Un jeudi assez spécial à l’Assemblée Nationale du Bénin. La séance plénière de ce jeudi 11 mai au Parlement a été marquée par deux importants faits politiques.
Révision de la constitution : Metongnon et les Fcbe mettent en garde les députés
Rejet du projet de constitution: réaction des FCBE et du PLP
Le premier fait est la formalisation de la majorité parlementaire qui s’engage à soutenir le président Patrice Talon. C’est d’ailleurs une première depuis qu’il a pris le pouvoir en avril 2016.

Intitulé Bloc de la majorité parlementaire (Bmp), ce nouveau groupe politique dans l’univers parlementaire est composé de 59 des 60 députés ayant voté pour la recevabilité du projet de révision constitutionnelle de Talon (lire ici).

« Nous, Députés signataires de cette déclaration fondatrice, avons décidé en toute liberté et en toute conscience, de former le Bloc de la Majorité Parlementaire (BMP), qui a pour vocation de soutenir résolument le Gouvernement du Président Patrice Talon dans la mise en œuvre de sa politique de développement, au service et au bénéfice du peuple béninois », indique sans ambages la déclaration de constitution lue par Mathurin Nago, ancien président de l’Assemblée Nationale.

Le second événement est la défection de 15 députés Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Dans leur déclaration commune, les 15 parlementaires ont annoncé « la suspension de notre participation aux activités de l’alliance Fcbe », et « notre soutien au programme d’actions du gouvernement du président Talon, dans l’intérêt supérieur de notre pays. »

Avec cette annonce, la famille politique de l’ancien président Thomas Boni Yayi perd du poids à l’Assemblée, puisque les députés dissidents représentent près de la moitié de son effectif parlementaire. Pour rappel, à la sortie des élections législatives d’avril 2016, l’alliance Fcbe au pouvoir à l’époque avait remporté 33 sièges sur les 83 que compte le parlement béninois.

Mais avec l’évolution de l’actualité politique, certains ont pris leurs distances vis-à-vis des Fcbe. L’alliance se retrouve davantage restreinte avec événement d’hier. Plus encore, dans le lot des dissidents, on note plusieurs ténors de l’alliance, restés fidèles à Boni Yayi malgré la tempête politique de la période présidentielle de mars 2016. Depuis quelques mois, les Fcbe affichent clairement leur opposition au régime du Nouveau Départ, et pour mener avec efficacité cette opposition l’alliance avait besoin d’un effectif important et suffisamment solide au Parlement. Désormais, ce pari devient compliqué, surtout que les 15 dissidents sont membres de la nouvelle mouvance parlementaire.

DECLARATION DE PRESSE  DU GROUPE DES 15 DEPUTES FCBE & ALLIES

Mesdames et Messieurs les journalistes;

Les dernières élections législatives de 2015 ont consacré l’Alliance FCBE comme la  première force politique du pays. Nonobstant cette performance,  elle a  contre toute attente perdu le 19 mai 2015, le contrôle du Bureau de l’Assemblée Nationale.

En raison de la disqualification du Président BONI YAYI pour l’élection présidentielle de mars 2016, Monsieur Lionel ZINSOU a été désigné comme candidat de l’Alliance  FCBE. Ce choix  a été en son temps déploré par bien de députés, personnalités  et autres militants de base, tant dans la méthode que dans la forme.

Les leçons tirées de cette mauvaise gestion de notre Alliance attendent toujours d’être tirées. Mieux,  le retrait de certaines forces politiques membres  fondateurs de l’Alliance a entamé la politique d’autodestruction de l’Alliance FCBE. Les députés qui  pourtant, constituent le  principal reliquat  politique de l’Alliance après les dix (10ans) de gouvernance du Président Boni YAYI, subissent durement les conséquences de la mauvaise gestion de notre Alliance au sein du parlement.

