FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise


« On peut tout faire avec une baïonnette sauf s’asseoir dessus » – Georges Clemenceau

Il va des révolutions comme des hommes. Elles naissent, grandissent et meurent. Il convient de bien   biberonner celle en cours pour la faire grandir. Le Togo ne saurait échapper à cette règle. Le seul écueil réside dans la distraction et l’oubli de soi qui font les victoires et les échecs. Un de ces oublis réside dans le fait de ne pas savoir mesurer ses victoires et les transformer en moteur d’action. Le défaut d’étalonnage obère les possibilités d’inflexions vers le succès.

Et les victoires de la révolution togolaise sont déjà très nombreuses. Il convient de les mettre en exergue.

La première de ces victoires n’est autre que l’élan d’un peuple qui redresse la tête et qui est décidé à reprendre sa liberté. Aucun esclave ne s’est jamais libéré sans se lever. Rappelez-vous la juste formule de La Boétie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Le peuple togolais a conjuré la peur dans laquelle le pouvoir au Togo l’a enserré pendant des décennies. Il a fallu de longues étapes de dépassement, de luttes intérieures, de guerres psychologiques pour voir une nation debout, prête au déferlement de sa sainte colère en vue de recouvrer sa liberté.

Une autre victoire est sans conteste l’unité de l’opposition réclamée par le peuple et acquise par la coalition des 14 partis de l’opposition. Cette claire victoire donne une assise solide au combat démocratique du peuple. Unité d’action, discipline de groupe, abnégation et oblation de sa personne au service du peuple sont les fruits les plus savoureux de cette victoire portée par le peuple et ses hérauts. C’est dire que sous le regard bienveillant et très sourcilleux du peuple éclairé, l’opposition doit se compter, s’évaluer, s’estimer, se purifier et sortir de son sein la quintessence de sa valeur. Travail nécessaire et salutaire que la profondeur de l’implication du peuple force à réaliser.

Le chant du cygne

La révolution togolaise pousse le régime dans ses retranchements et met au jour ses méthodes. On savait la profonde noirceur et l’étendue des sortilèges dont ses thuriféraires sont coutumiers. Ses ultimes paravents ont volé en éclat sous les coups de boutoir de la nation debout. Commence donc l’ébranlement du régime dictatorial qui tel un bateau ivre doit lâcher du lest pour tenir dans la tempête. Le roi est nu. Il est fébrile. Il ne sait plus à quel saint se vouer. Il montre par maintes erreurs et dérives ses limites. Ne nous y trompons pas. Le déferlement soudain de la violence d’Etat et l’entrée en action des miliciens traduisent l’ampleur du désarroi du régime en place. La violence est le dernier refuge de la tyrannie. Et jusqu’au mutisme coupable du chef de l’Etat qui n’est que l’ultime victoire du peuple. Faure ne parle pas tout simplement parce que Faure n’a rien à dire à un peuple dont il n’a jamais tiré aucune légitimité démocratique. Pour qui a jamais douté des coups de forces électoraux à répétition au Togo, il n’y a pas de preuve plus éclatante. Tout chef d’Etat légitime aurait parlé à ses électeurs et source de sa légitimité. Faure parle, il parle à ceux qui lui ont offert le Togo sur un plateau. Il parle au quarteron d’officiers qui l’ont adoubé. Il parle aux forces mafieuses et à étrangères qui l’ont fait roi et qui le soutiennent. Ce mutisme fait de mépris et de morgue condescendante est aussi une victoire de la révolution togolaise. Le peuple est désormais décillé et les dernières œillères tombent. C’est salutaire.

