son ascension au pouvoir et émaillé son règne sont connus, les multiples facettes et casquettes du personnage le sont moins.

Tous les journalistes qui l’ont rencontré un jour vous le diront : Blaise Compaoré ne répondait jamais à une question ou même à une banale interpellation en public sans marquer un temps d’arrêt. Dans son regard, l’on devinait alors qu’il retournait la question dans sa tête, sans doute pour en extirper les pièges éventuels. Constamment sur le qui-vive, le tombeur de Thomas Sankara flairait le guet-apens en tout et partout.

Une coterie de journalistes à sa dévotion

A son actif, un côté « gros bosseur » qui lui valait l’admiration même de certains de ses adversaires. Aussi, un bon carnet d’adresses et une connaissance surprenante des rouages complexes de l’économie et des finances ouest-africaines.

Sérieux, ponctuel, il pouvait donner un rendez-vous deux mois à l’avance et le respecter, à un quart d’heure près. Sur la géopolitique régionale, il n’y avait pas meilleur expert, tout comme d’ailleurs sur péripéties de la politique intérieure française. Il entretenait de solides réseaux où se croisaient, parfois sans se rencontrer, des officiers, des élus de droite comme de gauche, des notables francs-maçons et des universitaires français conquis par son calme, une certaine rigueur martiale, une bonne connaissance des dossiers, une discrétion à toute épreuve et, ce qui ne gâchait rien, une générosité à la mesure des finances de son pays.

Après des débuts calamiteux, en termes d’image, le tombeur de Thomas Sankara avait, sur les conseils d’un ami journaliste, appris à utiliser le téléprompteur lors de ses prestations télévisées. Il avait mis en place, en Afrique et bien au-delà, une coterie de journalistes, bien souvent de la gent féminine, qu’il alimentait régulièrement en informations, et qui, en retour, étaient autant d’informateurs appréciés. On l’aura compris : Blaise Compaoré savait se faire du bien en faisant du bien. Et c’est bien ce que lui reprochent ses contempteurs.

« Un monstre froid ». Ainsi le qualifia un jour, en privé, une dame envoyée au Burkina par une maison d’édition pour nouer un premier contact en vue de rédiger une biographie à sa gloire. Sans doute pour l’impressionner, Blaise Compaoré emmena la visiteuse dans son domaine de Ziniaré, à 35 kilomètres au nord-est de Ouagadougou, où le maître de céans vit entouré d’animaux sauvages. Commentaires de cette dernière, après avoir observé son hôte contemplant d’un regard jouissif un fauve du domaine dévorant une biche prise au piège : « Cet homme n’a pas peur du sang. Pire, cela l’excite. C’est un monstre froid ».

Surnom : Ravaillac

« Blaise Compaoré a un sérieux problème avec le sommeil », analyse par ailleurs au téléphone le docteur Mamadou Mbodji, psychologue à Dakar. Surnommé « Ravaillac », du nom de l’assassin du roi de France Henri IV, par ses camarades de lycée, Compaoré eut en effet cette réponse désarmante lorsqu’on lui demanda en octobre 1987 de s’expliquer sur la liquidation de Sankara qu’il considérait, la veille encore, comme « son frère » : « Je ne sais pas ce qui s’est passé, je dormais », lâcha-t-il.

Lorsque, deux ans plus tard, deux autres de ses frères d’armes et poches compagnons, le commandant Jean-Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo, furent sommairement exécutés, Blaise Compaoré se trouvait de nouveau dans les bras de Morphée. « Comment est-ce possible qu’un tribunal révolutionnaire condamne à mort et fasse exécuter les numéros 2 et 3 du régime sans que l’on ne réveille le numéro 1 pour prendre son avis préalable ? », risqua, à l’époque, un journaliste. « Ce sont des jeunes qui assument parfaitement leurs responsabilités », s’entendit répondre l’intéressé. Nouvelle question : « Dans ce cas, ils peuvent bien se lever un matin, se saisir du numéro 1, le juger et le faire exécuter ». Réplique du président du Faso : « Ah non ! Ce sont des jeunes éveillés et responsables… »

« L’invocation du sommeil permet à Blaise Compaoré de dégager sa propre responsabilité, de se défausser sur autrui, en l’espèce sur sa garde rapprochée, comme si celle-ci pouvait agir à sa guise et à son insu, poursuit le psychologue dakarois Mamadou Mbodji. Mais quand il fallu modifier la Constitution ou lorsqu’il a fallu prendre la poudre d’escampette, il a curieusement oublié de dormir. »

