FAURE GNASSINGBE DOIT PARTIR

Depuis 2006 si Faure avait appliqué l’APG, on ne serait pas cette crise

Quel est le rôle exact que Charles Debbasch joue dans l’entourage de Faure Gnassingbé ? Il faut bien chercher à le savoir et davantage à savoir si un tel personnage peut apporter une valeur ajoutée à au pouvoir de Gnassingbé et par ricochet à la nation togolaise si tant est que tout autorise à dire et à croire que M. Debbasch est loin d’être un exemple de probité et de bons coups.



Un personnage controversé

Beaucoup de gens n’omettent jamais de souligner le savoir professionnel de M. Debbasch. Ses connaissances de la matière juridique sont reconnues à juste titre ici et là. On peut même dire que c’est sur la base de celles-ci que feu Gnassingbé Eyadèma a accepté de le prendre et de le mettre à son service. Cependant, c’est une évidence que le savoir reconnu de l’homme a de la peine à couvrir et à faire oublier les frasques, les écarts et les coups fourrés dont M. Debbasch se rend coupable, au Togo et dans son pays la France. Tous les Togolais qui ont la chance de lire et d’éprouver leur curiosité ont sans doute appris des histoires et des histoires sur le conseiller spécial de Faure Gnassingbé. Des conditions de son « débarquement » au palais de feu Gnassingbé Eyadèma. Ses conseils « tendancieux » ont donné de lui l’image d’un mercenaire malfaisant, l’actualité renforce les accusations : une plainte en instance devant le barreau de Paris pour « fraudes et extorsion de fonds ».
A en croire la plainte déposée contre M. Debbasch par M. Dupuydauby (cf Le Correcteur n° 455 du 21 août 2013), le ministre-conseiller juridique de Faure Gnassingbé est accsué d’avoir fait chanter le plaignant, de lui avoir soutiré de l’argent contre des services de protection et de garantie de ses investissements. La plainte indique que feu Eyadèma ayant fait de M. Debbasch l’«interlocuteur privilégié dans le cadre des négociations relatives à la mise en concession de la manutention des conteneurs au Port Autonome de Lomé » et que par la suite, Faure Gnassingbé succédant à son père le nomme ministre et l’impose comme « le seul intermédiaire pour les affaires concernant les licences et concessions de SE2M Togo et SE3M Togo et généralement pour toutes les affaires relevant des licences ou concessions attribuées ou attribuables au Port de Lomé », Progosa, la société appartenant à M. Dupuydauby s’est retrouvée dans l’obligation de « recourir aux services de M. Charles Debbasch ».

De façon très simple, la plainte souligne que M. Debbasch a utilisé cette position pour lui extorquer de l’argent en échange de promesses de garantie de ses investissements à SE2M TOGO et SE3M TOGO. Des « versements d’importantes sommes d’argent en liquide » seraient faits par l’accusé avec pour conséquence que « les caisses des sociétés SE2M TOGO et SE3M TOGO ont subi des ponctions régulières de sommes en liquide versées à M. Charles Debbasch ». Ces sommes étaient versées sur un compte bancaire domicilié « à la Société générale Porte Maillot à Paris » pour certaines, d’autres l’ont été « par chèque au porteur au Togo », entre autres.

Pour l’essentiel, sous réserve que le juge établisse la culpabilité effective de M. Debbasch, on peut s’étonner de ce qu’un personnage sur qui pèsent des soupçons et des plaintes de ce genre soit celui à qui le Président de la République fasse autant confiance. Le risque évident que contient et suppose cette situation, c’est que la présence de M. Debbasch produise le malheureux effet de dissuader les éventuels investisseurs à venir au Togo. Le schéma est simple : quelle garantie peut-il y avoir pour un investisseur qui se rend compte que le conseiller juridique du Président de la République est lui-même au centre de pratiques de corruption bien viles ? Sur cette base, c’est absolu de soutenir que la présence de M. Debbasch dans le sérail présidentiel est maléfique et improductif pour le Togo.