Les masques tombent

Un régime qui consent à brûler ses vaisseaux en immersion dans le peuple et au sein de l’opposition par entrisme révèle son profond ébranlement et son désarroi. La semaine écoulée a donné à profusion son lot de supplétifs surfant habilement sur le flou d’un positionnement habile. Les Kodjo, Agboyibor, Koffigoh et Agbéyomé ne trompent plus grand monde malgré le reste de peau d’agneau et les bonnets d’âne dont ils peuvent encore s’affubler. Le silence retentissant de ces personnages au début de la crise traduit la gêne par rapport à un mouvement qu’ils ont pressenti d’emblée porteur d’un élan qui, tout en ébranlant le pouvoir qu’ils servent désormais avec zèle et perfidie, risque de les mettre sous le feu des projecteurs du peuple. Le ralliement tardif de maître Agboyibor et du CAR, la mauvaise poésie alambiquée de Koffigoh, le retrait très opportuniste de M. Kodjo du séminaire universitaire tendant, sous le couvert d’un anniversaire, à discréditer la valeur de la constitution de 1992 ne peuvent masquer l’immensité de la traîtrise et l’abîme des forfaitures dont ils se sont rendus coupables vis-à-vis de la nation. Plus éclatant encore est la mise au jour du jeu trouble et délétère d’un personnage comme Zeus Ajavon. Il a été très loin dans le jeu de la duplicité et de la trahison. Il est donc de bonne guerre, compte tenu de sa proximité supposée avec l’opposition, de lui faire porter dans les médias les interrogations tendant à disqualifier la C92 et à suggérer la nécessité d’un passage à une constitution plus aboutie. Il s’agit simplement de « vendre » l’idée d’un référendum très controversé qui n’a d’autre finalité que la perpétuation du régime en place. Toute honte bue et sous le couvert d’une fausse autorité doctrinale, M. Ajavon n’a pas hésité à s’approprier la co-paternité de la rédaction de la constitution de 1992. Rien de plus faux. Mais au pays du reniement généralisé est-on à un mensonge près ?

Gerry Taama et le NET se sont révélés aussi au grand jour. L’entrisme semble manifeste et la trajectoire de cet affidé du pouvoir en place, ancien officier passé dans l’opposition n’a jamais manqué de questionner. La nomination d’un membre de ce parti au sein du CENI jure avec sa participation aux marches aux côtés de la coalition et la prise de position de ce pseudo opposant contre le référendum en préparation. Paradoxe ? M. Taama l’assume parfaitement et le justifie. Circulez ! Il n’y a rien à voir. Du reste ce tartuffe a cessé de participer aux marches. La confusion n’est plus possible.

Enfin le tapageur et médiocre histrion Abass Kaboua complète le lot de ces opposants guidés principalement par le ventre et la convexité abyssale de leur cerveau. Grimacier et veule, il a souvent confondu la lutte légitime et noble contre l’oppresseur avec le médiocre funambulisme d’un acrobate de foire foraine. Aucune importance ! Le manque de vigilance d’une opposition longtemps désunie a fait le lit de ce médiocre entrisme. Oui, je le crois M. Kaboua a dû faire mal à la lutte. Il convient désormais de dresser un cordon sanitaire étanche autour des membres sincères de l’opposition décidés à relayer les aspirations du peuple et à lui servir de guides éclairés. Les espèces déviants et nocifs doivent être impitoyablement boutés hors des rangs. La victoire contre le régime vacillant de Lomé II est au prix de cette vigilante exigence.

Le dévoilement d’une certaine communauté internationale

L’opposition a gagné la guerre des médias et de la communication interne et internationale y compris en France. L’impact de la mobilisation de la diaspora, le lobbying intense de ses membres paient et porte un coup rude à la dictature en cours au Togo. Les langues se délient, les voix s’élèvent, les questionnements se font insistants et les sourcils se lever. La récente diffusion sur Canal + d’un sujet opportunément titré : « Quitte le trône » dans le cadre de l’émission « Effet papillon » en dit long sur la progression exponentielle effectuée par le peuple et son opposition dans l’opinion internationale. Il convient de ne pas lâcher la pression.

Les tonitruantes et maladroites imprécations de la CEDEAO, UA, OIF, ONU et des chefs d’États de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, etc loin de rebuter le peuple et les leaders de l’opposition doivent nous remplir d’aise. Il s’agit de l’ultime dévoilement des acteurs et des jeux sournois et souterrains qui nuisent profondément à la marche de la nation. Ce n’est pas là non plus une moindre victoire. Le régime ébranlé est tout simplement en train de brûler ses vaisseaux et ses taupes humaines tapies dans les méandres de l’opposition et la galaxie mafieuse d’une certaine communauté internationale. C’est très bon signe.

Reste à savoir lire dans l’air du temps. Éviter les écueils que le syndicat des chefs d’État continue de dresser sur la route du peuple en lutte et qui prendront nécessairement le « raisonnable » aspect de la négociation et du dialogue. Il faut ouvrir l’œil et le bon.

Il convient à présent de capitaliser les victoires et les sympathies internationales qui iront grandissantes et élargir en les diversifiant les axes de la légitime lutte pour la conquête de la dignité de tout un peuple. La victoire sur la tyrannie au Togo n’a jamais été aussi proche.

Par Jean-Baptiste Komi



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