Au Congo-Brazzaville, l'opposition politique se présente aux législatives du 16 juillet en ordre dispersé. Aucune coalition en perspective, sauf celle, autour de Claudine Munari, qui s'oppose à la tenue même de ces scrutins.

Face au Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) et ses alliés, l’opposition congolaise peine depuis plusieurs mois à adopter une stratégie commune de combat. Adieu le bloc formé autour de ses cinq candidats à la présidentielle de mars 2016 ! Pour le premier tour des législatives prévu le 16 juillet, c’est désormais le « chacun pour soi », chacun sa position.

Munari et ceux qui ne participent aux législatives
Dans le premier lot, l’on retrouve Claudine Munari, candidate malheureuse au dernier scrutin présidentiel. L’ancienne directrice de cabinet de l’ex-président Pascal Lissouba est aujourd’hui à la tête de la Fédération de l’opposition, coalition qui rassemble la Composante Jean-Marie Michel Mokoko et les opposants restés fidèles aux regroupements politiques Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel (Frocad) et Initiative pour la démocratie au Congo (IDC).

On ne peut pas aller aux élections lorsque le Pool se trouve en état d’urgence.
Ici, il n’est même pas question d’appeler au boycott, c’est l’organisation même des élections qui pose problème. Charles Bowao, porte-parole de la Fédération, s’explique : « On ne peut pas aller aux élections lorsqu’un département du pays se trouve en état d’urgence. Ce serait cautionner un acte de remise en cause de la cohésion nationale. »

Depuis début avril 2016, dans un black-out total, le Pool, département situé dans le sud du Congo-Brazzaville, est en effet secoué par des affrontements entre les forces de l’ordre et les miliciens de Frédéric Bitsamou, alias pasteur Ntumi. Entraînant le déplacement de plusieurs milliers de personnes.
Outre cette « question morale », la Fédération de l’opposition considère également que « le contentieux électoral de 2016 n’a toujours pas été soldé ». La plateforme continue de dénoncer le « hold-up » du président Denis Sassou Nguessou, réélu le 20 mars 2016 au terme d’un scrutin controversé. « Nous devons nous asseoir pour faire le point sur cette problématique mais aussi pour résoudre celle de la gouvernance électorale », réclame Charles Bowao, qui regrette par ailleurs la « mésintelligence historique » des opposants qui ont choisi de participer aux élections à venir.

Kolélas et Tsaty Mabiala partants !

Dans le viseur de l’ancien ministre de la Défense : Guy-Brice Parfait Kolélas, député de Kinkala, dans le Pool. Arrivé deuxième lors de la présidentielle de mars 2016, le fils de l’ancien Premier ministre Bernard Kolélas et leader du mouvement Union des démocrates humanistes Yuki ne compte pas pratiquer la politique de la chaise vide.

« C’est ce que lui a conseillé le représentant du secrétaire général de l’ONU [le Guinéen François Louncény Fall] lors de sa dernière visite au pays », souffle le député Jean Bonard Moussodia, très proche de Guy-Brice Parfait Kolélas, qui va lui-même tenter de conserver son siège dans la 1ère circonscription de Moungala, à Brazzaville.

Participer aux élections vous donne la crédibilité de contester les résultats.

Pour Moussodia, le débat sur le « hold-up électoral » de 2016 est aujourd’hui « révolu ». « Sur le plan international, c’est Denis Sassou Nguesso qui est reconnu comme le président du Congo-Brazzaville », justifie-t-il, dénonçant l’incohérence de ceux qui estiment que le chef de l’État est « illégitime » mais qui « n’hésitent à pas demander de dialoguer avec la même personne ».

«Nous, nous avons décidé de participer aux élections parce que cela nous donnera demain la légitimité de contester les résultats, si nous nous estimons lésés », renchérit le député.

Même son de cloche ou presque du côté de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS). Autrefois l’une de principales forces politiques du Frocad, le parti conduit par Pascal Tsaty Mabiala bat campagne pour les législatives du 16 juillet. « Nous sommes un parti de gouvernement, nous ne sommes pas pour une opposition de rue, parce que nous avons un projet alternatif pour le Congo à défendre », explique son porte-parole, Honoré Sayi.

Mais l’UPADS n’a pu aligner que quelque 43 candidats pour les 151 sièges à pourvoir. La faute à la récente hausse de la caution qui est « passée de 100 000 franc CFA à 1 500 000 (28 000 euros) », dénonce le député sortant de Dolisie.


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