La hantise des autres chefs d’Etat

Redouté au pays, « Ravaillac » donnait des sueurs froides à nombre de ses pairs d’Afrique qui en étaient arrivés à considérer le Burkina comme un sanctuaire de la subversion. Si Kadhafi tenait Compaoré en haute estime, le Béninois Thomas Yayi Boni s’en méfiait comme de la peste. Tout comme les présidents malien, Ibrahim Boubacar Kéita, et nigérien, Mahamadou Issoufou qui critiquaient mezza voce sa duplicité dans la crise au Sahel. Le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz voyait sa main (et celle du très redouté conseiller officieux de Compaoré, Moustapha Chaffi) derrière les multiples tentatives de putsch dans son pays. Le Congolais Denis Sassou Nguesso le tenait à distance depuis l’assassinat de Sankara.

Depuis sa prison néerlandaise, où il attend d’être jugé, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo tient pour le principal responsable de ses malheurs un homme qui, à ses yeux, poussait le cynisme jusqu’à proposer ses services après avoir lui-même allumé l’incendie : « J’ai largement versé la dîme pour avoir la paix, mais cela n’a semble-t-il pas suffi », confia Gbagbo à l’auteur de ces lignes lors d’un entretien en juin 2013 à La Haye. Le Guinéen Alpha Condé faisait ami-ami avec Blaise Compaoré tout en maintenant constamment un œil ouvert.

Il était aussi la bête noire des dirigeants successifs du Nigeria, le « géant » de l’Afrique de l’Ouest, à cause de son activisme dans le conflit libérien et de son soutien avéré au chef de guerre Charles Taylor. Et, même Alassane Ouattara, son généreux hôte du moment qui lui doit en partie son pouvoir, a failli, au début des années 1990, faire les frais d’un coup fourré de ce grand cynique. C’est, du moins, ce que racontait en privé, il y a quelques années encore, l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié, héraut de l’idéologie « ivoiritaire » et longtemps pourfendeur de Ouattara, avant de rallier ce dernier sur le tard.

Bédié rapporte ainsi qu’avant de nommer Ouattara aux postes de « coordonnateur de l’action gouvernementale », puis de Premier ministre de la Côte d’Ivoire, en 1990, Houphouët envoya des émissaires à Ouagadougou pour s’enquérir de l’avis de Blaise Compaoré. Laconique et énigmatique, comme à son habitude, le Burkinabè demanda alors aux missi dominici si le président Houphouët-Boigny connaissait suffisamment Ouattara pour lui confier de telles responsabilités. De retour à Abidjan, les envoyés spéciaux auraient résumé au « Vieux » l’avis de Compaoré en ces termes : « Il pense que vous devriez vous en méfier ».

Depuis la chute de leur ténébreux et belliqueux voisin, inutile de dire que, de Cotonou à Nouakchott, en passant par Accra, Niamey, Conakry et Bamako, on a poussé un « ouf » de soulagement. Seuls Alassane Ouattara et le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, qui ont offert l’asile à Compaoré, semblent porter le deuil. Loin des riches lambris et dorures du palais de Kosyam, le cercle des amis, réels ou supposés, a commencé à se rétrécir.


A Ouaga, comme naguère à Dakar ?

Beaucoup d’analystes ont comparé, ces derniers temps, les événements du Burkina Faso à la situation qui prévalait au Sénégal avant la présidentielle de 2012. Le raccourci est quelque peu rapide.

Certes, il y a quelques similitudes. La première se trouve dans la manière dont la population, à Dakar comme à Ouagadougou, s’est soulevée contre des projets jugés périlleux pour la démocratie.

En 2011, les Sénégalais se sont ainsi opposés à une transmission dynastique du pouvoir entre le président Abdoulaye Wade et son fils, Karim Wade. Devant la furie populaire, le projet a été abandonné.

Au Burkina, Blaise Compaoré a, un moment, caressé le rêve d’une succession adelphique (d’un frère à un autre) au profit de son jeune frère, François Compaoré. Face à une forte opposition, y compris dans sa propre famille politique, le projet a été enterré.

Là s’arrêtent les similitudes

Wade a été démocratiquement élu en mars 2000 face au sortant, Abdou Diouf. On peut certes contester la décision, mais, douze ans plus tard, sa candidature a été bel et bien validée par le Conseil constitutionnel. Et ce sont les électeurs qui, en mars 2012, lui ont indiqué la porte de sortie en élisantMackySall. Ce n’est pas la rue qui l’a fait partir.

Compaoré, lui, est arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’état. Il l’a perdu, vingt-sept ans plus tard, après un soulèvement populaire au terme duquel l’armée s’est emparée du pouvoir.

Par Francis Kpatindé 

rfi.fr



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