Scandale juridique

L’opinion nationale togolaise n’ignore pas que beaucoup de voix s’élèvent régulièrement pour présenter M. Debbasch comme le « génie blanc au service des basses besognes au Togo ». On met à son tableau de chasse le tour de passe-passe constitutionnel par lequel Faure Gnassingbé est passé de ministre à député puis de président de l’Assemblée Nationale à la fonction de Président par intérim en remplacement de son père décédé, l’exclusion des députés dissidents du parti de Gilchrist Olympio ainsi que le sort réservé au rapport Kounté sur les cas de torture à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) pour ne citer que ces exemples.

A ce jour, le scandale juridico-constitutionnel de février 2005 est resté un cas exceptionnel que l’on propose aux étudiants en droit dans différentes universités. Par ces manœuvres et rafistolages de caniveau, M. Debbasch a donné du Togo l’image d’un pays où tout est possible, un pays dans lequel les lois n’ont de force que la résistivité du papier sur lequel on les rédige. Pour les bénéficiaires, le raccommodage constitutionnel ne pose pas problème mais pour le reste des Togolais, c’est un sujet de grande honte, d’interrogation aussi. Comment un juriste de si haut niveau peut-il mettre son savoir au service des besognes aussi basses ? On peut passer sous silence le bannissement des députés qui ont refusé de suivre M. Olympio dans sa logique de compromission et de collaboration infructueuse avec le pouvoir RPT/UNIR, mais insister sur le rapport Kounté.

Quel scandale qu’un gouvernement se retrouve avec deux rapports sur la table ? Pis, quel respect un tel gouvernement peut-il demander et mériter s’il ne peut pas assumer le contenu d’un rapport qu’il a lui-même demandé ? Cette honte, ce malaise, M. Debbasch n’y est pas étranger puisque « les révélations faites par Yves Hardy dans la Chronique de juin 2012 d’Amnesty International sur la base des confidences de l’ex-président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) » établissent clairement sa participation à l’inénarrable forfaiture. Ces révélations précisent que M. Debbasch a fait appeler M. Kounté pour lui dire que « À sa lecture, j’ai eu le sentiment que certains rédacteurs en voulaient au chef de l’État » avant de conclure : « Voici le rapport révisé ». La suite, tout le monde le sait. Un tollé général, une indignation sans bornes de l’opinion nationale et la fermeté du Président Kounté ont abouti au rétablissement de la version authentique du rapport. Celle-ci ne met pas de gants pour mettre en lumière la responsabilité des personnalités militaires de haut rang.

Dès lors, on se rend à l’évidence que, en plus de se mouiller dans des pratiques de corruption condamnables, en vertu de la plainte de M. Dupuydauby, M. Debbasch prend plaisir à couvrir les actes de violation des droits humains et à encourager les entraves les plus grossières à la légalité. Il en a tellement fait sous le ciel du Togo tant et si bien que la presse évoque avec amusement, dépit peut-être, les « debbascheries », terme créé pour désigner les « faits d’armes du ministre-conseiller juridique de Faure Gnassingbé.

Le moins qu’on puisse dire est que, dans la perspective stricte de l’intérêt exclusif du Togo, M. Debbasch est dans un rôle de trouble-fête et de caution de la misère politique qui est faite aux Togolais. Son savoir juridique est mis au service de la dictature et de la validation de desseins malveillants, malheureux et innommables. Le fait que Faure Gnassingbé garde un tel personnage dans son entourage immédiat en ayant même l’impertinence de le promouvoir en faisant un ministre conseiller suscite des interrogations justifiées. Le Président prend-il le plaisir de cautionner l’indélicatesse, le mal ? Peut-il ignorer que la plainte de M. Dupuydauby contre « son » ami est de nature à décourager les investisseurs ?

Il est temps que le pouvoir de Lomé réfléchisse au sujet de M. Debbasch. Si le barreau de Paris a radié M. Debbasch sur demande du Parquet Général, n’est-ce pas une peuve que l’homme ne mérite pas tout l’honneur et toute la considération qui lui sont donnés au Togo ?

Nima Zara
Le Correcteur

Sur web: 9/10/2013



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