En effet, les instances statutaires notamment  la Coordination Nationale  et le Cadre de Concertation  des Chefs de Partis membres de la l’Alliance  sont réduits à  une poignée de camarades (3 ou 5 personnes) qui prennent des décisions engageant la vie de toute l’Alliance. Les déclarations et points de presse se découvrent dans la presse au gré de l’humeur de ce qui tient lieu de Coordination Nationale. Au total, notre Groupe politique est géré au mépris des règles et principes de gestion d’une Alliance politique, ce qui a crée une érosion des forces politiques membres de l’Alliance.

Même la mise en place du cadre de concertation sur insistance des députés,  censé corriger cette situation et rétablir un fonctionnement plus démocratique et consensuel, n’a pu freiner le mépris et l’élan de la gestion solitaire du Coordinateur National et son équipe. Au contraire, la Coordination Nationale a fait adhérer unilatéralement l’Alliance FCBE à une autre coalition dite SURSAUT PATRIOTIQE  sans qu’aucune instance n’en ait  délibéré.

Cette coalition avec  pour porte-parole, le Coordonnateur National de FCBE s’est illustré à alerter sur les insuffisances du projet de révision de la constitution du 11  décembre 1990 et la nécessité d’intercéder auprès des députés  pour son retrait sans que nous députés membres de l’Alliance FCBE n’aient été associés. Lorsqu’on sait qu’au cours du second quinquennat du Président Boni YAYI, l’Alliance FCBE s’ est évertuée sur l’ensemble du pays, a démontrer  le caractère indispensable de la révision de la constitution, tout le bien qu’il y a avait pour notre pays, d’aller à cette révision, qu’elle a traité d’apatride tous les acteurs qui s’y opposaient, qu’elle vilipendait toute démarche contraire,  il parait politiquement irresponsable, inconséquent,  voire égoïste, la démarche de la Coordination Nationale en faveur du rejet du projet de révision de la constitution.

Ce faisant, la Coordination Nationale a logiquement et consciemment  dynamité le groupe des 29 députés FCBE & Alliés,  et les  résultats du vote de la prise en considération du projet de révision de la constitution ont révélé la  profondeur de la fracture politique au sein de ce groupe.

Cette incohérence et inconséquence dans la démarche de la Coordination Nationale est porteuse de germe de suspicion à laquelle les 15  députés FCBE&Alliés ayant apporté leur soutien au projet de réformes politiques et institutionnelles du Président TALON ne sauraient adhérer. Aussi, les 15 députés sus cités, n’entendent pas se laisser manipuler pour servir des intérêts inavoués et résolument frappés d’insincérité politique.

Au regard de tout ce qui précède, nous,  les 15 députés sus indiqués:

Remercions les militants et le peuple béninois pour la tolérance, l’esprit de paix, et  de démocratie;

Saluons la clairvoyance de tous les camarades et militants qui nous ont  apporté leur soutien  dans cette  lutte  pour un Bénin uni, solidaire et irréversiblement  tourné vers le futur ;

Suspendons à compter de ce jour, notre participation aux activités de   l’Alliance FCBE;

Invitons les militants,  les jeunes, les cadres et personnalités, compagnons des grandes luttes victorieuses de l’Alliance à se tenir prêts pour que ensemble nous osions vaincre la fatalité pour des perspectives politiques porteuses d’espérance ;

Réaffirmons notre soutien au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) du Président TALON, dans l’intérêt supérieur de note pays ;

Vive la démocratie ;

Vive le Bénin ;

Je vous remercie.

LISTE DES 15 DEPUTES FCBE ET ALLIANCE SIGNATAIRES*

  1. BAGOUDOU Z. Adam
  2. BAGANA Gilbert
  3. BIDA Youssouf
  4. DAGNIHO Rosine
  5. DEGLA A. Benoît
  6. ESSOU Noudokpo Pascal
  7. GBADAMASSI Rachidi
  8. GBAHOUNGBA David
  9. HOUDEGBE Octave Cossi
  10. HOUNGNIBO Lucien
  11. KASSA D. Barthélémy
  12. KATE Sabaï
  13. OKOUNDE Jean Eudes Kotchikpa
  14. OKOUNLOLA Biaou Akambi
  15. TCHOBO Valère


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