Togo : Les évenements de la répression barbare sur le Campus de Lomé

FAURE GNASSINGBE , IL FAUT LAISSER LES ETUDIANTS TOGOLAIS EN PAIX


Les amitiés entre un Chef d’Etat et un homme d’affaires, on les rencontre rarement. Dans la plupart des cas, elles ne résistent pas à l’épreuve du pouvoir.
Une amitié entre un président de la république et un homme d’affaires, c’est comme un mariage entre un poisson et un oiseau. C’est pourquoi elles finissent toujours mal...
Tant les ambitions de l’un et de l’autre sont antagonistes. Si le premier pense souvent aux intérêts du grand nombre, le second, lui, s’évertue à engranger profit sur profit. Cette course mercantile effrénée arrive parfois à engendrer une mésintelligence entre les deux. Il est difficile de voir ces amitiés résister au temps.

Une amitié entre un président de la république et un homme d’affaires, c’est comme un mariage entre un poisson et un oiseau. C’est pourquoi elles finissent toujours mal entre ces deux amis dont les intérêts ne sont plus les mêmes. L’histoire récente de notre pays nous en donne déjà un exemple assez illustratif entre l’ex-président Boni Yayi, et son ami d’alors Patrice Talon. Le second a aidé le premier à prendre le pouvoir. En retour, Yayi a facilité ses affaires en l’ aidant à prendre des marchés juteux de l’Etat. Pendant six ans, ils ont entretenu la parfaite amitié avant qu’elle ne s’effondre. Ce qui suivra ne sera que fiel, vindicte et chasse à l’homme. Un vrai thriller avec ses épisodes : tentative d’empoisonnement, tentative de coup d’Etat, non lieu, exil, extradition…

Si les rares exemples de collusion entre hommes d’affaires et président de la république dans le monde contemporain ont été notés dans des républiques bananières en Afrique, la France sous la 5è république en a produit un cas. Il s’agit de François Mitterrand et de son ami Roger Patrice Pelat. Les deux se sont connus dans les années 40 alors qu’ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne pendant la 2è guerre mondiale.

Ils ne se sont plus jamais quittés jusqu’en 1981, année où Mitterrand devient président de la république. Mais en 1989 éclate en France l’affaire « Pechinet» qui implique l’homme d’affaires Roger Patrice Pelat. Cet homme d’affaires très prospère et très influent qui roulait en Rolls a été inculpé en 1989 dans l’affaire Pechinet Triangle pour « recel de délit d’initié ». Il était soupçonné « d’avoir bénéficié d’une information privilégiée lors du rachat d’une société américaine par le groupe nationalisé Pechiney ». Le 12 février 1989 alors que l’affaire fait grand bruit en France, Mitterand se voit obligé d’en parler. S’expliquant à « 7 sur 7 » face à Anne Sinclair sur son amitié avec Roger Patrice Pelat impliqué dans l’affaire Pechiney, François Mitterand affiche fermeté. « S’il se révèle qu’il a commis une faute, j’estimerai que je ne peux lui préserver la même qualité d’amitié ». Mais une fois l’émission finie, il appelle son ami et lui demande « comment tu m’as vu ? ».

En conclusion, François Mitterand n’a jamais lâché son ami. Un témoignage émouvant d’une fidélité qui a résisté aux difficultés du pouvoir. Mais hélas Roger Patrice Pelat succomba le 07 mars à une crise cardiaque, quelques jours après la sortie médiatique de son ami. Triste fin pour une amitié de plus de quarante ans qui, en dehors du cénacle politique, devrait être citée comme un exemple de réussite pour les disciples de Dal Carnegie.

Retour ici à Cotonou où se joue un épisode similaire dans l’histoire politique du Bénin. Episode similaire sans que les hommes, les circonstances et les motivations des actes ne soient forcément identiques. Ici, c’est le feuilleton « Boko » du nom de l’ami intime du président de la république. Comme François Mitterand en 1981, Patrice Talon est arrivé au pouvoir avec cet ami. C’est d’ailleurs avec celui-ci qu’il a connu son exil au temps de Boni Yayi comme Mitterand et Pelat ont aussi connu ensemble les affres de la prison en Allemagne. Mais contrairement à Pelat, Olivier Boko ne sera jamais mis en examen pour recel de délit d’initié. Cette infraction n’existe pas dans le vocabulaire judiciaire béninois, et il ne serait pas aisé de voir prospérer ici une telle poursuite. Lui que le Chef de l’Etat présente comme un « homme exceptionnel ». C’est pourquoi il n’a pas hésité un instant à l’enrôler dans ses délégations officielles alors même qu’il n’a de titre officiel dans l’appareil d’Etat que celui d’ « ami du président ». De Paris à Ankara, il était toujours derrière le Chef de l’Etat. Le Chef de l’Etat a aussi dit qu’il est celui qui lui dit ce qui va et ce qui ne va pas. En somme un vrai conseiller spécial.

Mais Boko est-il réellement cet homme là ? Ce genre de rôle demande un détachement et un recul que Boko n’a pas forcément. Il gère une partie des affaires du Chef de l’Etat et est le président du Conseil d’administration de Bénin Control qui a un marché avec l’Etat. C’est pourquoi proclamer urbi et orbi l’amitié avec un tel personnage est moralement indécent pour l’image d’un Chef d’Etat. C’est une sorte de légalisation des délits d’initié qui a coûté chère à Roger Patrice Pelat. Présenter aujourd’hui Olivier Boko comme ce simple ami donneur de conseils apparaît aux yeux de beaucoup comme une grosse blague. Beaucoup ne l’avaleront pas aussi facilement que celle distillée pendant la campagne selon laquelle le Chef de l’Etat détenait les conteneurs d’argent de Kadhafi
lanouvelle tribune


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